‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 145 sur 205 · LIVRE VII, CHÀP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CHÀP. VI

» l'amour de son Fils. Sa grande e'tude rogardo M rhonneur et la gloire de son bien-airaë. Elle veut • » que tous lui obéissent, et se soumettent à cette » parole qu'elle prononça aux noces de Cana , » figure de TEglise et du ciel même : Faites tout w ce qiUil vous dira; car rien n'exprime mieux » le de'sir dominant de son cœur ».

M. Olier ne faisoit presque jamais de discours de piété, sans dire quelque chose à la louange de la sainte Vierge. Son ame se dilatoit en quelque sorte, et entroit dans une espèce de ravissement, lorsqu'il trouvoit occasion de parler d'elle j aussi avoit-il peine à s'arrêter. « Quand je parle sur p cette matière, disoit-il, j'en sors difficilement, )) tant j'ai de choses a dire ».

Plus on aime Dieu, plus on le trouve aimable; par une conséquence bien douce à ceux qui en font rexpéricnee, plus on s'afflige de l'aimer si peu et de ne pas l'aimer davantage. On voudroit alors pouvoir élargir son cœur l\ proportion des amabilités qu'on découvre en lui tous les jours, et du plaisir toujours nouveau qu'on goùle à l'aimer de plus en plus. On regrette de n'avoir qu'un cœur à lui ofiVir ; et si l'on éloil maître de tous les cœurs , on les rassembleroit dans son propre cœur, pour suppléer, par cette réunion, a l'impuissance où l'on est de l'aimer dignement. C'est ce qu'éprouvent avec proportion les servi-^ teurs de Marie, à l'égard de leur auguste Reine. Ils sont tellement épris de ses beautés et de ses charmes, que plus ils l'aiment, plus ils regrettent qu'elle ne soit pas plus aimée. C'étoit la disposition habituelle de M. Olier. Malgré.

tout ce qu'il avoit fait pour Fhonncur de la jainte Vierge; comme il ne trouvoit rien eu soiniêrae qui fiit digne d'elle, et comme tous ses efïbrls ne pouvoient le satisfaire, il se dëdomitiagcoit de son indigence, en s'unissant à notre Seigneur, pour rendre à sa sainte Mère tous les hommages et tous les devoirs que le divin cœur de Je'sus lui rendoit in cessa m nient. « Sans cela, » a-t-il dit souvent, comment pourroit se con- )) tenter un cœur tout brûlant d'amour ? Que » peuvent toutes nos petites dëvolioris pour ho- » norer une si grande Reine? Tout ce que nous » pouvons faire par nous-mêmes n'est- il pas in- » finiment au-dessous de ce qu'elle mérite? C'est » donc à Jésus-Christ qu'il faut remonter pour )) honorer dignement sa très-sainte Mcrc ». 1 Onl invita un jour, de parler à la gloire de cette Reine des vierges ; c'étoit le jour de son Annon- • cialion. « Comme je n'avois pas le temps, disoit- )» il y de rien préparer, je ne sa vois par où corn- » menccr, lorsque tout-à-coup notre bon maître » me mit une pensée dans l'esprit, qui répandit » tant d'onction dans mon ame , qu'elle me fit » verser des larmes. C'étoit sur la grandeur im- » niensè où Marie avoit été élevée par sa dignité » de mère. Car si avant d'être mère, elle étoit » déjà parvenue à un tel degré d'élévation, qu'elle ^ avoit pour ministre un de ces anges du premier ordre qui se tiennent debout devant la majesté » divine, et qui composent une hiérarchie parti- )) culière, dépendante de Dieu seul ; et si cette » sublime intelligence s'estima trop heureuse d'a- .1) border Marie ^ de la saluer, d'avoir à honorer

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