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continuât d'offrir à Dieu tous les jours lo saint sacrifice selon ses intentions. Outre cette pratique, chaque jour il foisoit dire trois messes : la première , pour honorer la sainte V.erge comme a reine et la joie de l'Egiise triomphante, mettant a ^ sainte hostie en esprit dans ses mains, ahn qu elle l'offrît dans toutes les intentions réunies des bienheureux : la seconde , pour l'honorer comme la reine et l'avocate de l'Eglise militante , et afin qu'eUe l'offrît pour toutes les nécessites de cHXe sainte épouse du Sauveur : la troisième, pour 1 honorer comme la reine et la consolation de 1 LgUse souffrante , et afm qu'elle l'offrît pour le soulagement des ames du purgatoire , ou pour demander à Dieu leur délivrance par les mérites de son i ils. Ce sont les mêmes intentions que nous lui avons vu prendre pour les trois dernières d.sames du chapelet. Il désiroit enfin que tout se lit par la saiAe Vierge, et qu'après notre Seigneur la gloire de toutes choses lui fût donnée, soit au ciel, soiÇ sur la terre, comme k celle par qui toute grâce ■aescend sur nous, et tout^- demande parvient jus-
«lu'àDieu. a. ■
^ L'Ecriture représenle les chrétiens comme iails Wticipans de la royauté et du sacerdoce de Jcsus- ■ ' Christ leur chef, dans le seusque l'Egl.se a toujours ^ \lonné à ces paroles de saint Jean : Par sa grâce , Jésus-Christ nous a faits le royaume et Us prêtres de Dieu son Père O. M. Olier, considérant la sainte Vierge comme remplie de l'espnt du sa- : cerdoce, regardoit le séminaire de Sainl-bulpice , comme un cénacle d'où devoit se répandre
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elle la plc-nilude de cet esprit sur les ecclésiastiques qui voudroient se disposer aux saints ordres; c'està-dire, de l'esprit de sacrifice qui doit en faire autant de victimes spirituelles et d'hosties sano» tifiées, avant qu'ils soient trouvés dignes de consacrer, en vertu du caractère sacerdotal, et d'olfrir la victime du salut. Idée sublime, qu'il a su rendre sensible dans le magnifique tableau de l'autel du séminaire. Ony voitla sainte Vierge placée audessus des apôtres, et recevant au jour de Is^ àe^ cente du Saint-Esprit y. sous la figure d'une langue de feu, l'esprit de son Fils avec plénitude, comme pour le communiquer aux premiers prêtres de la nouvelle alliance. S'il falloit une main aussi lifi" bile que celle du célèbre Le Brun, pour exécuter ce dessin avec le succès qui lui fit dès-lors une si grande réputation 3 ne peut-on pas dire qu'il falloit pour l'inventer^ un génie aussi fécond en grandes images, que celui de M. Olier, et aussi riche en expressions dans l'ordre des sujets spirituels, surtout lorsqu'il s'agissoit de relever la gloire de la sainte Vierge? On n'admire pas moins le plafond de la chapelle, dont il fournit aussi l'idée au même peintre. Il représente la sainte Vierge triomphante dans les cieux , couronnée par Dieu , respectée et louée par les anges, honorée enfin par l'Eglise militante peinte sous la figure des Pères du concile général d'Ephèse , où Marie fut solennellement proclamée Mère de Dieu, et l'iuipiété de Nestorius frappée d'anathême. ^ tm.
Il laissa aussi pour l'ornement de cette chapelle plusieurs autres dessins qui furent exécu* lés par diilérens peintres. Sou désir étoit qu'on y
trouvât tout ce qui pouvoit exciter la dévotion envers c tte auf;;uste Reine du clergé, remplie de la f^râce de Tordre ecclésiastique, et établie comme le canal qui la répand sur les ministres de l'Eglise : sentiment très - conforme à celui qu'exprimoit saint Bernard, osant bien dire que tout don dcscendoit sur l'Eglise par Marie : Tolum nos ha^^ bere volait per Mariam (0. Enfin il fit mettre ses image s en différens endroits de la maison, afin que les ecclésiastiques qui l'habitoient n'en perdissent jamais le souvenir. « J'espère, disoit-il une fois, » que le saint nom de Marie sera béni à jamais » dans notre pauvre maison. Tout mon désir est » de l'imprimer dans l'esprit et dans le cœur de » nos frères; elle est notre conseillère, notre pré- » sidente, notre trésorière, notre reine et toutes M choses ».
Jamais il ne voulut consentir qu'une personne de grande qualité, qui désiroit faire un bien considérable à cette maison , prît le titre de fondatrice , parce qu'il avoit réservé cet honneur à la sainte Vierge. Ce fut à ce dessein qu'il fit placer sa statue sur le haut du frontispice du séminaire au fond de la grande cour; comme pour apprendre à tous ceux qui y entreroient, qu'elle en étoit la protectrice et la patronne. On a vu qu'il en fit jeter les fondemcns pendant l'octave de sa Nativité; que les travaux de la construction furent repris dans celle de sa Purification, et que la chapelle fut bénie au jour de sa Présentation dans le temple. C'étoit sa dévotion de ne rien entreprendre de considérable , qu'aux
C») 5erm. in NoUv. B. M, f^.n.'j. ■ .'
jdÉrs dr^ fêtes; oTtt, sll fié îe piâiiv^^^^s^ du moins dans les octaves» " '
a Vous savez ^ ecrivoit-il à une personne Aj)^ 1$ grande piélé qu'il ezhortoit à prier pour \e $ér v ' minaire , <K>iiiMèiit la maïsoti dec^ <:lerc8.'de âfintw Sulpice doit être vivifiée, nourrie et abreuvée ,t> de la suavilë, delà plénitude ci de la £B4^adité » de la vie de Jésus en Marie. Vous asve^ ipie ce » qui Fa formée, est la dîflfusion deT^sj^iè^^e )) la grâce de la Irès-saiule Vierge. C'est elle aussi » qui doit donner progrès à k| vertu des sujets dfi , H ^eette fiiniilë ^; r ^ . . v
* ''Comme il a voit ses pratiques pour honorer la sainte Vierge à titre de son serviteur^ il en a voit aussi pôuri%oi»jter' comme son enfiint. La plus ordinaire étoit de ne sortir jamais de la ville, de la maison, de sa chambre, et de n'y rentrer jamais fsans lui demander sa sainte béuédiction. tf J'ai^ ip^^trU, one pratique inviolable que \e ne puis i^WàiÉaàcliinef ; c'est qu'en quittant ma chambre^ » ou Lorsque j'y rentre, et même avant que de » » prendra mon repas , ou de sortir du lieu où je )) l'ai priw^^ il fiuit que je demande la bénédiction »de ma très-sainte Mère , pour laquelle je me )) sens un cœur d'enfant. Jamais je a ai osé sortir }) d'un endroit, ni y arriver ^sàns lui rendre mes » devoirs. J'admire comment tout le monde nâ » lait pas la même chose ».
tf Cette bénédiction que je vais recevoir à l'e- I» glise, écrit-il ailleurs, avant que de partir pour V mes voyages, me réussit tellement, que jamais » je n'y éprouve de disgrâce et que tout y va heu-
reusement pour moi. 11 ca est de même de mes
» aiUres pratiques dé pîëlé î totit èiiWîlé l^'li^â* )) siL Quanti j'ai manqué à ces petits devoirs , je » SUIS bientôt puni par quelque accident. Si au >i côh traire je m> rends fidèle, je ne tarde pas à » en être récompensé par une assistance tottlS- » particulière ». .
^ ^Setoblal)le à unenfantqui nepcut se séparer de «a ïnére, M. Olier voubit être toujoors ehia fr#sencc de Marie, et comme attaché continaeHeinent à ses côtes. Aussi, pour ses oraisons , pour la cew*bration des saints mystères , il cboisissoit autant qu*il lui étoit possible les églises itt les chapelles dédiées sous sou invocation. Après son retonr de Rpme, il aUa pendant long-temps visiter tous le* jùots Notre-Dame de Paris. De cette ville, il fit deux fois, et à pied, le pèlerinage de Notre-Dame dé Liesse au diocèse de Laon. Et outre celai de Cliaï* très, qu'ilai'aitaiasi plusieurs fois, il eut la dévot ion d'et ftâreibé^lii^^^ de la même manière.
Il Tenier«ioit ^S^ènt la bonté divine des grâces et des faveurs singulières qui distinguent sainte Vierge entre toutes les autres créatures; Ut disoit que nous avions, comme ses én&ns, la pins grande obligation d'y prendre part, et que ûous devions en éti-e plus contens que si nous les possédions nous«>mémes. Il ajouloit que nous de- 'viona rendre à Dieu de fréquentes actions do grâces de ce qu'il nous Tavoit donnée pour mére^ et tout à la fois pour avocate qui nous défend puissamment contre toutes sortes d'ennemis. Un eriant , ^il est éloigné de sa mère ^ aime à trouver son portrait devant ses yeux. M. Olier fit . graTCT deux estampes qui expiimeot admirablement le»
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dispositions intérieures de Marie, soit à 1 égard du Père céleste, soit à Fégard des chrétiens rachetés par son Fils , dont elle est la mère la plus tendre. La première est une représentation dos beautés de la sainte Vierge en son intérieur. 11 la lit peindre élevée dans les cienx, où elle est environnée de lumière et de clarté. Le Saint-Esprit y paroît déployé sur elle, couvrant sa poitrine, échauffant son cœur et y répandant ses dons, surtout le pur amour de Dieu le Père, et de Jésus son Fils , dont elle contemple le nom gravé au-dessus d'elle, et sur lequel sa vue paroît amoureusement fixée. Au bas de Tirnage, il fit écrire ces paroles : Senedic , anima viea. Domino; et omnia quœ « intra me sunt, nomini sancto ej'us (0. La scîconde représente la sainte Vieçge embrassant une amc , qui, pleine de confiance en sa bonté, paroît mettre toute sa joie à reposer entre ses bras, toute transportée du désir de vivre perdue en elle. Audessous on lit ces paroles, tirées des Proverbes (^) : Qui me inveneritj inveniet vitam^ et kauriet sa^ lutem à Domino ; avec ces autres du Cantique des Cai»liques (3) : Puteus aquarum viventium.
Tout ce qui avoit quelque rapport à la sainte Vierge, éloit pour lui un sujet de consolation, et meltoit la joie dans son ame. w Je m'estime heu- » reux, disoit-il, d'être né d'une mère qui porte » le nom de Marie, et dans une rue qu'on appelle » Notre-Dame (V argent )j. Il lâchoit, autant qu'il étoit possible, d'avoir toujours quelque image do la sainte Vierge devant lui, et soit qu'il fût seul ou en compagnie, il ne manquoit jamais de saluer
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respectueusement toutes celles qu'il rcncontroit ; ce qu'il a pratiqué jusqu'à la mort. On a remarqué qu'il passoit de préférence» par les rues où il s'en trouvoit un plus grand nombre, pour avoir occasion de lui rendre plus souvent ses devoirs. « Je -» me scnlois porté, dit- il, à lever la tête par les » rues on je me trouvois , pour découvrir quelques ,» nouvelles images de Notre-Dame. Je savoi$ *» presque le nombre ^e celles qui étoient dans » mon chemin à Paris, Si je rencontre ces images, . » je les salue encore , quoique je ne les voie ou ne » les regarde pas. Je sais pour l'ordinaire où elles » sont, sans qu'il soit nécessaire dy jeter les » yeux ; une sorte d'instinct m'en avertit ».
De toutes les pratiques par où M. Olier s'atla» • cboit le plus à honorer la très -sainte Vierge et à lui plaire, aucune ne fui paroissoit comparable à rimitaliou de ses vertus. Dans le désir de se rendre semblable a elle, il s'appliquoit conti-^ nuellement h l'étude de ses actions et à la médi^ jtation diî ses mystères. « Si nous aimions Marie \^ comme il tant, disoit-il, nous tacherions sans x> cesse de nous conformer à ses désirs: et comme , /») son grand désir est de voir ^honorer son Filsj
çonime elle voudroit qu'il régnât dans tous les » cœurs, nous n'aurions point aussi de pratiquo . » plus inviolable, que d'aimer ce même Fils. Sans » cela nous n aimons point la Mère du pur amour,, ' » puisque lamour tend toujours à satisfaire 1^ ^ X personne qu'on aime ».
« Cette divine Mère, disoil-il encore, alliro • . » tout le monde à son service et à son amour ^ . « mais ce n'est que pour porter tout le monde à