‹ Vie de M. Frayssinous, évêque d'HermopolisChapitre 73 sur 75 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Service célébré à Notre-Dame de Paris pour M. d'Herinopolis. — Travaux littéraires de M. Boycr. — Sa prédilection pour les neuvaines. — Il tombe malade, et meurt avec calme. — On l'enterre auprès de M. Emery. — Ses Discours pour les Retraites ecclésiastiques sont imprimés après sa mort.

Le saint sacrifice fut offert au Dieu de miséricorde, à Paris, comme dans la province natale de M. Frayssinous, pour le repos de l'ame de l'apologiste de la religion, et un service funèbre ne tarda point à être célébré, dans la basilique de Notre-Dame, par les soins de M. rarchevêque, qui acquitta ainsi envers l'illustre orateur la dette de son Eglise. Mais aucune prière ne fut plus ardente que celle de M. Boyer, auquel le compagnon de toute sa vie venoit de montrer le cbemin du ciel.

Ce vénérable vieillard, dont la mémoire, si fidèle à l'amitié, nous a retracé, dans une bienveillante conversation, les premiers traits de la Biographie de M. d'Hermopolis, le suivit bientôt dans la tombe.

Un grand ouvrage sur les beautés littéraires de la sainte Ecriture occupoit son esprit, et il s'étoit mis à relire les meilleurs écrivains classiques, anciens et modernes. La sublimité des prophètes, surtout, l'enchantoit; et, jusque dans les épanchemens de l'intimité, quand il parloit de la grandeur inspirée de leurs idées

cuisinière et lui. » Cette auréole de sainteté, posée par la main de M. Bordcries sur le front de MM. de Bonald et Fr.iyssinous, tous deuxduRouei'gue, est un des plus beaux litres do i^loirc de celte province encore si chrétienne.

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et de l'élévation de leur langage, il étoit beau de pensées et d'expressions (1). « Je dois faire un diseours, disoit-il avec une aimable naïveté, sur les beautés oratoires et poétiques des prophètes, et il sera bon. » Il ne lui fut pas donné de Téerlre.

M. Boyer approuvoit beaucoup la pratique des neuvaines, et en faisoit souvent en l'honneur des saints. Le dimanche, 10 avril 1842, anniversaire de la translation des reliques de saint Vincent de Paul, il alla dire la messe à Saint-Lazare, où il retourna, pour l'octave, le dimanche 17, à cinq heures du malin. Le froid l'y saisit et détermina une maladie.

Le lundi, en descendant de l'autel, M. Boyer eut une foiblesse et rejeta les saintes espèces, accident qui l'affligea beaucoup et lui fit verser des larmes. Le lendemain, un ordre du médecin Tempécha de se lever pour célébrer les saints mystères. Il voulut réciter l'oflice divin ; mais le supérieur-général le lui défendit, et il se contenta de s'unir à ceux qui venoient le réciter au pied de son lit. Sa gaîté ne l'abandonnoit pas. Soumis à une diète sévère : « Oui, dit-il, il faut prendre l'ennemi par la famine^ nous lui ferons quitter la place. »

Le vendredi, on crut prudent de lui administrer les derniers sacremens. Bien que jusque-là il ne s'attendît pas à mourir, il ne fut point ébranlé quand on lui annonça que sa dernière heure approchoit. (c C'est bon, répondit-il avec beaucoup de calme, je ne veux que ce que le bon Dieu veut : je lui ofl're ma vie. Seulement, il eût fallu m'avertir une demi-heure plus tôt, afin de

(i) Discours pour les Rdraites ecclésiastùjucs, par IM. Hoyer; Noiicc,

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