‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 126 sur 205 · LIVRE VII, ClIAP. m. S^î · texte numérisé non relu

LIVRE VII, ClIAP. m. S^î

» son service, lorsque le cbef, qui doit élre un » (lambeau, et soufîlor le feu divin par ses orai- » sons, ses enlreliens et ses œuvres, se trouve » dans la langueur, en sorte que Ton puisse lui » appliquer ces paroles de l'Ecriture : Onine cor » mœrens , omne caput languidum. Tout le corps » s'en ressent. Dieu avoit mis son esprit en lui, » pour allumer sa charité dans tous les membres. » Mais comment écliauft'era-t-il les autres, dès » qu'il est lui-même sans chaleur ? et comment yi portera-t-il dans les anios le feu de la charité^ » s'il est tout de glace? Au contraire, c'est uno » merveille dans l'Eglise, que cette dilatation de » charité qu'opère la communion des saints. Uno » ame qui croît en fervenr, enrichit toute l'Eglise^ » en augmentant les flammes de l'amour divia » dans ses membres, comme un membre glacé lo » refroidit. Par-là, on comprend aisément le sujet » des larmes de tant de saintes amcs qui s'accu- » soient des crimes de leurs frères et s'en disodent >» coupables, parce que, disoient -elles, si elles » eussent augmenté en amour, ils s'en seroient » ressentis et eussent été fortifiés dans la crainte » de Dieu^ au lieu que leur langueur a produit en )) eux cette tiédeur et cette foiblesse qui les a » conduits enfin dans le péché. .

J'ai eu, ajoute-t-il, le bonheur de ressentir w mon ame aujourd'hui présente à quelques-uns » que j'aime en notre Seigneur; et il m'a fait cette » miséricorde, de les échauffer de son amour, co » qui se fait sans avoir besoin de leur être présent » de corps. Tout au contraire, il vaut mieux ne

» 1rs point voir, ni converser avec elles, sans un )> besoin exprès. On en devient plus fort, et la » charité en devient plus parfaite , parce qu'on » demeure plus perdu en Dieu, en l'union duquel » il Paul ai;ir pour ope'rcr le bien spirituel de ses » frères. Par la pre'sence corporelle, on s'épanche )) l'un dans l'autre, même en communiquant des » choses les plus intérieures. On se répand en M affections sensibles, parce qu'on suit, presque )) sans y prendre garde, les impressions de son i) cœur de chair ; et ainsi l'on sort de Dieu , » à mesure qu'on se laisse attirer à la créature. » L'ame doit donc toujours se tenir en Dieu, e^ » s'éloigner autant qu'elle peut des occasions, ou/ )) trouvant son propre agrément à s'épancher avi^- » dehors, elle ne peut manquer de se refroidir, » Elie est déjà si froide par elle-même, que pour )) peu qu'elle sorte de la fournaise de charité qui )) est en Dieu et ne peut être hors de lui, il faut » qu'elle souffre un grand dommage, et qu'elle » perde beaucoup de sa chaleur, comme le fer, si )) froid de sa nalure, lorsqu'on le retire du four- » neau. Les créatures avec qui l'on converse ont M beau être saintes, elles ont toujours la maliguô )) propriété d'engendrer je ne sais quel sentiment » de plaisir qui attiédit Tame en affectant lo » cœur. On profitera bien davantage, si on va >) puiser en Dieu seul, source immense de tout » biori , où l'on trouve sans péril ce que les créa-^.. )) turcs ne peuvent donner qu'avec perte du pu», » amour. C'est l'état des ames choisies que Dieu )) appelle à cette union intime et sans alliage de

ï) raffeclion humaine, où Ton possède Dieu poui; » toutj mais Dieu uniquement, mais Dieu en luin même et pour Ini-méme^ mais Die|i sans 4ivir M flion et MHS partage .

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