‹ Vie de M. Frayssinous, évêque d'HermopolisChapitre 35 sur 75 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

M. Frayssinoiis assiste à la dernière instruction sur la Passion, par M. de Qiielen. — Lettre) à M. le marquis de Clermont-Tonnerre. —Visite à. Acliy. — Proposition d'accusation, émise par M. Labbey de Pompièrcs.

Libre du fardeau devant lequel M. Feutrier n'avoit pas cru devoir reculer, l'évêque d'Heriuopolis goûta enfin quelque repos.

En ce moment, M. de Quelen donnoit, dans la basilique de Notre-Dame, un cours d'instructions sur la Passion. M. Frayssinous voulut assister, le 28 mars-, à la dernière, et il félicita le pitAix archevêque d'avoir clos cette suite de conférences par un discours plein d onction et de sensibilité, d'applications si heureuses de l'Ecricriture, et de mouvemens d'une foi si vive.

M. le marquis de Clermont-Tonnerre, son ancien collègue. Tayaut invité àallcr passer quelques jours à sa terre d'Achy, en Picardie, il lui écrivit le 28 avril :

« Yoilà le beau temps qui vient; nous allons entier dans le plus joli mois de l'année; le château et ses habitans, le site et ses enviions, la saison avec sa fraîcheur et sa végétation, tout cela est bien tentant Paris nie pèse sur les épaules.

» De loin comme de près, ou sait ce qui se passe; ce que vous ne voyez pas, vous le devinez : les conséquences sont dans le principe.

» Jamais on n'a été plus malade. La simple nomination du Jjaron de Damas (1) fait pousser des cris de l'autre monde, qui retentissent cruellement jusqu'au cœur du Roi.

(1) M. lebaioii de Damas vciioit d'être nommé goiivcrnoiu de 31, le duc de Bordeaux, en rempiaccnienl de M. le duc de Rivière.

63îl \IE DE M. FKAYSSINOLS. [1828]

» Avec plus de prévoyance et moins de confiance, on eût évité bien des choses.

» Mon successeur se conduit bien. Il y a eu dans la manière dont il a parlé de moi bonté et courage; et il y a eu aussi, sans qu'il le cherchât, profit pour lui : on gagne toujours à être loyal. »

Au mois de mai, il se rendit, à l'époque des Rogations, au château d'Achy. Le prélat assista à la procession, avec M. de Glermont-Tonnerre, et il disoit en riant : « Si quelque rédacteur du Constitutionnel nous eût alors rencontrés , il nous eût pris pour des conspirateurs. » De retour à Paris, il écrivit :

« Je n'ai pas oublié les quatre jours bien courts que j'ai passés au château d'Achy. Là, tout se trouve pour le cœur comme pour l'esprit. Vous trouverez tout simple que, fier des bontés de madame de Glermont-Tonnerre, elle entre pour beaucoup dans mes souvenirs. »

Il fallut toute la passion de M. Labbey de Pompières pour que, dans la séance du 14 juin de la chambre des députés, il comprît, dans son projet d'accusation contre le dernier cabinet, un prélat envers lequel l'opposition s'étoit montrée presque toujours respectueuse et même équitable. La commission, chargée d'examiner sa proposition, déclara que des religieux n'avoient pas été rappelés en secret par le dernier ministère. A la vérité, elle émit l'avis que la tolérance et la protection accordées aux Jésuites par ce cabinet étoient contraires aux lois 5 mais il n'avoit pas plus fait pour ces religieux que les ministères qui l'avoient précédé; et MM. Laine, Pasquier, Decazes, Siméon n'étoient pas moins coupables que M. d'Hermopolis. Ce qui étoit vrai des Jésuites, l'éloit des autres congrégations religieuses d'hommes,

dont aucune ne s'étoit introduite en France sous le dernier cabinet^ en sorte qu'on ne pouvoit adresser à M. de Yillèle et à ses collègues aucun reproche qui ne retombât à plomb sur leurs prédécesseurs. On réfutoit d'une manière aussi péremptolre tous les autres points de l'accusation intentée par M. Labbey de Pompières, qui ne recueillit de sa fausse démarche que l'odieux qu'entraîne l'injustice.

Cet éclat n'émut point l'évêque d'Hermopolis.

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