CHAPITRE VI
Li dévotioa à la Mère de Dieu, que les saiuU ^nt toujours regardée 'comme un signe de prëdestination^ ou comme un moyen infaillible d'as^ 5urer son élection à la gloire, fut, avec la dévotioa au très-saint sacrement de l'autel, Fattrait domi-^ 9anl de M. OUer. Dans la capitale, peul-^étre même dans le monde chrétien, il n'est point de paroisse où le culte de Mfirie attire plus de fidèles, soit au pied de ses images , soit devant l'autel consacré SQU& son inyobaticki , que celle de Saint-Snipiceb On ne peut douter que ce ne soit le fruit du zèle de M. Olier à répandre cette dévotion dans les ecaurs. Il eut voulu pouvoir fiiire retentir le nom êie Marie par tonte la terre. Jamais il n'étoit plus content que lorsqu'il la voyoit honorée, ou qu'il «voit pu lui procurer quelque nouveau degré da ^ , gloire. Il communiqua le même esprit à la com» munauté et au séminaire dont il fut le fondateur. On a vu combien il fît entrer la médiation de la ^ sainte Vierge daosleur établissement. U vnulut que le séminaire de Saint^SuIpice l'honorât comme sa
Êatronne. Outre qu'on y a toujours fait la profession tplus solennelle de son culte, on y remarque partout des mottumens de la tendre piété de M. Olier envers Marie, Les mystères de sa vie mortelle et . de vie glorieuse y sont peintes avec magoifi^
LIVIIE VÏI, CIIA.P. VT. '
ccnce, et représentés sous toutes sortes d'emblèmes, aussi propres à inspirer la de'votion, qu'ingénieux et agréablement variés. On ne sera point étonné d'y retrouver à chaque pas des traces de son tendre amour pour cette sainte mère , lorsqu'on l'aura entendu parler lui-même, et rendre quelques-uns des sentimcns que faisoit naître le nom de Marie dans son cœur. >
«< Dès ma jeunesse, dit-il, j'étois poussé par un )) mouvement secret à porter la vue sur toutes les » figures de la très-sainte Vierge, qui reposoient » en des lieux très-cacliés aux yeux du monde. J'au- » rois voulu être prosterné dans le ciel à ses pieds ^ » pour cbanter continuellement ses louanges , )) selon toute l'étendue de mes désirs, et pour » les faire entendre à tout le paradis. Lorsque » j'entrai dans l'église qui renferme la chapelle » de Lorette, en Italie, je fus vivement touché, » jusqu'à verser des larmes en abondance 5 et )) d'abord que j'aperçus l'édifice de loin, je me
» sentis fort attendri Ce que je ressentis à Tas-
)) pect de Notre-Dame de Lorette, je l'éprouvai > )i au sortir d'une de mes retraites, à la vue do » Noire-Dame de Paris ; ce qui me remplit du » divin amour ».
Dans toutes les missions , il faisoit tout ce quo peut inspirer un zcle aussi ardent que sage et éclairé, pour porter les peuples à honorer Marie. Jamais il ne parloit avec plus d'effusion de cœur, que lorsqu'il en faisoit l'éloge pour lui gagner des serviteurs. Rien ne le consoloit davantage, que d'apprendre les fruits de ses exhortations sur ce sujet. Parlant de sa mission d'Auvergne , faite
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en i636, il prenoit plaisir à répéter ce qu'on lui avoit dit, que « Ton vojoit les pauvres gens qui y » assistoient , porter toujours leur chapelet à la w main , et le réciter lorsqu'ils alloient à leur tra- » vail ou qu'ils en revenoient ».
Ne voulant point mettre de bornes à sa dévotion pour Marie, ni à sa reconnoissance pour ce qu'il lui devoit, il lui fit, comme à Jésus-Christ son fils, vœu de servitude perpétuelle. En qualité d'esclave de la très-auguste Reine du ciel, (esclavage qui ne le retenoit captif auprès d'elle, que pour mieux dilater son cœur et l'embraser du pur amour) il fut toujours fidèle à ces deux pratiques : la première, de lui offrir tout ce qu'il avoit de plus cher et de plus précieux; la seconde, de ne rien refuser à ceux qui lui demandoient quelque chose en son nom. w Une de mes parentes „ » c'est ce qu'on ht dans ses Mémoires, en se faisant » Carmélite , avoit laissé dans mon coflPre, dont
. j.) elle m'a voit demandé la clef, mille belles choses » qui étoient les restes de son ancienne vanitéw
. » Elle croyoit par-là reconnoître les petits services. » que je lui avois rendus pour Dieu , contre l'avis,^ » de ses proches , des mains desquels je l'a vois dé- » gagée, pour la placer dans l'ordre et avec lei » filles de sainte Thérèse. Je fis présent de tout à^a » la très-sainte Vierge; car ma coutume, depuis
')) long-temps , éloit de lui offrir tout ce qu&, . 1) ) a VOIS de plus riche et de plus précieux, en ar-^ .
» genterie, diamans et autres choses, dont j'ornaiç.
» plusieurs églises ou chapelles dédiées sous soe^^ . ^
>> nom ».
« Je me souviens, écrit-il ailleurs, d avoir été>