‹ Vie de M. Frayssinous, évêque d'HermopolisChapitre 68 sur 75 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Lettres de M. le duc de Bordeaux à M. d'Hermopolis. — Le prélat a une troisième attaque d'apoplexie. — Mot d'un illustre archevêque sur M. Fravssinous.

Le 15 août, M. le duc de Bordeaux avoit écrit de Kirchberg, à son ancien précepteur. Il lui disoit :

» Je m'occupe de choses graves et utiles, et je vous bénis tous les jours de m'avoir forcé au travail dans mou enfance. Je classe et je mets par écrit tous les souvenirs de mes voyages, et particulièrement de celui de Rome, qui a été pour moi un si grand sujet de réflexion et d'étude. Par là, je crois y être encore; et je revois ces momiuiens si grands, si magnifiques, ces lieux célèbres dans l'antiquité païenne et surtout dans les premiers temps du christianisme, teints du sang des martyrs et tout resplendissans aujourd'hui de la gloire du Christ, cette ville vraiment éternelle qui a été habitée par tant de grands hommes et par tant de saints. »

Nous ne croyons pas manquer à une sage discrétion en transcrivant ainsi quelques extraits de l'intéressanle correspondance de Tauguste élève avec son précepteur. Ils servent merveilleusement à faire apprécier le noble cœur et l'esprit élevé du prince, en même temps qu'ils montrent tout ce que son éducation si belle, si solide.

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peut avoir de mériloire pour le prélat vénérable qui l'a dirigée.

Le 8 septembre, M. le duc de Bordeaux partit de Kircliberg pour faire une tournée en Moravie, en Bohême^ et revenir de là en Bavière. Après quelques jours passés dans la capitale de ce royaume, il devoit reprendre le chemin de Goritz. Au retour, il écrivit à M. d'Hermopolis, le 25 novembre :

» Mon voyage s'est parfaitement passé. Après avoir visite la Moravie, que je ne connoissois pas, Brùnn, le champ de bataille d'Aiisterlitz et Olmùtz, j'ai été passer quelques jours à Piague. Là, tout me rappeloit des souvenirs bien chers. J'ai revu cette chambre d'étude, ce salon où nous avons causé si souvent ensemble, la cathédrale, le jardin impérial, les promenades du rempart où je vous rencontrois par les plus grands froids avec notre bon abbé.

» En quittant Prague, j'ai été visiter Nuremberg, dont les maisons, les rues, les églises rappellent les villes allemandes -du moyen-âge, et je suis arrivé à Munich par Ratisbonne. Munich est devenue comme une nouvelle Rome pour les arts et pour les sciences, .l'ai admiré toutes les cons^tructions cjue fait faire le roi de Bavière, palais, églises, édifices publics. Munich est, de plus, la ville la plus catholique de l'AlIejnagne, et où l'on professe la meilleure philosophie.

>< M. d'Hautpoul, qui m'a accompagné dans ce voyage, et que j'ai quitté à Schafibuse, m'a été très-utile pour la partie militaire. Nous avons beaucoup parlé ensemble des souvenirs du temps qu'il est resté avec moi en 1833, et par conséquent de notre cher évèque, auquel je pense toujours avec une tendre vénération....

» Adieu, mon cher évêque, comptez toujours sur ma bien sincère et constante aft'ection.

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