CHAPITRE XXVIII
Lettres de M. le duc de Bordeaux à M. d'Hermopolis, sur sa chute. — Peine que la mort de 31. Picot cause au prélat. —Piété de M. Frajssinous.
— Il éprouve une quatrième attaque. — Sa résignation et sa mort. — Affluence des fidèles auprès du corps de M. d'Hermopolis. — Ses obsèques.
— Sa tombe. — M. le duc de Bordeau.K veut lui faire élever un monument.— Regrets du prince, exprimés à M. Amable Frajssinous et à M. le marquis de Clermont-Tonnerre. — Legs pieux du prélat.— Ce qu'a dit de lui M. Borderies. — Vers de M. le comte de Marcellus sur M. d'Hermopolis.
Après le funeste accident du 28 juillet 1841, l'une des premières pensées de M. le duc de Bordeaux fut pour son ancien précepteur. Dès le 30 juillet, il lui fit annoncer, de Kirchberg , la triste nouvelle par quelqu'un qui écrivoit sous sa dictée. Voici cette lettre admirable de résignation et de foi.
» Mon cher évêque, disoit le prince, je ne veux pas que
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VOUS appreniez pai les Journaux l'épreuve que le ciel vient de m 'envoyer, et qu'il me fera la grâce de supporter avec courage. Mercredi dernier, 28 juillet, dans une de mes courses à cheval, comme vous savez que j'ai coutume d'en faire trois ou quatre fois la semaine, mon cheval, effrayé par une charrette, s'est cabré, et, se renversant sur moi, m'a cassé la cuisse gauche. La fracture a été réduite aujourd'hui par le docteur Bougon et M. Wattman, un des premiers chirurgiens de Vienne; et l'on a maintenant la certitude que ce grave accident n'aura pas de suite fâcheuse. Dieu soit béni! J'ai beaucoup souffert; je souffre encore beaucoup; mais Notre-Seigneur a souffert plus que moi. Cette pensée me soutient et ine ranime au plus fort de ma douleur. C'est vous, mon cher évèque, qui avez imprimé au fond de mon cœur ces sentimens de foi où je puise la force dont j'ai besoin dans cette triste circonstance. Je vous remercie de toute mon ame. Ne vous tourmentez pas, je vous en prie. Ce n'est plus qu'une affaire de patience. Demandez-en à Dieu pour moi une bonne provision, et tout ira bien... n
Voilà bien le langage d'un petit-fils de saint Louis.
Nous ne peindrons pas la douloureuse impression que produisit sur l'évêqued'Hermopolis la nouvelle de Taccidenl que son auguste élève acceptoit avec cet héroïsme chrétien. Des larmes intarissables coulèrent des yeux du prélat, auquel se révéloit, mais avec des circonstances bien pénibles pour son cœur de père, l'admirable résultat de réducation qu'il avoit dirigée.
Quelques mois après, M. Picot, qui, pendant le dernier séjour de M. Frayssinous à Paris, étoit venu souvent lui rappeler ses vieux souvenirs et le distraire de ses infirmités présentes, fut enlevé subitement à son amitié. Cette mort, arrivée le 15 novembre, l'affecta vivement. Elle précédoit d'ailleurs de bien peu de jours la sienne.
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La vie de M. Frayssinous s'écouloit tranquillement, à Saint-Geniez, au milieu des jouissances que lui procurolent la religion, l'exercice de la charité, le souvenir du passé el les soins affectueux de ses proches.
Bien qu'il eût une peine infinie à parler, il comprenoit tout ce qui lui étoit dit. Il aimoit qu'on lui fît des lectures, surtout dans les livres de piété, tels que l'Ecriture sainte, l'Imitation de Jésus-Christ, les Vies dessaints, les OEuvres de saint François de Sales et les Annales de la Propagation de la Foi. Pendant les deux derniers mois, sa ferveur parut redoubler. Alors même qu'il ne se faisoit pas entendre, on voyoit ses lèvres remuer et articuler les paroles. Quelquefois il prioit seul; d'autres fois il suivoit les prières qu'on récitoit auprès de lui. A la messe, il édifioit par son recueillement, par son profond anéantissement devant la Victime sainte, toutes les personnes de sa maison. 11 récitoit le chapelet avec effusion d'amour et les plus vifs sentimens de confiance envers la Vierge Marie. Il sulîisoit de la nommer sa Mère, pour tirer de ses yeux de douces larmes. Il s'attendrissoit aussi lorsqu'il entendoit lire quelque passage de V Imitation, surtout des deux derniers livres : alors tout son cœur s'épanchoit en témoignages de reconnoissance envers le Dieu gui s'est fait homme pour nous, et qui se donne lui-même à nous. Souvent, après avoir interrompu par ses larmes la pieuse lecture, il faisoit signe de la continuer; et, si on vouloit fermer le livre, il disoit de la prolonger encore. Le mercredi, 8 décembre 1841, veille du jour où il tomba malade, on Icrminoit le dernier chapitre.
Un médecin habile, qui étoit plus encore son ami, cspéroit que l'Eglise, la France, sa province natale, conti-
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nueroient d'être, pendant quelques années, édifiées de ses pieux exemples, lorsque, le jeudi 9 décembre, une dernière attaque hâta la fin d'une vie si précieuse. Quoiqu'on n'eût conservé aucun espoir le samedi^ le prélat n'avoitpas perdu sa connoissance. On ne lui cacha plus son état : il attendoit la mort avec assez de calme, et depuis assez long-temps, pour n'être point troublé par cette triste annonce.
Deux traits remarquables, dont l'un se rattache à l'époque de la Terreur, l'autre à celle de la Restauration (l), ont prouvé qu'il n'avoit jamais cessé d'entrevoir le tombeau avec tranquillité et avec espérance. C'est la pensée d'une éternelle demeure dans les cieux qui lui fit accepter avec tant de résignation la certitude de sa mort prochaine.
Toute sa piété vivoit au fond de son cœur. Ne pouvant plus parler, il répondoit à son confesseur en lui serrant la main. Quand le curé de Saint-Geniez vint lui donner la dernière onction et l'indulgence plénière, ses yeux, que depuis quelques heures il tenoit fermés, s'ouvrirent, et il sembla s'unir aux prières de l'Eglise.
Un instant après, on lui suggéroit de pieuses pensées, des invocations aux saints, des prières pour l'Eglise et pour le succès des œuvres qui lui étoient chères. Un moment, la personne qui l'exhortoit lui rappela, un souvenir qui devoit être doux à son cœur, celui des services qu'il avoit rendus à une famille malheureuse, mais aussi grande dans l'exil qu'elle avoit été noble sur le trône. L'évêque repoussa doucement la main qui te-
(i) Voyez pages 20 et ^~6.
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noit la sienne, parce que sans doute il ne vouloit plus entendre parler que du ciel. On continua alors les aspirations saintes, et il parut plus heureux et plus tranquille.
Le lendemain dimanche, 12 décembre, vers cinq heures du soir, entouré de sa famille et de quelques amis, il rendit son ame k Dieu. Sa figure prit alors un caractère de majesté et de sainteté qu'on ne lui a voit jamais vu.
Selon les pieuses prescriptions de l'Eglise, son corps fut lavé, et revélu des ornemens sacerdotaux, par son secrétaire et deux prêtres de la ville. Il fut ensuite exposé sur un lit de parade, et la messe fut dite, deux jours de suite, dans la chambre convertie en chapelle ardente. Tous les habitans, les communautés, les enfans des écoles vinrent prier à côté du prélat. On ne pouvoit s'arracher d'auprès de cet homme vénérable. Chacun admiroit la douceur et la majesté de ses traits. Il n'y avoit plus rien de terrestre sur cette noble figure ; toutes les infirmités avoient disparu; on ne voyoit plus que l'espérance et la gloire.
Le corps fut embaumé , puis exposé dans une des églises de la ville, nouvellement restaurée, comme pour recevoir ce précieux dépôt. La foule y fut encore plus nombreuse. C'étoit le samedi, et de toutes les campagnes environnantes on étoit accouru à Saint-Geniez. Chacun baisoit avec respect l'anneau qu'on avoit laissé au doigt , du prélat. Les habitans de la campagne, dans leur pieuse simplicité, se disoient les uns aux autres qu'il y avoit une indulgence attachée à cet acte de dévotion, et ceux qui l'avoient omis revenoient pour n'en pas perdre le mérite.
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M. l'évéque de Rodez, appelé à Paris par un devoir impérieux, n'avoit pu fermer les yeux à son vénérable ami, et ne devoit pas, à son profond regret, lui rendre les derniers honneurs. Ce fut M. de Marguerye, évêque de Saint-Flour, qui, accompagné d'un nombreux clergé et de toute une population recueillie, présida, le mardi 21 décembre, à la cérémonie funèbre. Le cortège conduisit le corps dans l'église paroissiale, où le saint sacrifice fut offert pour le pieux pontife.
Le soir, vers dix heures, quand il n'y eut plus personne dans cette église, quatre prêtres s'y rendirent. C'étoient MM. Grimai, grand-vicaire de Rodez 5 de Fajoles, curé de Sainte-Eulalie ; Turq, vicaire de Saint- Geniez ; et de La Forest, secrétaire si fidèle et si dévoué de M. d'Hermopolis. Ils déposèrent, de leurs propres mains, le corps du prélat, revêtu de ses habits pontificaux, dans un triple cercueil.
La première caisse étoit de bois. On mit près de la tête un petit tube en verre, renfermant un parchemin avec cette inscription :
« Dans ce tombeau repose, en attendant la résurrection glorieuse, le corps de Denis-Antoine-Luc, comte de Frayssinous, évêque d'Hermopolis, né à la Vayssière le 9 mai 1765, mort à Saint-Geniez le 12 décembre 1841. - — Auteur des Conférences, évêque, premier aumônier des Rois Louis XVIII et Charles X, membre de l'Académie Française, grand-maître et ministre de l'Instruction publique et des Affaires ecclésiastiques, précepteur, dans l'exil, du duc de Bordeaux. — Grains Deo et liominibus ! »
Ce premier cercueil fut ensuite fermé, enveloppé d'un ruban de soie scellé à cinq endroits, en forme de croix, aux armes de l'évéque. Un second cercueil en
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plomb et un troisième en chêne couvrirent le premier.
On avoit préparé, pour recevoir ce dépôt, un autre cercueil en pierre d'un seul morceau, recouvert par une longue dalle d'un seul morceau aussi.
Le tout est placé sous le soi, dans la chapelle de Saint-Eutrope, vis-à-vis de l'autel, près la porte du cimetière qui donne dans l'église, en vue du chœur et du maître-autel. Les entrailles du prélat ont été ensevelies séparément, suivant la prescription du Pontifical, dans une des chapelles de la même église.
Un jour, peut-être, cette chapelle de Saint-Eutrope sera consacrée à saint Denis, qui étoit le patron de l'évêque d'Hermopolis. On peut dire, en effet, quel'apotre de Saint-Sulpice a suivi les traces de cet apôtre de la France, puisque après la révolution il a si puissamment concouru à rétablir, dans le royaume très-chrétien, cette foi dont les principes avoient été comme ensevelis au milieu des honteux excès et des maximes impies ou athées du xviii" siècle.
M. Amable Frayssinous, neveu de M. d'Hermopolis, avoit voulu faire transférer le corps à Saint-Come, croyant en cela accomplir le vœu que son oncle avoit lui-même exprimé en diverses occasions. (( 11 faut mêler sa cendre aux cendres de ses pères, » lui disoit , notamment dans une lettre du 25 septembre 1835, l'évêque d'Hermopolis, qui balançoit ainsi entre le cimetière de Saint-Come ou reposoit la dépouille de sa mère , et le cimetière d'Issy, dépositaire des restes vénérés de M. Emery. Le dessein de M. Amable Frayssinous étoit, en même temps, de donner un témoignage public de son allachemenl et de sa reconnoissance à la mémoire de l'oncle vénérable qui l'avoil toujours honoré d une
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amitié particulière. Mais, lorsqu'il avoit manifesté Tiutenlion de conduire le corps à Saint-Come, les habitans de Saint-Geniez, et surtout le docteur Rogery, leur honorable maire, s'y étoient opposés avec une telle insistance qu'il avoit dû abandonner son projet, et céder au vif désir que témoignoient le peuple et les autorités de conserver au milieu d'eux les restes de l'illustre prélat. Cependant, lors de l'embaumement du corps, il en iivoit fait extraire le cœur, qui avoit été embaumé à part dans une triple boîte de plomb, d'argent et de bois de chêne, pour être déposé dans l'église de Saint- Come, où M. Amable Frayssinous se réserva de faire élever un monument en marbre , exécuté à Toulouse.
Saint-Geniez a donné le jour à des hommes tristement célèbres, Raynal, Chabot, Camboulas. Au milieu de la douleur générale qu'y causoit la mort de M. d'Hermo- •polis, les autorités pensèrent, sans doute , que la tombe du saint prélat, vénérée par toute une population, témoin de ses vertus et dépositaire de ses précieux restes, désarmeroit la justice de Dieu et l'indignation des hommes.
La famille de l'évêque d'Hermopolis devoit faire les frais du monument en marbre érigé dans l'église de Saint-Geniez , pour rappeler à la postérité le souvenir de cet illustre prélat, l'une des gloires de l'Eglise et l'ornement de son pays 5 elle s'occupoit déjà de ce témoignage de gratitude envers le pontife qui a couvert son nom d'un si pur éclat 5 mais le prince qui s'honore d'avoir eu M. Frayssinous pour précepteur ne voulut point laisser à d'autres le soin de perpétuer sa mémoire.
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Le 21 janvier 1842, M. l'abbé Trébuquet écrivit à M. Amable Frayssinous :
« Monseigneur le duc de Bordeaux nie charge de vous dire qu'il se réserve ce soin. C'est un hommage que l'auguste élève veut rendre à son ilUistre et bien-aimé précepteur, et il espère que vous consentirez à vous reposer sur lui
de l'accomplissement de ce pieux devoir Cette perte est
pour notre cher prince, comme pour nous tous, un malheur domestique et un deuil de famille. »
Le 4 février, le prince écrivit lui-même à M. le marquis de Clermont-Tonnerre :
« Je ne puis assez vous dire combien la nouvelle de la mort du saint évèque d'Hermopolis m'a rempli de douleur. C'est à vous, l'un de ses amis les plus chers, à qui il portoit une si tendre affection, que je viens exprimer tout mon chagrin. J'ai perdu en lui un père, un ami dévoué, et un guide fidèle. Son cœur, toujours jeune, savoit vraiment aimer, et avoit inspiré au mien une affection toute filiale. Dieu l'a rappelé à lui, il faut se soumettre; mais c'est un grand sujet de regrets pour moi de n'avoir pas pu lui exprimer de vive voix ma reconnoissance, et que ma position présente ne me permette pas, comme je l'aurois voulu, de rendre publiquement à sa mémoire les honmiages qui lui sont si bien dûs. Je lui fais élever un monument dans l'église de Saint-Geniez, où ses vénérables restes ont été déposés, et j'espère que la Providence m'accordera lui jour la grâce de pouvoir aller prier sur sa tombe... »
Le mausolée de M. Frayssinous , confié à l'habile ciseau de M. Gayrard, sera le dernier hommage d'une pieuse et filiale reconnoissance.
Les bienfaits du prélat ne permettront pas qu'il soit oublié dans sa province natale. 11 a légué à l'église de Curières^ cntr'autres choses, une de ses chapelles en
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vermeil, ainsi qu'un de ses plus beaux ornemens, et il a laissé une maison pour servir de presbytère. Il a légué au grand séminaire de Rodez, dirigé par MM. de Saint- Sulpice, ses croix pectorales, ses mitres, sa crosse, et d'autres objets. Il a donné au petit séminaire du même diocèse une bibliotlièque d'environ quinze cents volumes. Il a laissé à Saint-Come une somme de quatre mille francs pour aider à l'établissement d'une école de Frères. L'église de Saint-Geniez, où il est mort, et qui a ses restes en dépôt, a reçu de lui une belle cbape en drap d'or. Le prélat, si plein d'affection pour celui qu'il nommoit son ^nge, son Raphaël, ne pouvoit l'oublier dans la distribution de ses souvenirs : aussi a-t-il légué à M. l'abbé Trébuquet une belle chapelle en vermeil et un bel ornement brodé en or.
Il est d'usage, en terminant la Biographie d'un personnage aussi illustre, d'énumérer les vertus et les mérites divers qui ont recommandé sa vie. Pour nous, nous ne croyons pas pouvoir mieux finir que par ce dernier trait qui résume toute notre pensée.
M. Borderies, évéque de Versailles, de si vénérable mémoire, s'entretenoit avec un ecclésiastique qui lui nommoit plusieurs personnages, en les qualifiant tous du titre de saint. Le digne évéque ne put s'empêcher de lui exprimer sa surprise : « Vous êtes bien heureux, monsieur l'abbé, de connoître tant de saints encore vivans. Pour moi, je n'en connois qu'un seul..., et c'est l'évêque d'Hermopolis(l). C'est le prêtre que je vénère le
(i) Nous devons dire pourtant que 31. Borderies avoit la même admiration pour M. de Boiiald. Au mois d'aoïit 182G, M. P. ancien condisciple de M. Borderies, alors grand-vicaire de M. de Quelen, se trouvoit, aACC son fils, chez ce prêtre si émineut par son jugement comme par sa
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plus : je baiserois ses pieds. » Il en donna cette raison : « C'est en lui que j'ai vu la perfection la plus haute des vertus communes, avec l'humilité la plus franche el la plus vraie. »
Les paroles de M. Borderies sont confirmées par celles (jue prononçoit, il y a plus de vingt-cinq ans, un autre évêque, parent et ami d'enfance de M. Frayssinous, dont il vouloit faire apprécier la pureté de vie. l'innocence de cœur et la belle simplicité d'ame : « Je ne sais, dlsoit-il, si M. Frayssinous a, depuis sa jeunesse, un seul j)éché mortel à se reprocher. «
Nous ajouterons à cette fie les vers que l image vénérée de M. Frayssinous inspira, le 20 décembre 1841, au comte de Marcellus, l'un de ses plus nobles et de ses plus dignes amis; vers remarquables à plus d'un titre, car ils furent le chant du cygne du poète chrétien :
Ministre d'un bon roi , prince Je la science, Guide indulgent et sur, des jeunes cœurs chéri. Ses vertus, ses talens et sa liante éloquence i\ous rappeloient Rollin, Bossuet et Fleury. Ji consacra, fidèle à son piince, à la Franco, Sa savante vieillesse à la royale enfance, Aux sublimes malheurs d'un tils du grand Ucnii. Rendue à ses beaux jours, par lui l'heureuse chaire Cessa de regretter la voix de Massillon. L'Eglise en ses discours crut retrouver un l'ère ; Et d'un exil auguste il fut le Fénelun.
piété. La conversation étant tombée sur ftl. de Ronald, J>1. Borderies dit à M. P. C'csl un saint. M. P. ayant répondu que tout le monde rendoit justice à la haute piété du philosophe chrétien, « Ce n'est pas cela, repritil ; je vous dis que c'est tm saint, ci je n'en rabats rien. » 11 ajouta gaînicnt : « Je le connois Ibrt bien; car, du temps que je disois la messe dans ma chambre, ainsi que Formantin, h cause du serment de haine à la royauté, il étoil un de mes paroiasicns, cl j<; n eu coinioiï' que deux : ma
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