‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 127 sur 205 · CHAPITRE Vf · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vf

. Sblon la doctrine de saint Jean ^ Je disciple bien-aimé du Sauveur , on ne peut mieux con-

noître si Ton aime Dieu et jusquoù on l'aime, que par les oiEces^ de charité ^uVin rend au pro^ cbain* D'après ce principe , qu'il ayoit appris de la bouche même de Jésus- Christ , il est aisé de découvrir^ dans la conduis 4e AL 01ier,.uap di^kritë vraiment héroïque. On en jugera par Icyi trails, en grattd noinbre, que je vais rapporter, et que j^ai pris soit dans les Mémoires de M. de Breloavill^r^ , ^it dans ^es prpprt^s écrits. Ce qu'on y remarque d'abord ep niille endkoits^ c'est la plus tevdre affection pour l'Eglise et pour tous ses membres, mais surtout pour les communautés occlésiastiques et les ordres religieux* Souverain* .nement éloigné de cet esprit de parti qui porte envie au Uen que l'on voit fiiire aux autres et à la réputation qu'ils se sont acquise , jamais il ne sentoit plus de plaisir, quf lorsqu'il voyoit les différentes sociétés , qui , comme les diverses tribus de l'ancien peuple, composent le pouplo chrétien^ et marchent sous un même chef à la.

876 VIE DE M. OLIEB.

conquête du royaume éternel, se rendre utile^ à l'Eglise ou à TEtat , et mériter par leurs services Feslime publique. Il n'a voit rien plus à cœur que de> conserver avec toutes les congrégations des diverse ordres, l'union la plus inaltérable; et ne craignoit rien tant que de les voir dégénérer de leur première ftTvcur, et perdre ainsi la considération , le respect et la vénération dont elles jouissoient.iv Dans le désir de les voir toujours florissantes, il^ atlrcssoit au ciel les plus ardentes prières pour la conservation et le maintien de l'esprit de leur institut, sans lequel il étoit impossible que les monastères ne tombassent bientôt en ruine. ' *^ « Pendant les incertitudes où j'étois , dit-il, sur )> ma vocation, étant encore jeune, j'eus quelques >) mouvemcns et inclinations pour un autre ordre ♦ » que celui des Chartreux. Je m y présentois quel- )) quefois pour être reçu; mais ce sentiment no, » durant pas, je cessai mes poursuites^ conser-x » vaut une grande aflection et pour leur fonda- 1 >y teur et pour tout l'ordre. Entendant dire par-^ ^ » tout , dans les premières années qui suivirent » mon ordination à la prêtrise, qu'il commençoit *n )) à déchoir, je me sentis porté et comme obligé, r » au jour de la fcle de leur saint patron, de dire *. » pendant toute l'octave la sainte messe , pour^^ )) demandera Dieu le renouvellement de son esprit . » dans ses eofans. Après Toctave, pendant que je < i) priois à Notr(^Dame, je vis notre Seigneur assi» - » sur son trône, et la sainte Vierge debout à son V» côté, qui intercédoit pour cet ordre, et qui lui )) recommandoit particulièrement douze reli- » gieux. Il leur donna sa bénédiction. J'eus la

iiviiE yii, CHÀP. IV. 377* >y-Qônfiance cpie notre Seigneur les bénissoit pour ' )ï.qa'ils. travailkfisent Ji-télablir Fespnt dtt saint )r foiidtttéiir et de sa première isstitiition ; ce qttdr^ » je le prie de tout mon cœur d'exécuter par sa'l Il grâce, à la. gloire deUliieu son Père rr Coniidéraiit dans la 'Sainte Eglise- la irariété des.lordres qui la seryeDt^ et l'unitë d'esprit, de fin ^ comme Tuniformité de maximes qui les dirigeiit^ M. Olier regardoit la ebarité du Père , câeate^et l'amour de notre Seigneur an saint sa^^^ crement de l'autel ^ •comme le principe et le lien* de cette parfaite union, qui est l'image de celle dea saints dans la gloire, a Chose àdifiMUé, <^ » soit-'ily dana KEgKsé il n'y » pins ni Ijaif , n) )) Gentil, ni Scythe, ni Barbare ! Nulle diversité » d'esprit et de vi^es dans la diversité des mœûrs » et des réglemens pratiquas par -les p^élres et ' » les religieux- Tbtts ne font qu'on;* Quoique Fés^' » térieur soit diffe'rent ^ Famé , qui donne le mou* XI Y^ent à .ces diilérens cor.p s , est la méme^ Fasse • » loL^'dafcifMdkt^ei^ teujours en ufiiôn

»^ àÊ^*%e8^tim^êBKk*, i^^ Dieu â

)) choisies pour le secourir et pour lui servir de >} supplément dans les jouss de la désolation .de » l'£gtise, Hélaê^^k^^ff^^^^^

rite, en simplicité, en huînriilriii^ lAèè^te » est ^agué. Rien ne résiste à l'esprit de Dieu ; il

est le centre où tout vient se réunir. On n'est ««plus qu'un en. lui ». . 1

Quoique M. Olier fût rempli d'estime et d'a^ fection pour tous les ordres religieux et pour toutes les congrégations qui servent l'Eglise , il avoit des Maiseos fort étroites areo IWdre de saial

3j8 .VIE DE M. OLIEn.

Benoît, dont il no parloit jamais qu'avec une ve-f nération singulière. Il éloit aussi lié intimement avec MM. les prêtres de la con^'régation de la Mission et les re'vércnds Pères de FOratoirc. Il honoroit et il ainioit les uns et les autres commo ses pères, depuis les grands services qu'il avoit reçus de saint Vincent de Paul et du P. de Condren. Il regardoit sa compagnie comme un petit rejeton de ces deux grands arbres , s'eslimant trop heureux d'aller glaner dans la champ de TEglisc, et d'y ramasser quelques épis, après de si habiles moissonneurs. ' ^ Il travailloit surtout à établir une parfaite charité dans le cœur des prêtres qu'il avoit formés, et qui vivoient sous sa conduite. Il les exhorloit à vivre ensemble avec beaucoup de simplicité , à se traiter les uns les autres avec une grande ouverture, et avec toute la cordialité que se doivent réciproquement des amis et des frères. Il leur recommandoit de n'avoir tous qu'un cœur et qu'une ame, et de se revêtir des mœurs, des senti mens , de la douceur et de la charité de Jésus- Christ : maximes qu'il enseignoit autant par ses exemples que par ses discours. On n'a jamais vu personne montrer plus d'afliabillté , plus d'inclination à servir tout le monde, ni plus de compassion sur les besoins et les misères du prochani. C'est le témoignage qu'en ont rendu tous ceux qui l'ont fréquenté, surtout ceux qui l'ont accompagné dans les visites qu'il rendoit aux malades et aux pauvres. Il avoit pour ceux-ci un cœur de père. Il les a toujours secourus avec tant de générosité et d'affection; qu'à voir tout oe qu'il fai-

LIVRE VU, cijAP. ir. ô-jg soit pour eux , on eût dit qu'il s'étoit d,évouë uui^ quemcnt à leur service. Car, sans parler de la charité et de l'assiduité avec laquelle il les instruisoit en toute occasion , il lui étoit ordinaire de les servir a table, de manger leurs restes, et de baiser leurs pieds. On Fa vu plusieurs fois coller sa bouche sur leurs plaies. Quand il ne pouvoit les approcher, il faisoit en esprit ce qu'il ne pouvoit faire réellement, les honorant et les chérissant comme les membres de notre Seigneur.

Jamais personne n'a mieux fait voir combien la charité est patiente au milieu des rebuts. JElle souffre tout, dit l'apôtre, elle endure tout. M. Oliereu donna mille preuves dans sa conduite. Un jour qu'il catéchisoit un pauvre à la porte de Notre-Dame, un homme fort bien vétu s'approcha d'un domestique qui le suivoit , et lui dit : Tu diras à ton mailre qu'il est un fou. M. Olier, qui l'a voit entendu sans en rien faire paroitre, continua d'instruire ce mendiant avec une douceur et une charité capables de faire tomber à ses pieds, par respect, celui qui l'oulrageoit ainsi s'il avoitsu estimer la vertu, ll.n'étoit pas rare d'entendre des personnes du monde le traiter d'homme simple qui avoit perdu l'esprit. « A quoi ponse-t-il, » disoit-on, de s'amuser ainsi avec la populace »? Mais ni ces discours, ni beaucoup d'autres encore plus injurieux, ne pouvoient lui faire abandonner le service des pauvres.

»i Une personne de condition qui l'accompagnoit quelquefois, mais qui étoit peu avancée dans la pratique des maximes de l'Evangile, avoit honte de paroître dans la compagnie des pauvres qu'il

380 VIE DE M. OLTER. :

catechisoit, et se cachoit à Tentréc de la première iMaisou ^ lorsqu'elle apercevoit quelqu'un de sa counoissance. M. Olier , au contraire, n'ëtoit jamais plus hardi à faire le bien, qu'en pareille con^ jonctùré. Il .disoit que c'ëtoit une chose indign© d'un chre'tien, que d'avoir honte de faire unebonne action ; et que Jésus-Christ n'ayant pas rougi de nous avouer pour ses membres, en 1» pre'sence de son Père; à plu« forte raison, noua, ne devions pas rougir de reconnoître les pauvres pour nos frères devant les hommes. A ce sujet , il faisoit une belle réflexion ; c'est que les pauvres ressemblent au saint sacrement: car, aux yeux de la chair, rien de plus commun qu'un peu de pain, mais aux yeux de la foi , rien de plus auguste niC. de plus grand sur la terre ou dans le ciel , que., ce qu'il contient; puisque c'est Jésus-Christ méme= avec toute sa gloire et toutes ses richesses. Il er^^ est ainsi du pauvre, dont l'extérieur nous rebute, et qui semble être la chose du monde la plus-' abjecte ; mais si avec la luiiiièiîe divine nous pénétrons au-delà de ce qucTBous voyons des yeuxj^ du corps ^ le même Dieu qui règne dans lejs cieux/ et qui conserve i'univers par sa toute-puissance^ ^nous l'e verrons caché sous ces haillons en quelqua. sorte, comme sous les espèces du très-saint sacrement, selon ce qu'il nous dit : u Ce que vous H-avez fait à un de mes membres, c'est à moi quo » vous l'ave/t fait (0 ».

Il ne savoit ce qu'il falloit admirer le plus, da^' lacharité duFils de Dieu dans la sainte eucharistie, ou de son humilité dans la personne des pauvresw^

(0 fl/atl. xxY. \o.

LivuE VII, cHAp. IV. 38 r

<( Il est daas ce divin sacremont^ 4içqi&Hd>iComme )) un grand roi qui distribue ses gr&ce$ » pu comme w un père qui enrichit ses enfans. Dans le pauvre, » il y est comme! paaiiquant de tout et demandant )> PaumÔoe; mais il y est 'égalem^t.]^iL de cbar » litë , ne demandant que pou|r 4<NiP6r, et ne i) recevant que pour enrichir ». Aussi montra- t-il un jour combien il honproit les paiiyres^ ou plutôt notre. Seigneur cadM ' les> pauvres icomme dans- le très-^samt sacrement. Ce fut 9a moment de son arrivée dans la ville de Saint-Claude. Sa première visite, selon sa coutume, fut à l'église pour y adbrei; JésQs^jCjbtrist ^ 4ç jà; ii.se if^ij^ aussitôt à l'hôpital , âiàant qu'aptes^avoir ténaà ses devoirs à notre Seli^neur résidant sur son trône d'amour, il falloit le ^yisiteç; dau^ la personne des pauvres, où il demeurpit caché, Enfini cVtoit dans sa pensëe une étrange- ingratitude, qu'un Loinme eut la main fermée pour Dieu, qui lui demandoit paj; la bouche des pauvres,^ Iprsqne Jésus-Christ avoit les siennes toujours ouvertes pour donner ce qu'il a de plus- cher, et de plus précieux. .

Plein de ces sentimens , parce qu'il étoit pleia de foi et de charité , M. Oiier reDdott aux pauvres tous les services qu'ils pouvoient en attendre, comme aux membres et aux amis de son maître. Sa maison étoit cette grande salle ou l'hommé de l'Evangile rassembloit toute espèce de miséra^blesl, les boiteux, les sourds , les aveugles , les inGrraes. On en voyoit se rendre chez lui en foule, les uns appuyés sur des potenees ^ et traînant avec peine an corps à demi brisé ; les Autres presque

sans vêtement, et exhaL-int la mauvaise odeur qui s'attache à rindigence. Non-seulement il les recevoit avec la douceur et rafTabilité d'un père qui fait accueil à ses enfans, mais il les invitoit, alloit au-devant d'eux , et les cherchoit pour leur fournir toutes sortes de secours corporels et spirituels. 11 n'y avoit pas un an qu'il étoit curé dé Saint-Sulpice, lorsque sa tendre compassion pouif les* malheureux lui fit étabhr une confrérie de charité, dont il Iraça lui-même lesréglemens. On les conserve imprimés au presbytère. C'est un des monumens les plus précieux du zèle de l'homme' de Dieu pour le soulagement des pauvres f 0. ^ 11 ne se contenta pas de leur faire du bien pen-*^ dant sa vie, il voulut encore les servir après la mort, et médita long-temps les moyens de per-* pétuer , autant qu'il étoit possible , les secours qu'ils Irouvoient toujours dans ses mains. Pour y réussir, outre la confrérie dont je viens de parler il pensa à former dans sa paroisse une compagnie de dames aussi vertueuses qne puissantes , qui toutes dévouées au service des pauvres honteux, dévoient les assister avec discernement , et qui, en les visitant ou en les faisant visiter, pour prendre connoissauce de leur conduite, étendroient Icut' charité jusqu'à leur procurer des secours pour le salut. Après avoir long-temps recommandé son projet à Dieu, il le communiqua à quelques personnes de piété, et les exhorta à y coopérer avec lui. Il ne fut pas secondé d'abord comme il le dé* siroit^ il trouva même dans plusieurs beaucoup

(0 Voyez la collection imprimée des Bemarques historiques sur, "/a paroisse de Saint-Sulpice , lom. il , a." pnrt. justiu'à la pag. II.

LIVRE VII, cHAp. ir. 38â • d'opposition à ses vues; mais après quelques lenteurs^ il eut la consolation de les voir concourir à son entreprise , et l'appuyer de tout leur pouvoir. L'assemblée de charité, composée enfin selon son plan, commença ses séances et ses délibérations Tan iGji , avec un applaudissement universel et une abondance de bénédictions dont il ne pouvoit assez louer Dieu, ni ténioi^^mer assez sa joie. On sait combien cette anné> < 'a^^uivante lurent désastreuses, par l'extrémité où la famine réduisit un grand nombre des habilans de la capital;. Beaucoup d'artisans du faubourg Saint- Germain y auparavant fort aisés , se vojoient obligés de coucher sur la paille, et vivaient de la chair des chevaux qu'on traînoit à la voirie. Les premiers soins de la compagnie de charité établie par M. Olier, furent de vérifier le rôle dos pauvres houtLUX. On trouva huit cent soixante-six familles dont l'indigence éloit si affreuse, qu'aucune 'des relations venues de Picardie, de Champagne ej des autres provinces de la France, ravagées par la guerre, ne préseutoit rien de plus elfrayant. ( Ce sont les termes des paroissiens qui furent chargés de la visite générale.) On en vil beaucoup qui n'avoienl même pas de paille pour se coucher; d'autres languissoient dans de mauvais lits, et vôyoient languir ou expirer à leurs côtés deux ou trois enfaus qu'ils ne pouvoient, manquant de pain, arracher des bras de la mort. Plusieurs de ceux qui, avant cette calamité, se trou-

A'oientenélatdesecourirlesfamilles sans ressources, faute de vétemens, trainoient leurs jours dans des {jreniersoudes caveaux^ sans oser en sortir^ même

'384 VIE DE M. OLIER.t ' * '

pour assister à la messe. Dans le quartier des Iri- ^curables, on en rencontra qui avoient passé plusieurs jours sans manger. Quelques-uns vivoient d'un peu de son cuit dans de Teau de morue , et li'avoient pour adoucir l'aigreur de leur pain , que 4a chair d'animaux qu'ils alloient ramasser dans les chemins ou hors des murs de la ville. Les moïiumens déposés dans les archives de la paroisse^ qui m'ont fourni ce délail, apprennent encore qu on trouva desenfans, qui, faute de lait, que les mères n'étoient plus capables de leur donner-, ,tant elles étoienl desséchées par les ardeurs de la faim, tiroient le sang de leurs mamelles, et se sentoient plutôt défaillir que revivre sur leur sein. Enfin le désespoir de survivre à leurs maux , et ^d'être témoins des derniers soupirs de leurs enfans, .;porta des pères et mères à se pendre au plancher de leur chambre, où ils eussent été sulTo- ^qués sans de prompts secours. Voilà ce qu'ont déclaré et attesté par écrit des témoins irrépro- ^diables, choisis par M. Olier lui-même pour fay^e ^ Aa visite de sa paroisse.

Ce lut cette désolation qui Tanima à redoubler ses soins pour former la célèbre compagnie à laquelle tant de malheureux durent le salut de leur corps et celui de leur anie. Les personnes les plus distinguées voulurent avoir part à cette grande œuvre , qui s'est perpétuée jusqu'à ce ,jour, et à l'exemple de laquelle on a vu naître successivement , dans les différentes paroisses de Paris, plusieurs autres compagnies de char xité, qui, uniquement dirigées par la religion^, toujours ennemie de l'ostentation et du faste ^

^ répandent

répandent sans bruit , comme ssuis appareil , des bîems infinis/ dana. le sein des pauvres; G'ëfoit ce qu'avoit prëv^a le serviteiir de Dien y lorsqn'fl disoit un jour à M* de Breton villicrs : « » que Dieu se /servira de cette compagnie pour .» donner à. d'antres paroissesi la pensée d'en D Cormer de semblables jî. Il traça ^ poar cette Ipiettse société , des réglemens qui ont encore .servi de modèle à plusieurs autres établies ^anis cette ville . » . . . •

Le sort des enfans orplielins affectoil trop ses entrailles , pour ne pas lui inspirer une sollicitude rtonte particulière. Aussi le vit-én v^^eû - otàmpét avec un tendre empressements a II faut, disbit-îl-^ » leur porter du secours avec d'autant plus do >) zile, qu'ils sont privés de toute assistance et ji incapaj^les de se secourir eux-mêmes >!; Dieu bénit teUement ses démarches^ qu'il obtint d'un riche habitant de la paroisse , une maison propre à loget un nombre d'enians assez oensidërable^ à qui il procura y avec une édilcation chrétienne^ les moyens de subsister de leur travail. Cet éta**blissement s'est beaucoup perfectionné par les soins qu'en ont pris les successeurs de M. Oiier| et il en est peu ^ dans la capitale, qui fii^ pli^f honorer la philosophie de FËvangile. »

On a déjà vu, en plus d'un endroit de cette vie', combien l'amour que portoit le>erviteur de Dieu à l'Eglise de Jésus^Christ, le rendoit 'zâé et*iah dastrieux à lui former de bons ministres. G'étôît le principal objet de sa charité , parce qu'il regar^

" (i) Ib M trooranft^ttif It iccMÎl cHé ci-dcisns» deipois la ptfg* i8

386 VIE DE M. OLlEt.

doit réducation.des jeunes clercs comme la première de toutes les œuvres. Depuis qu'il avoit été appelé au sacerdoce, il nioatra toujours la plus tendre affection pour cette portion du troupeau du souverain pasteur des ames : sentiment que ni le temps, ni la multitude de ses occupations n'affoiblirent jamais. Ecrivant en i653 à M. de Breton viiliers, « Cest une chose si rare , lui disoil- H il, et si recherchée partout, dans les diocèses » d'où je viens , que des sujets véritablement » appelés de Dieu pour le service des peuples , » que nous devons, je crois, bénir Dieu de tout » notre cœur, de nous envoyer avec tant d'amour tï et de libéralité, des enfans de bénédiction dont » il tient privées universellement des provinces » entières. Abîmons-nous dans notre indignité, p lorsque nous les servons j et croyons-nous rede- » vables à des élèves si chers à l'Eglise , des grâces )) que Dieu nous fait j car il les répand sur nous , » pour que nous leur rendions service, comme à h ceux qui méritent le plus tous nos soins ».

Je ne puis m'empêchcr de faire ici une réflexion qui pourra €tre de quelque utilité, et que je prie le Seigneur de dire servir à sa gloire. Aujourd'hui que la 4ifficulté extrême d'assurer une bonne éducation aux enfans fait le désespoir des parcns chrétiens , et que de toutes parts on invoque le ciel et la terre pour trouver le remède à la plaie générait-; que ne doivent pas tenter ceux qui aiment Jésus-Christ et son Eglise , pour préserver dès le bt rceau , s il est possible, les enfans destinés au sa c^-rdoce, delà corruption des mœurs si universellement répandue ! Quels vœux ne formcroit pas M. Olier , s'il étoit

Page 1