‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 141 sur 205 · IV11E VII, CHAl^. VI · texte numérisé non relu

IV11E VII, CHAl^. VI

maison ou qu'il y rentroit. Tout le temps qu'il avoit de libre, après les travaux des missions, e'toit sanctifié par quelque pèlerinage en son hon-» neur. Chaque jour il récitoit le chapelet, mais avec tant de goût et de ferveur, y trouvoit le plus grand soulagement dans ses peines, et une source inépuisable de grâces. Il s'y étoit obligé par un vœu , qu'il renouveloit tous les ans. « Le )) premier jour d'octobre, dit-il dans ses Me- » moires, j'allai renouveler le vœu qu'il plaît à M Dieu me permettre de faire tous les ans en ce )) même jour, de dire le chapelet toute l'année à » la gloire de la très-sainte Vierge. M'étant aban- » donné à l'Esprit saint, je commençai de re- » marquer en moi la suavité de son opération, » Je me sentis intérieurement élevé à Dieu ; et » je lui offris mon vœu dans l'intention d'hono-* » rer tous les jours de l'année, par cette prière^ A la sainte Vierge, comme la Reine des anges », • Sa méthode, en récitant le chapelet, étoit de se renouveler , au Credo , dans la foi de tous les mystères contenus dans le symbole ; d'honorer la sainte Vierge aux trois j4we Maria, dans les trois états de sa vie voyagère , sou enfance, son mariage et son veuvage. Le premier Pater et la première dixaine étoient consacrés à remer^ cier le Père éternel de ce qu'il Tavoit prise pour son épouse; la seconde dixaine, à rendre grâces au Fils de Dieu de l'avoir choisie pour sa mère; la troisième , à louer et à glorifier le Saint-Esprit de ce qu'il en avoit fait son plus riche temple sur la terre, après l'humanité sainte de notre Seigneur 5 la quatrième, à honorer Marie comme

TIE DE M. OLIER

la Reine de l'Eglise triomphante dans le ciel j la cinquième , à l'invoquer comme Reine de l'Eglise militante sur la terre ; la sixième, comme la consolatrice de l'Eglise souffrante dans le purgatoire». Quelquefois il récitoit les trois dernières dixaines*: en l'honneur de Jésus, Marie et Joseph, se donnant par la première en servitude perpétuelle à Jésus, s'offrant par la seconde à la sainte Vierge comme son esclave, et par la troisième faisant hommage de ses services à saint Joseph.

Dans tous ses besoins , M. Olier avoit recours à la très -sainte Vierge, la regardant comme le trône de la bonté et de la miséricorde de Jésua son cher fils, où l'on ne pouvoit essuyer de refus, lorsqu'on s'y présentoit avec une humble confiance. « C'est là, disoit-il, tout mon refuge el » toute mon espérance f c'est là où je n'ai jamais. » manqué de trouver natre Seigneur favorable à » mes demandes ». Comme toutes les grandeurs; de Marie viennent de Jésus, et que le Fils de Dieu n'a point eu sur la terre de séjour plus agréable que le sein de sa Mère, il s'occupoit encore avec une singulière consolation de Jésus: vivant en la très-sainte Vierge. Il aimoil à le considérer résidant dans ce magnifique temple ^ préparé et orné, par le Saint-Esprit avec tout l'éclal de sa beauté, l'immensité de ses richesses, et la gloire de sa vie divine 5 objet de l'admiration et des hommages de tous les esprits bienheureux» .«(Quoi de plus doux, disoit-il, quoi de plus » agréable à Jésus, que de se voir chercher dans » le lieu de ses délices, et au milieu de cette * H fournaise d'amour »?

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