LITRE VII, CHAP. YI. 4^> I
» elle, afin qu'étant reudus parlicipans de celle » divine vertu de Dieu le Père, qui la rend fé- » conde, ils puissent remplir dignement un si » saint ministère. • •
• » Vous savez , Monsieur , les grâces que vous » avez reçues par la médiation de la sainte Vierge, » et combien elle vous aide en tout; continuez )) donc à la servir comme vous avez fait jusqu'à » présent ; et quoi que le monde vous dise , n'in- » terrorapez point les exercices dont vous vous » êtes fait un devoir. Notre Seigneur, qui se plaît » dans Tamour de sa Mère, et dajas le culte » qu'on lui rend, justifiera avec le temps votre » conduite m. ••.» • . » <
La sainte Vierge, qui, à l'exemple de son Fils, prend plaisir à humilier les superbes en s eloi-» gnant d'eux , et qui aime à descendre vers les humbles pour les élever , récompensa le zèle du serviteur de Dieu à étendre sa dévotion , en lui inspirant d'offrir au Père éternel l'auguste sacrifice de nos autels dans ses propres intentions. C'est la principale raison pour laquelle il se disoit, usant d'une expression qui ne peut déplaire qu'à une critique peu sensée, le chapelain de la Reine des vierges; titre qu'il ajoutoit lui être commua avec le Disciple bien-«lmé, et sur lequel il rendoit ainsi les sublimes pensées qui étoient le fruit de ses profondes méditations, a Le Fils de Dieu, » disoit-il, qui vouloit, après sa mort, confier » à sa sainte Mère l'établissement et la conduite ïi de son Eglise , n'eut pas de moyens plus propres » à l'exécution de ses desseins, que de lui mettre » entre les mains le sacrifice adorable. Mais comme
43a , Vie de m. olîeK.
» cette divine Mère, quoique remplie de la J)le'- » nitude de Fesprit du sacerdoce , n'en avoit • )) point le caractère, et par conse'quent ne pou- » voit en exercer par elle-même les fonctions, le w Sauveur lui donna saint Jean au Calvaire y non- » seulement pour qu'il fût son supplément, et » lui tînt lieu de fils en sa place , mais encore » pour lui donner, par les saints mystères qu'il » célébroit pour elle, et selon ses intentions, le » moyen de satisfaire aux désirs ardens de son » cœur; c'est-à-dire, de rendre au Père éternel )) des hommages dignes de lui j de faire passer » dans le sein et dans les membres de l'Eglise, » le fruit du sacerdoce de Jésus -Christ son Filsj » et enfin de se consoler de son absence , par le » bonheur qu'elle auroit de s'en nourrir tous les » jours, en recevant dans un état de gloire, et » revêtu de la souveraine puissance , celui qu'elle . » avoit porté autrefois dans son sein, dans un » état de foiblesse et d'infirmité ».
Les traits suivans, que je trouve toujours écrits de sa propre main, font voir combien ses communications avec la sainte Vierge étoient douces et privilégiées. « Je me souviens, dit-il, mais \ w non sans confusion , d'un témoignage de bonté \ » que me donna cette tendre Mère; c'est que » m'ayant accordé quelque intervalle dans une » fièvre assez lâcheuse, elle me mit dans l'esprit » d'aller visiter une sainte chapelle, voisine de » mon prieuré où j'élois alors, qui étoit consa- » crée sous son invocation. C'étoit une petite » église de Bretagne* nommée Notre-Dame de . » toute Joie, Tout infirme que j'étois^ je m'eflbr-
» çai
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» Çai (î*y aller à pied ; et comaie je rtip préparois à» » dire la sainte messe, j'cnl«^ndis cette parole ia-» » feérieure : Fais-moi i^œii de dire une messe tous^ )) les samedis^ pour remercier Dieu de ce qu'iU » m'a fait mère de son Fils. Je lui promis surf » l'heure ce qWelle me demaudoil; et depuis ce? » temps, j'ai tâché de remplir ma promesse^ sans.' » jamais y manquer ».
M Un jour, dit -il ailleurs, formant mes in->. » tentions avant de monter à Tautel, je rentendis » me parler ainsi intérieurement : Donne7,-mol » votre sacrifice. Elle ne me fit pas connoîlre ew » » détail pourquoi; mais je voyois seulement dans » ce qui se passoit en moi, que c'étoit pour une » affaire très-importante à TEglise. Dans cc-s oc-: » casions, je n'ose même rien désirer de savoir; » trop honoré déjà qu'une si fjjrande Reine daigne » s'adresser à un si pauvre esclave, elle qui a tout » pouvoir, pour obtenir par ses mains ce qu'il*lui » est si aisé d'obtenir par elle-même ». - •
« C'étoit, dit -il encore, une dcS dévotions » delà sainte Vierge, de remercier Dieu par le » saint sacrifice, de toutes les grâces qu'il a faites » à son Eglise; et d'intercéder pour elle par les » mérites infinis de la victime de l'autel. Je con- » nus une fois qu'elle désiroit que j'offrisse les » saints mystères, pour présenter à Dieu par no- » tre Seigneur les louanges et les hommages du » monde entier ». f^i vj^^'^y^i^f . ^
Dans sa maladie de 1631 , la sainte Vierge, "ën l'assurant qu'il se rétabliroit , lui fit connoîlre qu'une des raisons pour lesquelles la santé lui ftvoit été accordée par son Fils, c'étoit afin qu'il^