‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 147 sur 205 · LIVRE VII, CHAP. Vl · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CHAP. Vl

» à la Mère, avec laquelle le Père a engendré sou » Fils dans le temps j et virtus uiltissinii obum^ » brabil tibi. I^a vertu du Très-haut, c'est-à-dire, » du Père , ainsi nommé dans TEcriture , vous » couvrira de son ombre, cVst-à-* dire vous épou- » sera, selon le langage de celte même Ecriture » dans laquelle les termes obumbrare et nubere » ont un mêrue sens. Ainsi, par exemple, au livre w de Rutli, cette fille dit à Booz, qui la vouloit » épouser : Jetez sur moi votre manteau ^ pour » signe de mariage : et c'est encore ce qui s'ob- » serve quand on marie dans l'église; car on met » sur la téte des deux époux un voile, qui forme » comme un nuage pour les couvrir, d'où est venu w le mot nubere. C'est donc comme si l'ange eût . )î dit : Le Très-haut et sa vertu vous ombragera, • » vous épousera , et celui qui naîtra de vous sera i^ nommé le Fils de Dieu. Ces termes de l'Ecri- » turesont remarquables ; parce que le Très-haut » vous prendra pour son épouse, ce qui naîtra de » vous et sera saint ^ s' appellera le Fils de Dieu. . » Or il n'y a que la vertu du Père éternel qui » puisse produire un fils et lui donner ce nom. » Le Saint-Esprit ne peut être nommé par l'Eglise » père de Jésus-Christ. Il étoit donc nécessaire » que ce fut le Père qui épousât la sainte Vierge: » d'où il suit qu'elle est véritablement l'épouse » du Père. Pour le Saint-Esprit, c'est lui qui a. » préparé la venue de l'Epoux, et sanctifié le lieu » 011 devoit descendre avec lui la fécondité du. » Père , pour la conception du Fils : Spiritus » sanctus superveniet in te, et virtus ^Itissimi-^ » obumbrabit tibi. Ideogue et quod nascctur ex" ,

44^ iVlE DR M. OLIEU. .

)) teSanctum y vocahitur Filius Dei, C'est-à-diroy » parce que le Saint-Esprit sera survenu en vous, » et que la vertu du Très-haut vous aura épousée, » ce qui naîtra de vous, sanctihé par la divinité » et ronction du Saint-Esprit, sera appelé le Fils , » de Dieu. Fils ^ à raison de la vertu du Père qui )» l'aura produit; saint ^ à cause du Saint-Esprit M qui sera descendu en Marie , pour sanctifier » son fruit, par la plénitude de l'onction divine : n Unxit le 3 Deus ^ Deus iuus oleo Leliliœ.

- » O inconcevable grandeur! elle suppose dans M Marie des trésors qui surpassent toute pensée, » Epou^îe du Père, Mère du Fils, temple du » Saint-Esprit! ô sainteté incompréliensible ! » puisque le Saint-Esprit forme sur la terre un » sein qui est semblable au sein de Dieu mérae.

M O sainteté ! tu me ravis ; tu m'arraches des • » larmes; tu m'otes la parole du cœur, la pensée » de l'esprit. Je t'adore (0, et je no puis plus, » O sein formé sur le sein du Père! quel océan » de sainteté vous renfermez en vous-même, » étant (ait sur celui de la sainteté infinie! C'est » du sein éternel du Père que part la plénitude ^» de la divinité ; c'est* aussi du sein de Mario M qu elle partira dans neuf mois. Dans le premier )) sein, le Fils repose de toute éternité, jouissant » de sa béatitude invariable; et toutefois il s'en » laisse arracher par les soupirs et les larmes des )) hommes, qui, à force de crier et de gémir, )) lui font avancer son départ pour la terre. Dans

(») On sait que le terme adoration est pris souTent dans TEcritnrr , en uu sens bien différent de celui qu^on lui donne ù Tcgord de Dieu, c'c:$t-à dirC| pour une vcnératiou «iiiiguiicre. C'est le sens de M. Olier.

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