‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 136 sur 205 · LIVRE VII, CHAI». V · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CHAI». V

s'cxerçant , pour Tobtenir , à une plus grande mor-' tification. « Outre Tobéissance, dit-il, qui medé- » fend de m'engager sans l'approbation de mon » confesseur , j'avois encore besoin d'apprendre » mieux jusqu'où je devois m'engagcr; car je ne )) ï'entendois pas assez. Quand l'année de prépa- » ration qui m'avoit été donnée pour terme fut » écoulée, je fis le vœu. Je reçus alors de grandes; » grâces ; et ce que notre Seigneur ne m'avoit » expliqué encore qu'en termes généraux , // ïifaut c/uun serviteur fasse tout dans l'intention M de son maître j je le compris enfin, à la faveur M des lumières intérieures qu'il daigna me commu-^ • M niquer. Depuis ce temps-là, notre Seigneur a » commence de me faire sentir des mouvemens >» que je n'a vois jamais éprouvés, et m'a traité avec » une bonté que je ne connoissois pas encore . Ce vœu de servitude, qui avoit la charité la plus pure pour principe, et pour fin une charité encore plus parfa^ite , étant ce qui découvre mieux l'éminente sainteté où parvint l'homme de Dieu, ce seroit priver les ames qui aspirent à la perfection, des consolations et des encouragemens qu'elles cherchent dans les vies de ses serviteurs > que de ne pas entrer ici dans le détail des dispositions où fut étabUM.Olier, du moment qu'il l'eut formé, et où il persévéra jusqu'à la mort, l La première consistoit à se renoncer soi-même en toutes choses, pour n'agir que dans les intérêts de notre Seigneur. Sur quoi il s'exprimoit ainsi^ écrivant utn jour ce qui s'étoit pàssé et ce qui se passoit encore dans son cœur : « Hier , veilla de » ^aint Marc, comme je m'offrois pour réciter

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» saint ofTice, je senlois en moi l'esprit de notre » Seigneur , agir comme s'il l'eût récite' pour moi ; fi et lorsque je me pre'parois à dire la sainte messe , » je me trouvai si rempli des intentions de mon a » maître , que je ne sentois plus en moi de liberté » pour en avoir d'autres. Il a plu à la divine bonté » de me manifester les vues dans lesquelles je » dois offrir le saint sacrifice. Mais comme un )) serviteur ne sait pas ce que fait son maître, selon î) la parole du Fils de Dieu , je me sentois porté à » refuser cette manifestation des desseins de mon » cher maître , me regardant indigne d'entrer » dans ses divins secrets , moi pauvre esclave , » qui ne trouve en moi que néant et péché. Ce ;» qui me confirmoit encore dans cette pureté de ..M. dépouillement et d'anéantissement, c'est que » notre Seigneur lui-même , en cette quahté de . serviteur, avoit ignoré le grand jour du juge- ^)) ment. Cependant, lorsque j'étois encore au bas yïï de l'autel, Dieu me découvrit son très-saint et » très-juste dessein sur le saint sacrifice que j allois » offrir. C'étoit qu'il fût présenté par mes mains ,» à la souveraine majesté, pour qu'elle accordât >» au Pape l'esprit de saint Léon, dont on faisoit la . » féte en ce jour n,

l Le serviteur de Dieu étoit si fidèle à agir uniquement dans les intentions de notre Seigneur, qu'il se fut cru coupable d'une grande infidélité s*il eût admis dans son esprit aucune autre fin que

cellequiluiétoitmonlréeintérieurcment; ou quand il n'en discernoit point de particuhère, il s'approprioit en général toutes celles que notre Seigneur voiiloit qu'il eut, et qu'il auroit eues lui-même,

: . . . s'il

tiynE vn^ CHAP* y. *

«^il avoitÀgi lèn sa place et dans la même ciroon* Atance où il se tronimit»

La seconde disposition qu'avoit opérée dans Olier le vœu de servitude ùâi à notre Seigneur, élpit de ne rien entreprendre q uc pour sa' plus grande gloire^ ne cherchant d'autres intérêts que les siens. « L'esprit de ce vœu, dit-il, est la >i pureté d'intention, avec un désir ardent delà » gloire de Dieti, <^ést-à*dire de le voir honoré , » connu et aime des créatures. Loin donc que » nous ressentions de la jalousie, lorsque les autres » l'honorent et l'aimeilt plus que nous^ nous de-* » vons an contraire en concevoir un grand sen- » timent de joie , et trouver notre plaisir dans lé 0 travail de nos frères, lorsqu'il fructifie mieux » que le* nôtre. Ce n'est pas seulèment l'orgueil n et Tamour-propre qui nous rendent jaloux de n l'excellence d'autrui, c'est encore lesprit mer-* I» cenaire, et une sorte d'avarice qui nous &it déiHÉÉi^^que possèdeut les autres au-dessus de w nous. De ià vient que nous désirons leur mi- » nistère > dans la vue de la récompeo^ qui >i leur est destinée : mais le moyen de n'ed ayoir n qu'une petite, c'est de travailler pour elle j èn^ « Dieu récompense nos services à proportion de H l'amour avec lequel nous le servonsé Et quel n attiour peut-il y avoir dans celui qui ne cherche n pas purement la gloire de sob maître »?

La troisième disposition qu'on remarqua en lui^ depuis qu'il eut lait vœu de servitude , fut un abandon total et universel de lui^pnéme aux vo-< lontés de son maître, qui lui faisoit dire en tout^^ rencontre, comme il est écrit, d^ saint Paul,

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