LIVRE VII, CHAP. V
lices sur la terre , comme il fait ses délices d'habiter en son Père. Il ajoutoit que le sein du prêtre dcvoit être toujours ouvert à Jésus-Christ, et se^ dilater sans cesse pour le recevoir aussi souvent , * et le posséder aussi intimement qu'il le désiroit ; ' que le cœur de Jésus étant si vaste , puisqu'il est imji^ense, il demandoit aussi dans les prêtres une ame capable, par lardeur et l'étendue de ses désirs, de le recevoir avec tous ses trésors, et seloa la magnificence dont veut user un si grand Roi' en faveur de ceux qu'il honore de sa confiance et^ qu'iVrevêt de son autorité; que le cœur d'un prêtre^ dcvoit encore être un temple où tous les jours Jésus-Christ ofiVit à son Père des sacrifices de louange, et immolât intérieurement quelque vic-^ time à sa gloire ; qu'enfin il devoit être lui-même une victime d'araOur, et ressembler aune fournaise dont la chaleur se fait sentir à tous ceux qui en approchent.
w Un prêtre, disoit-il, doit être un feu si ar- » dent, qu'il consume toutes les imperfections de )) ceux avec qui il vit. Il doit être si saint, et )) pour ainsi dire si divin, que sa religion attire » en lui Jésus-Christ, jusqu'à lui faire désirer ar- » demment de venir dans son ame, comme dans » le lieu de sa joie et de ses complaisances. Si » tous les chrétiens doivent être saints, car c'étoit » leur premier nom , vocatis sanctis, combien » plus, concluoit - il , doivent J'être ceux qui ' )) entrent tous les jours dans le Saint des saints! £t » si autrefois le grand-prêtre,* pour entrer un seul ' » jour dans' toute l'année en un lieu qui n'éloit )} que la figure de celui où nous entrons tous les
4lO VIB DE M. OLICR,
H jours y se séparoit si soigneusement de tout» ' 1) créature pour être tout appliqué à Dieu , coin-< » hiea plus les prêtres doivent-ils se sanctifier , ea v se séparant du monde ^ et en renonçant à tout^ » d'esprit et de cœur, pourne s'attacher qu'à Dieu V seul 1 » • Convaincu que rien ne contribue tant à la gl^^ire de Dieu et à l'accroissement de la religion , quo la sainteté de ses ministres y M. Olier ne cessoit de former les vœux les plus ardens pour qu'il plût au ciel dê renouveler l'esprit de ferveur dans le clergé. a Je crois , disoit-il à ses prêtres , que nous de- )) vons, dans ces malheureux temps, prier beau- » coup pour l'Eglise, et demander instamment à )) Dieu qu'il fasse revivre la piété en beaucoup de lieux ou l'on diroit presque qu'elle est non- » seulement afFoiblie et languissante , mais entiè- » rement éteinte et abolie. C'est le défaut de reli- » gion qui laisse déchoir en tant d'endroits des » villes et des campagnes la beauté des églises, la 1) décoration des autels , le respect du au saint sa- ^) crifice , la gravité du chant, la majesté des céré-
. 3) monies; la sainteté des prélats, la décence, la » modestie et la vie édifiante des autres ministres : )) la richesse et la propreté des ornemcns , le soin )) des vases ou instrumens qui touchent de plus » près la personne adorable du Sauveur, comme j) les ciboires, les calices, les soleils, et leela^pes " i) qui doivent brûler jour et nuit devant sa sainte )) présence. Demandons beaucoup à Dieu qu'il » rétablisse dans tdut le monde chrétien la di-
:V gnité du culte extérieur j mais qu'il lui plaise avant toutes choses reformer dan§ les ecclé-
LIVUB TII, CHAP. y. I
ïiH^e c'est là notre ▼ocalion^ et ce ^ue notre » Seigneur attend de nous ». " " ^
¥ôici^ quélqneà ^blsf itietîofits particnliérès V kiiâà le ^viteur de Dieu à cexii dé sa coinmii-^ nauté et de sa compagnie : u Un de nos principaux n detom^ leur dfsoit-il, est de nous occuper rllilitt^tlt^ dfilAtt^ Besoikis et de la
» sanctification des ministres de Jésus-^^ïte^, » dans tous les rangs et dans, toutes les conditioni » du clergé. C'est pénrj^ttoi tous demandere£^ ^ H &i€ili , potf^^éâ pmaiâ Aé ion 'é|lise , l'èsprit de » sainteté et de séparation du siècle ; Vesprit <l'o- » raison et d'application à Dieu^ l'esprit de frun fuiité dans lettl^ taUê^ de jçlmplicitë dans leurs ' »'teettbler^' de iâ^ibidèÉtie^^ lâit train ; Pesprii )) de libéralité envers le prochain , de vigilance . « sur leurs ouailles^ de zèle, de force ^ de pa- ^tienee à les servir^ l'esprit de haine dn mqndé ii^ilMiiNes maximes ; Tesprit de mâgnaniiiiité » poàr cotnbattre , sans être arrêté par la crainte » des homtnes ^ le péché ^ les hérésie^, les scan- >i dales W'ilàèfÊBsi lés^^iiyres du démon ; l'esprit' w d'httiiiflité 6t dè méprîè^dVùx-mêmes , qui les I) tienne toujours yîIs. petits et abjects à leur& Il propres yexat, ^ ^ » Pèur les diapitr^i^ëi^^ » corde avec leurs prélats , la parfaite intelligence M et Union de tols les membres du corps ^ entre W éixj^^ne gràndé Itssiduité au chisettir ) un p)fo* >) fiS^ftNM|NSét dans l'église, qui fasse éviter tout )) ce qui scandaUseroit les peuples; une grande n recoUectipjai et beaucoup d'esprit intérieur, sur-
4lS VIE DE M. OL 1ER.
» tout pendant les saints offices; une vi§ laho- » rieuse et sacerdotale, en sorte que tous soient » des exemples de pie'té et des modèles de rcli- » gion pour les fidèles et les prêtres du diocèse.
» Pour les curés, vous prierez Diert de leur » donner Tesprit de pénitence, afin qu'ils expient )) avec leurs propres péchés (îeux de leur trou- » peau; tout le zèle qui doit aflimer un pasieur » pour le salut de ses brebis ; une charité ardente, » tendre et compatissante aux maux du prochain, » prompte à les secourir, soit pour lame, soit » pour le corps; enfin Toubli d'eux-mêmes, Ta- )) bandon à Dieu, et l'amour des croix.
• » Vous demanderez pour les prêtres et vicaires . )î des paroisses, le dépouillement de leur propre » esprit, en sorte qu'ils soient toujours dans les
» mains du pasteur, et agissent par ses conseils;
» un profond anéantissement, une entière pau- ^) vreté; une activité continuelle, mais accom-
» pagnée de paix, et gouvernée par la douceur,
» la charité, la patience; une perle totale d'eux-
» mêmes , pour n'être occupés que du service de
ï> Dieu et du prochain.
* M Pour tous les ministres des saints autels, » vous demanderez une vie ornée de toutes les w vertus, une sainteté entière et parfaite une foi » vive, une ardente charité.
» Commentons ceux que je viens de nommer
'» sont les principaux instrumens de la religion , » et lies vertus dont je viens de parler, celles que
*» Jésus-Christ demande surtout dans les ministres )) de son Eglise ; faites-en tous les jours le sujet M de vos prières, principalement lorsque vous de-