LIVRE VII, CHAP. ï
aucun dësir des goûts sensibles, des luij^iéres extraordinaires, .des visions, des révélations et
' des autres dons de l'Esprit saint, que Dieu, selon les oracles des prophètes, a promis de répandre sur les ministres et sur les enfans de son Eglise, selon son bon plaisir. Il disoit que de s'attacher à ces sortes de grâces, plutôt qu'à la pratique des vertus chrétiennes, c'étoit une illusion très-périlleuse ; et que les désirer c'étoit une foiblesse, une curiosité blâmable inspirée par l'amourpropre, et une espèce d'infidélité j puisque c'étoit croire que Dieu n'avoit pas suffisamment pourvu au salut de ses* enfans, en leur donnant la foi.
Voici ce qu'on a trouvé écrit de sa main sur ses dispositions intérieures, par rapport à cette vertu. « A la gloire de Dieu, (c'étoit ainsi qu'il commen- » çoit tout ce qu'il mettoit sur le papier) ce sa- » medi 4 juin iG44, metaut réveillé â l'heure » du lever, notre Seigneur me fit voir que, depuis
, » mon retour dans ma maison, je ne vivois plus )) en la simplicité de la foi -, ce qui lui déplaisoit » beaucoup. J'en fus couvert de confusion. Je vis » alors combien, à force d'agir pour mes propres » intérêts et non par les mouvemcns de la foi, qui » devoit seule me diriger dans mes œuvres, je me » trouvois reculé et éloigné de la perfection. La » vie des euians de Dieu, c'est de voir toujours » en sa lumière, pour agir en tout selon sa vo- » lonté, sans consulter ni la raison ni les désirs » et les inclinations de la nature. Ils aiment mieux w souffrir tous les martyres intérieurs qu'on a D coutume d'endurer lorsqu'on renonce à sa chair
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» et » ses concupiscences : martyres qu'il faot- » porter toute sa vie, selon ce que déclare notre )) Seigneur à celui qui veut être son disciple : » Tollat cruccm suam (jiiotidie, et sequatur me, » Car celui-là se laisse conduire à l'esprit de Dieu, » qui remplissant son ame des lumières de la foi, I » la fait marcher à la suite de celui qui éclair » tout homme venant au monde. La foi, con- » tinue M. OHer, est la lumière de Jésus-Christ » même, puisqu'elle est une participation de la lumière de gloire qui le conduisoit lui-même, » et du divin esprit qui étoit en lui , pour diriger )) tons ses pas. Jamais notre Seigneur n'adhéroit n aux désirs de la chair, comme il est aisé de le » comprendre par la prière qu'il fit au jardin : » Non mea volunlas , sed tua fiat. La chair vou- . » loit éviter la mort, et se soustraire à la violence » des peines effroyables qu'il prévoyoit que les » hommes lui feroient endurer. A son exemple, )) il faut donc être ferme dans la résolution de » renoncer à tout intérêt particulier , à son propre w jugement, à ses propres désirs, à sa propre 1) volonté, en un mot , à tout ce que la chair de- . - y> mande; en sorte que nous soyons prêts à sup- - V )) porter par la foi, toute la rigueur des croix
» intérieures et extérieures que nous rt^ncontrons, . ♦ M en nous laissant gouverner à l'esprit de Jésus- » Christ , et en marchant sur ses traces. Eu toutes » choses , notre Seigneur ne regardoit que le bon » plaisir de son Père , sans arrêter la vue sur la » peine ou la satisfaction qu'il pouvoit trouver » en lui obéissant. C'est ainsi qu'il veut que nouft