‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 128 sur 205 · LIVRE VII, CHÀP. ÎV · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CHÀP. ÎV

au miliea de nous ? et quel exercice ne donneroit* il pas à son zèle, pour engendrer de dignes ministres du Seigneur : seul moyen de ramenor les beaux jours du christianisme, ou au moins de diminuer le torrent des scandales, qui a franchi toutes les bornes ? On ne manque pas de séminaires pour les clercs qui se disposent aux saints ordres : mais depuis que^ par un progrès du mal qui est sans exemple dans les siècles passés, le vice ne respecte plus l'innocence et la simplicité de râge le plus tendre, peut-on venir trop tôt au secours des enfans en qui Ton découvre de l'inclination et des dispositions pour la sainte cléricature ? Les Pères du saint concile de Trente ont désiré ardëmment qu'on recueillit les élèves du sanctuaire dès Tage de douze ans, et qu'on les confiât à des ecclésiastiques remplis de lumière^ de piété, de sagesse et de zèle, qui leur fissent sucer le lait de la vertu avec celui de la bonne doctrine. De tous les genres d'institution , il n'en est point qu'il importe tant de multiplier, surtout dans la capitale , celle de toutes les villes du royaume qui depuis trente ans est devenue la plus stéûle en sujets dignes de servir l'Eglise. Dans la disette actuelle, plus il a été nécessaire de confier le gouvernement des paroisses de Paris à des prêtres étrangers, plus le sort des enfans qui doivent y former la génération future a de quoi intéresser le zèle des curés, et réclamer tous leurs * efforts. La plupart d'entre eux et de leurs coopérateurs sont nés dans les provinces; ce qu'on ne voyoit pas avant la génération actuelle, parce que le premier diocèse du royaume étoil riche de son

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ptopee fonds en ouwiers^avans et vertueux. Dieu veuille inspi rer ami pérabni^es puissàntesJa^pensëe et la volonté de concourir à la reno^tibn dô lâ jeunesse 9 de celle principalement qui est destinéé à ser^t dans le sanctuaire ; car le salut de tout lé^WMpeau est cofliiiB^'ij^or^ gouverné qrie par de saînt«>p«sï«nr8. On >«e peut donc IBieux Iravailler pour le bien de l Eglise et de l'EU tat, qu en formant , en faveur des humanistes qui aspirent à la cMricattti;e| da çeti^ ^oflloiiiBaji^ sagement dirigées pac des ^niattres Q|B%fÉéai^t guidés par le pur désir de la gloire de Dieu. Il n'est pointd'entreprise plus digne d'intëres&er les grands sâat«ttrs du bien pi^c, c'est-à-dire , céiix qui^ en étudiant moins les systèmes nofiMeanx qui la morale sublime de TEvangilc , soit dans sa 80u^CQ> spilrdiuif qi4y;ijages qui ea sont comme volant dexTu^ lei^amp de FEglise, y ont appris, à. é^diei^:«t j^MMH^ avant tout cette leçon capitale du'Sau-

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^^^l^%ati^tXtenw\M 1» avec plaisir, dans le Journal

'^étotëkaslitfuei une observation digne de Tanteur de cet ouvrage. .ifL Fabbé Barruel.) Après avoir raadii pam^ ij^ifiia lettre an clergé exUaordinairement assemblé , où Ton propose l'usage qu il f.mdroit laire des biens'dcs moTiaslères supprimés déjà ou à snppntuer, il ÎPoTiue à son tour un vœu qui est celui de tous les vrais enfans de TEglise, et de tous les vrais amis de TElat : « Je désirerois bien , » dil-il , eL il me semble que Tétat actuel des choses exigeroit assCS que quelqu'un pensai aussi à destiner une partie do «C8 bîeiiB , » que Ton a*ob8tiiw à regarder déîà cooMDe VMaDS» m profit de M rédncation de la jenncase. QmktaeaHins de ces moiuut^ea ne » ponrroient-ib pas être consacrés à former un corps d'ecclésias- » Uqnes enseignans » élevée de manière à remplir une fonction si » aÂIle? U rdtigion et fEiat poarrmciit en peu de téspe J W^^^

LITRE Yll, CHÀF. IT. 38(^

La charité de M. Olier ne se raontroit pa*

moins dans les occasions particulières de soulager le prochain, que dans les besoins f^eneraux et les grandes calamite's. Pendant le dernier se' jour qu'il fit au Puy, M. de Beget, chanoine de la cathë^ drale, lui fit counoître la pauvreté d'un prêtre qui n'avoit qu'une trcs-mauvaise soutane. Il lui remit aussitôt la sienne, en le priant de ne pas faire connoître celui qui la donnoit. M. de Beget, qui avoit déjà beaucoup d'estime et de vénération pour M. Olier, voulut, par respect même pour tout ce qui lui appartcnoit, garder cet habit que sa charité lui avoit fait tomber entre les mains, et il en donna au prêtre une autre de même valeur. Notre Seigneur permit cet événement pour faire voir un jour combien la charité de son serviteur lui avoit été agréable ; car, après sa mort, plusieurs miracles ont été opérés par l'attouchement de cette même soutane, qu'on fut oblige de partager en une infinité de morceaux : tant les pieux habitans de cette ville étoient jaloux d'en posséder au moins quelques parcelles. On remarqua encore un autre trait de son affection pour les pauvres. Comme il demeurait à l'évêché, et que tous les jours il passoit par la cour qui séparoit le palais épiscopal de l'église cathédrale, jamais il ne manquott de donner l'aumône de sa propre main à un très-grand nombre de mendians qui se rassembloient autour de lui, comme

ï) beaucoup. Puisse Tange qui Teille sur la France, inspirer des proj> jets qui nous prépareni une génération plus sainte , et les cour y» dmre enfin à une parfiùte «xécuiioa » I Journal ccclc'siasUque. Juillet lyfid, p. 376.

SgO VIB DE M. OLIER.

des cnfans autour de leur père , au moment qu'il sortoit. Jamais on ne vit pratiquer avec plus d'effusion de cœur celte maxime de l'Esprit saint, qui doit être chère surtout aux ministres de Jésus- Christ : Rendez^vous affable dans V assemblée des indigens CO. Aussi, dans la ville, toutes les bouches le bénissoient à l'envi, comme le père des pauvres ; et c'étoit l'éloge qu'il entendoit répéter lui-même partout où il alloit. > > Un jour, étant à Montferrand, il vit passer une grande foule à la suite d'un malheureux que l'on conduisoit en prison , pour une dette de soixante écus à laquelle il n'avoit pu faire honneur. £mu de compassion, il se fit donner sur-le-champ des éclaircissemens sur cette affaire; et dès qu'il eut appris que tout le crime de celui qu'on venoit de saisir étoit l'indigence, il le fit délivrer en payant aussitôt la somme qu'il devoit. « Jp Tai » vu, dit M. de Bretonvilliers , donner en ma M présence une grosse somme à un gentilhomme M de sa paroisse, qui vint lui découvrir la misé- » rable situation où il étoit réduit ; et si quelque- » fois il se trouvoil sans argent, lorsqu'on venoit » lui demander quelque secours, il donnoit sur— » Ic-champ ce qu'il avoit sur lui , comme un livre, » un mouchoir, ou autre chose qu'on pouvoit >) vendre pour avoir du pain ».

Dans un de ses premiers voyages en Auvergne^ Dieu récompensa une fois sa charité par Aie assistance et une guérison bien remarquable. Sa mère ayant su qu'd y étoit malade se rendit promptemcut auprès de lui, comme je l'ai dit àu livre ii, pour lui

(0 Çongregationi pauperum affabilem te facito, Eccli. iv. 7. ^

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