LIVRE VI. T -r
Tous cétix qui le \âsiioienl ne se lassoîoril point de faire remarquer ce que sa vertu avoit d'extraordinaire, et combien étoient édifiantes, aimables même et souvent instructives,, les paroles qu'il pronpnçoit de temps en temps. L'habitude qu'il avoit contracle'e de parler le lant^age des saintes Ecritures et d'en méditer les senlences^ lui reor doit familières celles qui e'toient les plus propre^ à consoler sa foi et à nourrir sa piété. Un |our noire Sei^'ueur, avec qui il sVnlretenoit conti- »ue||ement lorsqu'il étoit seul, lui fit coiîloîlre, par un de ces traits de lumière dont il Tavoit souvent favorisé, que le temps des croix éloil Ip plus avantageu:^, «oit parce qu'il purifioit lame et la netio^oit de toutes les taches' du péché, soit parce que rie n n'aidoit mieu^s i marcher dans les .JI! ' • voies de la sainteté et de h perfection , ^oit parce'^ ' *, -^u'il donnoit le dernici degré de mérite à notre TT; ' ' iinioi) avec Dieu : trois avantages qui sont comme l'abrégé de la vie spirituelle. Et non-seulement J)ieu lui montra cette vérité dans tout son jour, mais il Jui en donna l'eiipériencé et le sentiment, par une <?omraunication plus, abondante de la vin Pt de V^(ijprh de uptra Seigneur. « Voilà , dit ' >>. M. de Brélonvilliers, ce» qu'il nous confessa un -» jour, lorsque nous nous consolions l'uttrautr^j,
;i) en nous entretenant de Dieu ». . .
t. . ,Upe autre (ïis, comme il forraoit dans s6n cofcur' les désirs les plus ardens de procurer la gloire •de Dieu, une lumière intérieure lui donna IW telhgcnce la plus étendue de celtû parole de saint Paul : « Faites tout au nom de notre Seigneur » Jésus-Cbrist ce qui veut dire, selon l'expli-
jgj. VîE DE M. OtlER.
cation qu îl m donna : w Faites tout premièrement » pour Jésus-Christ, lui rapportant toutes vos » œuvres, comme à votre dernière fin; car, soit » que nous vivions, soit que nous mourions, nous » sommes entièrem* nt à Jésus-Christ. S«con- » dera»nl, fait s tout par Jésus-Christ, puisque î) nous ne pouvons rien que par ses mérites. » Troisièmement , faites tout en Jésus-Christ , * » non ^'n vous-même; car étant pécheurs, et pat
' li ooi^quenl privés de tout, nous n'avons plus
• » rii rrdans notre propre fonds. Ce n'est donc : » que dans Jésus-Chrisl , qui est tout, que nous
» trouvons tout ce qui est nécessaire pour notre » sanctification , selon ce qu'il dit lui-même ea » saint J( an : 'Sans moi vous ne pouvez rien ». xxvm. La pensée de notre Seigneur et de sa tresilse repro- g^ljj^g luî étwl si habituelle et si présente,
tlJdri qu'il lui semblôit les voir san.^ ceè^e auprès d«l Dieu la ^an- J^i. Tous les ^ours , c'étoi nt de ûouvellts visites intérieures de i'ùn et de l'autre, qui le soule-
• noient dans l'état de langueur où il traînoit le reste de sa carrière. 11 se trouva une fois si accablé d'ennui, que s<- plaignant amoureusement à soa
- divin maître, et lui exposant avec simplicité soa # extrême affliction^ il le supplia de lui rendre la sauté, si ce devoit être pour sa gloire, lui promettant de l'employer toute à son service t l à celui de son Eglise, Au même Instant , notre Seigneur lui apparut courbé et presque étenda -par terre, sous la pesant ur d'une grande croix qu'il porloit sur ses épaules. Ce spt clacle lui fit une si forte impression, que, tout incommodé qu'il étgit, il se leva, se prosterna, comme s'il eût
ëté réellement aux pieds de Je'sus-Christ portant le bois du salut. Tout confus de la prière qu'il avoit faite ^ et qu'il se reprochoit comme une foibl esse et une lâclieté|, il lui en demanda pardon aveclarme&, s'accusant de n'avoir ni courage ni amour^ au lieu d'imiter ces véritables disciples du Sauveur, qui se . réjouissoient d'être attachés à la croix, et ne craignoient rien tant que de ne point souffrir. Du mo ïnent qu'il eut ainsi répandu son ame et rétracté sa première demande, il ne se permit jamais de désirer la délivrance ou même la diminution de ses peines, Au contraire, il ressentoit souvent une joic extrême de se voir conforme a Jésus-Christ souffrant ; et pour mieux s'affermir dans la disposition de tout endurer, et aussi long-temps qu'il plairoit à Dieu , il fit faire un tableau où étoit peint notre Seigneur abattu sous la croix, comme ^il l'avoit vu dans la dernière apparitiop, pour .^ l'avoir toujours devant les yeux. Ne croyant pas.^ j. encore souffrir assez, et voulant expier la pré- , tendue lâcheté qui lui étoit échappée , lorsqu'il avoit prié pour son rétablissement, il demanda à son directeur la permission d'exercer par l'usage . de la discipline, ses mortifications ordinaires sur le côté de son corps que la paralysie avoit épargné. V Cette même pénitence , il venoit de la recommander à un ecclésiastique qui lui avoit décou-* \ert son intérieur , comme ^n excellent moyen u de satisfaire à Dieu pour ses péchés, et d'amortir ^ le fcu de ses passions dans la chair. Celui-ci s'excuj soit, et demandoit une pénitence moins rude^alléguant que le sacrifice de la messe étoit bien plus j agréable à Dieu que toute* les mortifications cor-^
•196 V I E t) É M.v OLI ER. * ' •
porcUes. « Oui, répondit M. Olier, mais n'est-ce >i pas une chose bien e'trange, que les bonimcs » veiiiili'nl èirc plus proclij^ues du sang de leur )» Dieu, quf» de leur propre sang; qu'ils répandent » tout entier celui-qui a déjà coulé sur la croix w pour leur amotir , «ans avoir le courage d'en •» verser uikî seule goutte du leur pour l'amour de Jésus-Christ ». * '
XXIX. Au mois de mai de Tannée 1 654, comme II va aux ^ jj^j' • mois que M. Olit r demeuroit
eaux de ' , * i ' j »
Bourbon, dans le même ^tat, sans que les remtMes qu ou avoit^employéfl fissent espérer son rétablissement^ les médecins jugèrent qu'il falloil profiler de U iielle saison pour aller prendre les eaux de Bourbon (0:, et lui ordonnèrent le voyage. Regardant léni' ordonnance comme celle de Dieu uiféme, qu^
a voulu nous diriger par eux dans Tordre cor-r porej, (ie même, qu'il nous dirige pf»r l'organe * ' de $eB ministres dans J'onlre do la vie spirituelle ^ V il lepr ol>éit avec sa simplicité ordinairf , et partit de Paris dans un parfait abandon à la divin© providence. Pendant le voyaj^e , qu'il ttoil oblige de faire à p et i tes 1 où ruées , malgré ses jiniirnii tés ^ il ne laissa passer aucun jour sans communie? ; et lorsqu'il fut arrivé à Bourbon > pour n'élra pas privé de celte gràc^, qui faisml; tOMte sa con-^ solation et toolé joie , il demanda irn loge^ meiit aux ptres CiH^ocins dc^ cette ville. 11^ lui donnèrent une chambra située près d'une cha- .é. pelle, où il continua d'entendre la samte messe et de communier tous les jours.
(0 Bourbon-lArchambault , petite ville, d'où le Bourbonnois ^9. j^is sou nom.
Uigitized by Googl
LIVIXE VT. T 297
: ■ Vïîsage deis eaux et des autres remèdes qu'on
lui avoit ordonnés , lui procurm-nt peu de sou-*.
la^t^mt-nt. Il n'ep parut pas moins contint ni
moins joyeux , que s'il eût ëte parfaitonient réia-
blî. Sa grande maxime sur It s maladit'S étoit ,
« que nous devons être tellement perdus et abî-
» me's en Dieu, que nous ne voyions rien que
» sa sainte volonté ; parce que toutes choses, con-
)) sidérées dans ce miroir si pur et si lumineux
» aux yeux do la foi, deviennent justes et rai- .
» sonnables, toutes ftcheuses qu'elles nous pa- . *
» roissent; et que les plus désagréables, par Tu- '
M niou qu'elles ont avec cette sainte volonté J
» prennent un attrait qui les rend douces et ai-r
M niables ». Les médecins voulurent qu'il prit
encore les eaux de Bourbon dans la seconde
saison de la même année. Le peu de suc^'s du
premier voyage ne Tempécba pas de cbndescch-
dre à leur jugement. Au lieu de retourner à
Paris, il se retira à Saint- Pourçain , et ne s'en
écarta quelquefois, que pour aller faille 'quelques
bonnes œuvres dans les lieux v-oisitis.'^ - c^
, Pendant un petit séjour qu'il fil à !\tbulins, la XXX.
très-sainte Vierge lui ordonna dq visiter trois fois ^ saim»
l'église dédiée fioik* «oniUom. 11 ôbeit et le troi- ^ )^/"
sième jour il la vit vémv à lui aveo Wûe majesté remeui du^
qui ne se peut peindre, pour lui donner des rantun petit
marques de tendresse et de bonté , au-dessus de f^it"][ ^|^u-
toatus celles qu'il en avoit reçues jusque-là. Cette lius.
visite lui parut être l'accomplissiîmt nt d'un^pro-
messe que lui a\oit faite depuis long-temps notre
Seigneur, de régner sur lui par sa très- sainte
Mère, quand il auroit régné lui-même dans son
r ligS TIB DE M. OLIER.
cœur par les croix : ce sont les paroles que M. i& Bretonvilliers assure lui avoir clé rapportées par * le serviteur de Dieu. « Après que j'aurai régné » sur loi par la croix, j'y régnerai par ma mère ». Fortifié par cette faveur dans la parfaite indifférence où il étoit à i^égard de la santé et de la maladie , au mois d'août il se rendit encore à Bourbon , où il reprit l'usage de ses premiers remèdes, et toujours avec aussi peu de fruit. XXXI. A la fin de septembre, il se remit en chemin
11 revient à t» • i i i ' j a •
Paris. Corn- po^^r Paris , bcaucoup plus console des grâces mhieuilyédi- téricures dont le ciell'avoit favorisé pendant tout ce voyage, que s'il en avoit rapporté la santé la plus vigoureuse. Le séjour qu'il fit depuis son retour, au séminaire de Saint-Sulpice , fut un exercice continuel de patience et des autres vertus. Pendant six mois , il fut contraint de garder la chambre , sans en sortir, sinon pour aller dire la sainte messe a la tribune de la chapelle; oui, si son état ne lui permettoit pas de la célébrer, pour l'entendre et y communier. Lorsqu'il ne pouvoit se lever , on lui portoit la sainte com- . ^ munion, qu'il recevoitau lit ou dans un fauteuil, selon que la disposition actuelle de son corps le >' ^ permettoit. Jamais on ne l'entendit témoigner de regret de ne pouvoir plus , comme autrefois , .1. honorer Dieu et servir le prochain en travaillant au salut des ames. A la fin de l'hiver il ne parut pas plus ennuyé d'être demeuré si long-temps comve immobile, et privé de tout commerce au dehors, que si cette espèce de solitude et de captivité navoit duré qu'un jour. Il trouvoit ua préservatif toujours efficace contre la tristesse.
•.il.
IjQoglej
LIVUE VT.
flans relie considération , que ToLéissance est
préférable au sacrifice; et quVn ne faisant rien, dès que Dieu le vouloit ainsi , on le servoil mieux et on lui éloit plus agréable quen travaillant beaucoup, même pour sa gloire et dans les intentions les plus pures. Souvent on lui a entendu dire que la disposition dont Dieu étoil leplus jaloux de la part de sa créature, éloit une dépendance absolue de sa providence; en sorte qu.on ne voulût jamais faire autre chose que ce qu'il vouloit de nous. « Car, ajoutoit-il, il n'est point rare )) que le démon nous trompe par des appaft'nces » de piété, nous faisant désirer ardemment la » santé pour travailler, landis que Dieu voudroit » être glorifié par nos infirmités et nos souffran- » ces ». 11 remarquoit là un piège de l'amourpropre, qui, sous prétexte d'un grand bien, cherche à se contenter par un élat qui plaise à la nature, au lieu de se laisser conduire au pur amour de Dieu , qui ne se plaît que dans l'accomplissement de* son bon plaisir. - v v . f
Pour ne rien laisser dans le cœur de M. Olier, qui put metlru le moindre obstacle à sa parfaite union avec Dieu , notre Seigneur le dégoûta de toutes les salis&ctious humaines qu'on essaja de lui procurer pour le distraire et le récréer. Oa lui apporta, par exemple, quelques instrumens avec lesquels ou pensa qu'il pourroit se délasser r • par un travail des mains très-facile. Il accepta ; ' ce bon ollice avec reconnuissance ; mais ni cet 1 expédient, ni les autres moyens de le récréer qu'on imagina, ne purent produire autre chose en lui , qu'un dégoût extrême de tout ce qui ne
3oO VIE OB M. OLICn.
ïéleroh a Diea, Tout le reste lui parolssolt ïnde y qu'il ne pouvoit plus, sans une* sorte de tourment , y donner la moindre attention. Pendant les beaux jours de l'été , si on le conduisoit dans quelque jardin , ou à l'entrée de la campagne, pour réjouir sa vue , on s'apcrcevoit aussitôt qu'il avoit Tcsprit ailleurs, et qu'il ne goùtoit ni la promenade ni les autres divertis* semons qu'on tàchoit de lui procurt r. Aussi a-t-il fait l'aveu, plus d'une fois, que « notre Seigneur n ne vouipit pas qu'il prit aucune récréation dans » celte vie, et qu'il de voit finir ses jours sevré ») de toutes les joies qu'il auroit pu goûter, même » innocemment, dans le monde ». Quoiqu'il lui arrivât assez souvent do demeurer seul duraut une partie considérable do la journée, chacun pensant qu'il ne restoit pas sans compagnie dans sa chambre ; jamais il n'appeloit personne , à moins qu'il n'eût quelque chose a ordonner pour la gloire do Dieu. El comme on lui dcmandoit quelquefois pourquoi il no faisoit pas venir quelqu'un auprès de lui, ainsi qu'on l'en avoit prié, il répondolt toujours en homme éçidement salisfait, soit qn*il fût seul ou avec quelqu'un , parce que tout son contentement étoit dans ce qu'il plaisoit à- Dieu de régLr et de pca-mettr© k 3Qa égard. . «> ,
xx\n. Pendant que M. Olier achevait en lui , par un ilciabliilc d^pouilh meut universel, ce qui inanquoit k STmoûi perfection où Dieu vouloit le conduire avant de l'appeler à lui , son zèle lui donna encore assez de force pour iairir de nouveaux élablisscmens. Louis d'Êslain, évcque de Clermont, voulaut
LIVRE vr. 3oi fonder un séminaire dans son diocèse , lui de-* manda des sujets capables dé le gouvei'ncr. Il y avoit pins de vin^t ans que Dieu lui avoit donne ^ • ratlrait de travailler particulièrement pour trois ', provin(*os , le Vivarais , le Velay et l'Auvergne* ) • : Il fut ravi de joie k la proposition qu'on lui fit, parce qu'il avoit fort à cœur de rendre à la ville \ et au diocèse de Clerniont le service qu'il avoit rendu à ceux du Puy et de Viviers. Il ne srconda ' ' • toutefois les de'sirs de M. d'Estain, qu après avoir beaucoup consulte Dieu dans la prière, et s'étrê assuré, en prenant lavis du directeur de sa con* science, que c'étoit la volonté de Dieu. Cet éla* bli^sement eut le même succès qnc les premier*, et fut bientôt suivi d'un^^ entreprise beaucoup plus difficile, que Dieu fit réussir encôre stloû les vœux de son serviteur* .',>
En i655,une colonie de Français passa dans xxxiir. TA mérique septentrionale , pour babit( r Pile de ^} ^"^^^^ Montréal, qui faisoit partie de la Nouvelle France, Montréal et qui est aujourd'hui sous la domination de l'An- en Canada, gleterre. On s'adressa à M. Olier pour avoir des hommes capables de faire honorer la relii^ion dans les nouvelles terres qu'on alloil occuper, en travaillant tout à la fois k la sanctification des Catholiques qui dévoient s'y établir, et à la con*> Version des j>euples sauvages qui habiloient lefi forêts voisines. Il choisit pour cette mission des ecclésiastiques détachés de tout, qui s'empressèrent de suivre la voie qu'on leur ouvroit pont étendre la foi , et qui , en consumant leur vie dans les travaux de l'apostolat, eurent la consolation de voir une nation féroce embrasser la
30!l VIE DE M. OLIER.
vraie religion et prendre Tesprit de la douceur évangélique qui cFiange les loups en brebis. XXXIV. Une des privations qui exerçoient le plus la Comme .1 ^^^^^ de M. Oller, éloil Fini puissance où il étoit
use de ses ^ ^ r
infirmités, et défaire de temps en temps quelques pèlerinages supplie à de deîvotion. 11 ainioit surtout à visiter les lieux 1 impuissan consacres sous Tinvocation de la très sainte Vieree.
ce ou il est i vi • • ^*n^*
d'exercer le Dcs qu'il pouvoit faire quelques pas dans les Mint minis- beaux jours , il se faisoit conduire à ceux qui étoient le moins éloitçnés du séminaire -, et ce nVtoit jamais sans ressentir beaucoup de joie intérieure. Lorsqu^il étoit retiré dans sa chambre, son plus doux plaisir^ après avoir conveisé avec Dieu, étoit de porter à son amour c -ux qui venoient le visiter. Il avoit le talent de meh r, dans jSes entretiens , toutes sortes de petits discours , qui 'plaisoient autant qu'ils édifioii ut. Ce fut durant cette vie de solitude et d'union avec Dieu, dans «son état d'iuGrmité habituelle, qu'il lit graver * ' . deux belles estampes en l'honneur de la très- sainte Vierge - Tune qui représente son intérieur
sacré, par une image du Saint-Esprit qui repose sur sa poitrine , d'où parlent en tout sens des rayons de lumière, et avec les plus beaux traits idu visage, les yeux saintement hxés vers le ciel, expression la plus heureuse de la vie de contemplation et damour. Au bas de l'estampe on lit : Puteus aquarum viventium (0. Dans l'autre, on la voit soutenir amoureusement sur son sein l'ame fidèle qui languit de la durée de son exil, et qui soupire après le moment d'embrasser et de posséder , * son époux dans le séjour du repos éternel, où
, {}) Cant. ly. i.
LlVBl TI. 3o3
elle doit puiser à sa source les eaux de la vie qu'elle ne peut trouver ici bas ; bonheur dont elle a rassurance dans ces paroles que lui adresse Marie y et qui se lisent au-dessous de la figuce¥ Qui me invenerit , in^eniet vitani, et hauriet sa^ lutem à Domino M, Dieu, qui a inspiré à son Jglgliçe cvilte des saintes images, auxquelles il a attache des grâces particulières , quand on s'en ^ sert en esprit de foi et de religion , semble avoir pris plaisir à accréditer l'usage de ces pieuses inventions de M. Oiier, par les grandes bénédictions dont elles ont été rinstrument et la source. A f^îne furent-elles connues , que toutes .l^.anies pieof ep Youii^l^f^ iep . a^ devant les jeux* U est diiKcile, à m vérité^ de les considérer avec une religieuse attention , sans être touché de qujelque sentiment de dévotion e;ti>;^jrs. Marie ^ et de confiance en elle; Chacune même peut aisément tenir lieu d'un excellent sujet de méditation. Dieu sççpbjipit avoir^suggéré cette sainte industrie
i^t:,8<Pbl*^yif^H^j!:P<>^^ récompenser et remettre en activité le. qui s^entretenoit toujours dans
sou cœur. Se vojs^nt incapable de l'exercer commie autrefois j^r^ la pr^i^^c^on et les juij[.tres travaux évangéliques , ill« en quelque sorte les violences qïM mit obligé de se faire ^ par les difïérens ouvrages qui sortoient de ses mains. On désira beaucoup alors profiter .de ceux qu'il avoit écrits , et on le presspît de consentir qu'ils fussent imprimés. Son humilité^ , ^ui ju^u'alors l'avoit rendu fort secret sur ce qull ^^ypi|^ :^ d|e cette der
3o4 VIE DE M. OLIE*.
mande; niais le de'sir de procurer la gloire de Dieu et l'édifiôalion du prochain , le fit condescendre aux sollicitations réitérées qu'on lui fit, soit par lettres , soit de vive voix. On mil donc ses œuvres à Fimpression; en sortie que, île pouvant plus instruire ni exhorter par ses prédica-!* lions, il continua de le faire par ses écrits, avec autant de fruit et d'onction pour les ames vraiment chrétiennes*, que de solidité et d'élévation. * H sut rendre encore utile sa vie de retraite et de souffrances, en dictant plusieurs emblèmes que lui su£»géi*oit sa tendre piété eûvers la très- Sainte Vierge ^ et des dessins qu'il avoit iriiàginés pour représenter ses différens mystères. Cest d'après ses prôpres idées, et Conformément aux plans traeés sous sa diGlée, qu'ont été peints les fiches tableaux qui décorent la chapelle du séminaire de Saint-Sûlpice. Enfin , pour l'édification des ecclésiastiques, il faisoit écrire de temps eil temps de fort belles instructiôns sur différens sujets, mais particulièrement sur îe sacerdoiie dé notre Seigneur et sur les obligations des prêtrês.
A mesure qu'il approchoit du terme de sa carrière, on s'apefcevoit que I)ien liii donnoit de fréquentes pensées du mystère de la résurrection, pour lequel il avoit eu de tout temps un attrait particulier. II fit acheter et placet* dans sa chambre tm tableau qui le représetttoit. Ce sentiment avoit beaucoup augmenté en lui, depuis la grâce extraordinaire qu'il avoit reçue à Moulins deux ans auparavant. Rien n'oecupbit tant son cœur que le désir d'aller jouir de Dieu dans la bienheureuse étcrjuitc. Il demandoit souvent à notre
Seigneur