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Ces remontrances eurent leur effet. Personne, dans Privas, ne voulut louer une maison aux hommes apostoliques qui venoicnt leur offrir la paix du Seigneur. Ce refus dura six mois, pendant lesquels ils se contentèrent de gémir devant Dieu , et d'attendre avec patience les momcns de sa miséricorde. Ils arrivèrent enfin , et malgré toutes les réclamations du consistoire , un des principaux même du parti protestant, fut celui qui consentit à leur louer sa maison.
A peine se virent-ils à portée d'exercer leur XITt. ministère, qu'ils tentèrent tous les moyens de re- ^^^^îf^^ tirer leurs frères égarés depuis si long-temps, des réiabliedans voies de la perdition. Instructions publiques, con- Privas, férences particulières, douceur et charité envers tous, l'exemple d'une vie irrépréhensible, et la pratique de toutes les -vertus qu'ils prêchoient dans la chaire de vérité , tel fut le genre d'attaque qu'ils livrèrent à l'hérésie , et à ceux qui s'étoient rangés sous ses étendards. Avec le secours de la grâce, et cette cotifiance en Dieu qui triomphe du monde et de ses erreurs, ils eurent bientôt soumis un grand nombre d'hérétiques au joug de la foi. On comploit à peine dans Privas quarante catholiques , lorsqu'ils y commencèrent leur mission, et quelque temps après, ils étoient plus de trois cents. Dès-lors notre Seigneur, exilé de cette ville depuis tant d'années, fut remis sur son trône et commença de reposer dans son tabernacle, en faveur de ceux qui croyoient la vérité du mystère de l'autel. Lorsqu'on vit les esprits assez calmes pour n'avoir plus à craindre ni pro- . Éiinations , ni scandales , on renàit au très-saint
î^«o vieHIe ir. oLiEn.
sacrement les hommages solennels qui lui étoirnt dus. Le jour de la Fêle-Dieu on le porta en triomphe dans les rues et dans les places, avec toute la pompe et tout l'appareil que permettoientles coujonctures. 11 y avoit environ soixante ans qu'on ne \oyoit plus dans cette ville ^ 'ni prêtres, ni offices, ni processions, ni autres cérémonies en l'honneur de Je'sus-Clirist présent dans la sainte eucharistie. On ne put voir uq spectacle si consolant , sans verser des larmes de joie. Il attira des lieux voisins plus de cinq mille personnes , qui assistèrent religieusement à la . solennité; et depuis cette heureuse époque, elle s'est renouvelée sans trouble tous les ans , et sans aucune insulte de la part de ceux qui sont de* meures attachés à l'hérésie des Sacramentaircs. j On conçoit aisément que les prêtres envoyés par M. Olier ne parvinrent à remporter une victoire si glorieuse à la foi, qu'après avoir soutenu ' de grands combats et essuyé beaucoup d'allront** Maisplas les ennemis de l'Eglise et de sa doctrine vomissoient contre eux de malédictions, plus la main invisible de celui au nom duquel ils évaugélisoient, répandoit de bénédictions sur tous leurs pas. Ils eurent la joie de voir l'église de Privas fréquentée, l'ignorance de la doctrine catholique bannie de cette ville, les sacremens de pénitenice ^t d'eucharistie devenus aussi chers aux paroissiipns nouvellement ramenés des ténèbres à la Inmiére'j' qu'ds leur avoient été en aversion depuis leur en^ &nce. Les Protestans opiniâtres et endurçid M purent , en quelques occasions particulières , retenir leur fureur contre les Catholiques, et surtout contre