‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 140 sur 205 · LIVRE VII, CHAP. VT · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CHAP. VT

ï) un des premiers qui ait contribué quelques )) sommes notables pour la décoration de l'église » de Notre-Dame de Paris. Depuis ce temps-là, je » lui ai fait quelques présens par intervalles, et 1) bien souvent je les ai faits presque sans le vou- » loir ou comme nécessairement. Dès que j'avois » quelque chose de beau , je me sentois fortement » pressé d aller lui en faire hommage dans cette » église; et quand j'aurois voulu résister à ces » mouvemens intérieurs, il me semble que je M n'aurois pu ; tant ils éloient véhémens. Je ne sais » comment on peut refuser quelque chose à cette » grande Reine. Je souffre beaucoup, lorsque je »> ne puis rien donner à un pauvre que j'entends » nommer la sainte Vierge ». ' ^ * - » o i Plus de vingt ans avant sa mort, îl avoit fait vœu de ne rien refuser à ceux qiii lui demanderoient au nom de Marie. « Quand ils me parlent » ainsi , ce sont ses termes , il faut , pour leur pou- » voir refuser, que je ne puisse leur donner en au- » cune manière, ni leur procurer quelque sc- » cours, ni emprunter de quoi subvenir à leur M indigence, ni enfin les mener à la maison ».

Depuis qu'il eut fait une protestation particulière d'être esclave de la sainte Vierge , il porta toujours une petite chaîne pendue à son cou. C'étoit dans cet esprit de dépendance universelle de la Mère de Dieu , que dès sa jeunesse il avoit contracté l'habitude de n'user de rien, sans lui avoir demandé son consentement j et que tout ce qu'il avoit de neuf, il le lui présentoit comme pour le lui consacrer, m Jamais, dit- il, je n'ai ]^ osé me servir d'aucune chose , comme d'habits,

» de livres , de mes revenus , sans lui en offrir le » premier usage. Il y a, je crois, plus de neuf ou D dix ans que j'ai toujours eu cette pratique : au- » trefois je faisois plus; car je n'osois rien enlre- » prendre pour moi, sans aller auparavant la a) prier de me le commander , comme un esclave )) qui ne dispose de rien par lui - même, ou » comme un enfant qui en toutes choses dépend ' » des volontés de sa mère. Ainsi , dans ma jeu- )) nesse , lorsque j'avois de nouveaux liabillemens , )) j'allois à Notre-Dame me présenter à elle, en » la priant de ne pas souffrir que pendant tout » le temps qu'ils seroient à mon usage, j'eusse » le malheur d'offenser son Fils. H m'est bien » arrivé quelquefois , je l'avoue , de croire que >) cette pratique étoit une puérilité, ou de la i> regarder comme un trop grand assujettissei) ment, surtout lorsque je faisois rcilexion que » de tous ceux que je connoissois, personne ne » praliquoit rien de semblable; mais c'étoit pour ^ moi une sorte de nécessité : tant il m'en coûloit » de résister au mouvement qui m'y portoit, et )) tant ma conscience m'accu&oit d'iuûdéhté , lors- » que j'avois refusé à la sainte Vierge mon tribut » ordinaire. J'ai dans mon cœur une preuve que » ces petits devoirs lui sont très-agréables, quand » ils se font purement pour lui plaire ».

11 n'y a presque point en France de lieu considérable consacré au culte de la sainte Vierge, qu'il n'ait visité. Tous ses voyages commcuçoieut ou finissoient par la visite d'une église ou char pelle de Notre-Dame. Jamais il ne manquoit de ^alivev cette Roiu€L «^1* i^xs/juil sortoit de la

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