LIVRE VII, CHAP. I
M sachions nous renoncer et nous mépriser, nous » haïr nous-mêmes, pour ne voir que lui et la » volonté de son Père.
* » Notre Seigneur me fit voir ensuite qu'il vou- » loit que je fusse brisé, broyé et mis en poudre, » comme le grain sous la meule. Je me vojois par » terre, foulé aux pieds de tout le monde, au » moins en esprit , méprisé , regardé comme de » la boue, et traité comme le néant. Il me semble » que cela plaisoit à Dieu , qui me faisoit con- » noître que c'étoit le moyen de parvenir à cette » vie de foi, dont le saint sacrement de l'autel es^ » le modèle et la source. Aux yeux dos hommes, » notre Seigneur dans ce mystère porte un exté- » rieur de néant, puisqu'il y est caché sous les » espèces du pain, dont la substance, auparavant » broyée et mise en poudre, se trouve anéantie, » convertie en sa propre substance. Ainsi, par » une perte totale et par lanéantissement de notre )) propre fond , pour nous convertir en notre )) Seigneur, devons-nous n'avoir de l'homme que » l'apparence et les dehors; mais par la vertu de » la foi, tout l'esprit, toutes les inclinations, toute » la vie de Jésus- Christ. C'est la vocation d'un )) chrétien d'être mort à soi, à 'toute créature, » pour vivre caché en Jésus-Christ. » Mortui estis j et vita vestra abscondita est cum Chrislo in Deo, ...