‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 146 sur 205 · IIVUE VII, CHAP. VI · texte numérisé non relu

IIVUE VII, CHAP. VI

)) eu elle dés prodiges de c;râce qu'il ne pouvoit » comprendre, parce qu'ils la mettoicnt au-dessus » de tout ce qu'il y a de dons célestes répandus » dans tous les ordres des anges et des saints • » quel dut elre raccroisscment de sa grandeur et » de son élévation , du moment qu'elle conçut et » porla dans son sein le Fils de Dieu? Jésus mon I) Dieu î si Famé de votre bienheureuse Mère est » si sainte, si pleine et si inondée de grâces avant w yotre demeure en elle, que sera-ce après cette » visite surabondante du Saint-Esprit? Spirilus » sujictus supe/veniet in te. Que sera-ce encore )) apiès la descente de votre Esprit sur elle*y M dans la compagnie de vos apôlres? 0 grand » Jésus ! quelle capacité vous avez donnée a cette » ame pour recevoir ces fleuves et ces torrens » de grâces! JNVst-cc pas une mer, nn océanj » un abîme? Maria j dit saint Bernard, maria » graiiarum. Saint Denis reniarc[ue qu'en Dieu, >) il se fait de temps en temps des épanchemens et » des débordcmens de grâces sur les anges ^ sem^ » blables à ceux qu'on voit dans ïa ïhipr , lorsqù'éllô » se dégorge sur les sables avec tant d'abondance et )) d'im péluosité , qu V lie semblé , par la multitude et i) la précipitation de ses vagues, vouloir tout en- )) gldutir. Comment donc se figurbr ces écouîemens » divins, ces débordemens de lumière et d'amour » qui se sont faits de Jésus en Marie, dont le sein » n'est pas rétréci, carame celui d'un ange, mais » d'une étendue capable de recevoir un ocfen » tout entier, en recevant celui dans lequel habite » corporellemcnt la plénitude de la divinité même? )) N'est-ce pas comme nn ciel renfermé dans un

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» autre ciel ? O sein de Marie î abîme ioépui-' » sable qui contient les trésors immenses et inûnis )) de la science divine ! Ange du Seigneur , c'est » à présent surtout, que vous devez rendre cet » hommage à Marie, de l'appeler pleine de grâce: » uéi^e^ gratta plena. Car si vous Thonoriez ainsi, » lorsqu'elle n'étoit encore que servante du Sei- » gneurj aujourd'hui qu'elle n'est pas remplie )i seulement comme un canal qui reçoit les eaux » d'une fontaine , ni comme un fleuve formé par » le rejaillissement des eaux de la mer, mais plutôt » comme un abîme sans fond et sans limites, qui » comprend l'océan de la divinité; quelle louange » pouvez-vous lui donner, qui ne. soit au-dessous » de ce qu'elle mérite? C'est une chose qui vous )) surpasse., que cette immensité de grâces, et qui M vous oblige de la révérer dans le silence, sans ^ oser entreprendre de célébrer ses grandeurs. Et » de même que vos yeux ne purent soutenir l'é- » çlat de sa gloire au jour de son Assomption, la » grandeur de sa grâce est indnimcnt au-dessus dq la capacité de votre esprit. Ce que je dis de )) la gloire et de l'assomption de Marie, je l'ai >) appris d'une ame à qui Dieu l'a révélé. Après » que cette Reine des cieux eut été enlevée de » tei;"re, elifî fçit tellement engloutie en Dieu, et I) portée a un point de gloire si incomprélien- »sible, que les célestes intelligences ne purent » l'atteindre, et la perdirent de vue. Etant l'Epouse \x ^lu Père,,élle devoit entrer jusqu'au plus intime M de son cœur , et être admise dans 1<* plus secret )♦ de ses communications : ce qui n'est pas vu de w tous, ni révélé à tous, mais seulement au Fils et

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