‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 103 sur 205 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

la scmpnce féconde d'une génération de sa vans et fci'vcus ecclésiastiques, qui, en peu d'années, • clianj^èront la face du diocèse. C'est ce que té- • moignoit avec effusion de cœur M. deMaupas, après la mort de M. Olier, lorsque M. de Brelonvillii rs,son successeur, passa au Puy. « Depuis Té- )) tablissement du séminaire, lui dit ce prélat, mon » clergé n'est pas recouuoissable ».

L'enqemi de tout bien ne tarda pas encore ici xxi. . à traverser l'œuvre de Dieu. Il mit dans l'esprit ^" calomde plusieurs, que les directeurs qui étoicnt à la uurs du^Iététe du séminaire, n'éloient pas venus de Paris minaire du dans la pure intention de servir noire Seijjneur J'">''^^^"'''» et son l.ghse, mais dans le dessem de se servir siper la caeux-mêmes. On les accusa de vouloir profiler l<^™nie. de Festinre que leur témoignoit l'évéque du Puy, et d'avoir su déjà s'insinuer si adroitement dans ses bonnes grâces par leurs flatteries; qu'ils espéroient bien n'avoir pas la dernijL're part dans la distribution des bénéfices dont il avoit la collation. C'éloit le bruit qu'avoient répandu les ecclésiastiques du pays, qui, accoutumés à rechercher Ipurs propres intérêts plus que ceux de Jésus-Christ et de son Eglise, prétoient aux prêtres de M. Olier les mêmes sentimens que la cupidité nourrissoit dans leur cœur. Comme le mal se croit lacilement parmi ceux qui n'ont ni le cœur assez pur et assez droit pour présumer favorablement du prochain , quand il Jeur fait ombrage, ni l'œil assez simple et assez net pour ne voir en lui que du. bien, le préjugé ne laissoit pas de s'accréditer de jour en jourj et si I on eût cru ces langues malignes, qui étoicnt intéressées à le faire adopter^ le nom seul

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des nouveaux directeurs seroit devenu bientôt une qualité odieuse, comme leur présence' un sujet conlinuel d'alarme et d'inquiétude. Ceux que Ton calomnioit avec tant d'injustice ne savoient se déft ndre que par le témoignage de leur conscience et la droiture de leur cœur. Dieu connoissoit leur désintéressement^ il ne leur en lalloit pas davan-* tage pour remplir avec autant de confiance que detranquillité, la mission qu'ils avoientrcçi^e. Aussi le silence et une parfaite égalité d'ame , accompagnée de la plus grande atîabilité envers tous, lurent leur unique apologie. Mais Dicn ne tarda pas à venger leur cause. Pour écarter tous les nuages et faire triompher la vertu contre les fausses imputations de ses ennemis, il permit que le doyenné de la cathédrale vînt à vaquer par la mort du titulaire; ce qui donna lieu au supérieur et aux directeurs du séminaire de faire connoîlre leurs intentions,, et de mettre leurs senlimcus à découvert. L evéque du Puy , soit pour leur donner un témoignage public de son aflcclion , soit pour honorer la place qu'il s'agissoit de remplir, en y appelant un ecclésiastique de grande vertu, y nomma M. de Lantage, que M. Olier lui avoit envoyé pour conduire le nouvel établissement. Les talens d'ailleurs se trouvoient réunis à la vertu, dans la personne de ce supérieur, de manière à ne laisser à M. de Maupas nulle inquiétude dans sa conscience sur le choix qu'iLavoil lait^ Mais ce digne prêtre, résolu de servir gratuitement Jésus-Christ, en travaillantà Téducalion des ministres de son sanctuaire, et préférant l'espérance des trésors éternels aux plus riches bénéfices du monde ^

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