LIVRE VII, CHAP. IV. 3gi
porter des secours, tt se consoler, dan? sa compagnie , de rafiligeante nouvelle qu^elle vonoit d'apprendre. A quelque distance de la maison oA elle le croyoit encore étendu sur un Ut de douleur^ . elle fut bien surprise de le voir arriver à sa rencontre, accompagné d'une troupe nombreuse de pauvres. « C'est chose admirable, dit-il lui- )) même, que ma mère étant venue en A.nvergne M avec le plus grand empressement, fort inquiète » sur ma santé, elle me trouva guéri par le secours » de Dieu. Pour lui montrer qurl étoil celui à » qui je devois ma guérison , et qui vouloit me » garder à son service, je menai au-devant dVllo » ses serviteurs et ses membres* Je lui présentai » trois à quatre cents pauvres, qui me suivirent » hors de la ville. Là, elle vit l'amour etlaftectioa » qu'ils me portaient. Elle vit encore que le mé- » decin qui m'avoit rendu une santé si prompte )) étoit notre Seigneur. Ce que toute ma famille )) n'auroit pu me rendre, avec tout son argent )) et tous ^s soins, je Ta vois obtenu par les prières » des pauvres , ses amis les plus chers. Je bénis » Dieu qui daigne ainsi prendre soin de con- » server les siens, quoique très-misérables et très- » infidèles ».
a Je lui ai ouï dire une fois, (ce sont les paroles n de M. de Breton vil! iers) queit^s pauvres Soient » une véritable échelle du paradis, comme ceHe » de Jacob , où nos anges montent pour aller pré- )) senter à Dien nos aumônes, et descendant ponr » nous apporter des trésors de grâce. Si Ton » savoit, ajoutoit-il, les biens que nous nous pro- » curons par l'aumône^ et rbonueur que Dieu nous
Bg^ ▼IB DE M. OLIER.
» fait de vouloir bien accepter quelque cLose de » nous j il n'en est pas un seul qui ne donnât tout i) ce qu'on lui demande, et qui osât jamais rien j) refuser à un pauvre. En recevant de notre main, v Dieu s'oblige à nous donner le centuple; sa pa- » rôle y est engagée. Il nous demande peu, dans ».le dessein toujours de nous donner beaucoup, )) Pour devenir riche, le monde amasse; avec Dieu » c'est tout le contraire : le moyen de s'enrichir v est de se dépouiller de tout et de tout donner ».
11 vouloit qu'après avoir donné l'aumône, on rendît grâces au Seigneur de ce qu'il n'a voit pas dédaigné de recevoir quelque chose de nous , lui à qui appartient l'univers, avec toutes les richesses qu'il renferme. ,11 comparoit Jésus-Christ ' à un bon père qui , voulant connoître l'amour de ses cnfans , \vur confie une portion de ses biens , feignant ensuite d'être pauvre, pour voir s'ils l'assisteront : ainsi notre Seigneur, après avoir fait le ciel et la terre, a donné celle-ci aux hommes; puis se cachant sous les vils habits dui(piuvre, il demande l'aumone à ceux qu'il a comblés de biens , et qui tiennent tout de sa libéralité. « Quelle j) honte à un chrétien au jour du jugement, di- » soit-il, d'avoir refusé à Dieu un peu d'argent,
on rien,- à lui qui, dès auparavant la création » du monde, avoit préparé à l'homnie les biens » immenses du paradis »! *•
Un jour, pendant l'octave de Noël, quelqu'un' 3e sa cdmpagnîb parlant du mystère d'un Dieu fiait homme , admiroit l'humilité de notre Seigneurdans la dépendance où il avoit voulu vivre de la'^ $9,iu\fi Vierge, ^jusqu'à recevoir d'elle tous Ica