‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 135 sur 205 · LIVRE VIT, CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE VIT, CHAP. V

» meurez devant le très-saint sacrement, où Doire )) Seigneur n'a point de plus grande joie que de P pourvoir aux besoins de son peuple, et d'en » traiter avec ses ministres w.

Un jour notrt/ Seigneur lui fit connoîlre intérieurement que son désir étoit qu'il vécut, jusqu'à sa dernière heure, dans un esprit de servitude et de dépendance continuelle j expressions qu'il faut entendre, non dans le sens imparfait que Tapotre reprochoit aux Juifs, qui servoient Dieu moins en enfans conduits par l'amour, qu'en esclaves dominés par la crainte- mais dans le sens de l'apôtre lui-même, qui s'appelle serviteur et esclave de Jésus-Christ. Ce fut dans la chapelle de Notre-Dame de Saint-Maur qu'il riLçut cette lumière intérieure j et voici dans quels termes il la rapporte, m Jecommeuçois, dit-il, à célébrer la n sainte messe, sans m'attendre à recevoir aucune .)) consolation , ni caresse de mon maître , qui » m'avoit comme rebuté depuis si long- temps, » et de qui je n'osois presque plus rien espérer, » lorsque tout d'un coup , ce divin époux de nos » âmes me dit : Faites-moi vœu de seri>itude ; » mais avec un témoignage de bonté et d'amour vw si extraordinaire , que rien ne le peut exprimer. » Plusieurs fois j'ai tenté de les rendre par quelque » comparaison, mais inutilement. Je me souviens » que tout saisi et ravi de joie, je lui répondis : » Je le '^èuXy Seigneur, si vous le voulez; je le )) veux : mais donnez-moi permission de ne rien » faire sans, le consentement de celui qui me tient » votre place; car je n^ entends pas même a quoi » je m'engagerois» Si dans le moment ce bon

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» Jiiaître m'eût expliqué la nature de ce vœu , je M » crois pas que jamais j'eusse osé Fentreprendre. « Pendant mon action de grâces, il me dit : Etre )) serviteur d'un maître ^ cest faire tout dans ses » intenUons; ce qui est, je le puis dire, presque V la moindre partie de ce que ce vœu comprend ; et lï s'il e'toit proposé dans toute son étendue, il n'y -») auroit personne au monde qui voulût s'y en-

gager. Cette servitude demande une telle dë- » pcndance de corps et d'esprit, qu'on ne peut la » concevoir. En vertu de mon vœu , je n'oserois yy entreprendre la moindre chose, que scion la.

volonté et dans l'intention de mon maître. Je .» nie puis donc plus ni parler ni agir ; je n'oserois

même penser à lui , que dans la dépendance de 0) son esprit qui me possède et me gouverne, pour » ue me laisser rien faire par moi-même. C'est » un assujettissement extraordinaire, et toutefois » admirable dans sa douceur, sa suavité, sa paix. )) Rien ne montre mieux la puissance et la bonté >>;de FEsprit de Dieu, qui, tout grand qu'il est, fi s'accommode si charitablement à la foiblesse » de sa créature, et descend à tout ce qu'il y a de *> plus bas, en daignant prendre la conduite de » l'homme le plus vil et le plus méprisable, d'un » pécheur indigne de voir le jour ».

M. Olier eût cru ne pas agir dans une dépen* dance assez parfaite, à legard du vœu qui devoit le lier si étroitement à Jésus-Christ , s#n'eût pas consulté son directeur. Celui-ci jugea qu'avant de prononcer son vœu , il devoit s'y disposer pendant une année entière, en demandant instamment à Dieu sa grâce pour l'accomplir hdèlement, et en

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