LIVRE TIT, ClIAP. VI
» le second, il Irouvc Icilenieiit son repos et su » joie, que les larmes de Simeou et des autres » justes ne lui font point accélérer sa sortie pour » paroître dans le monde. Il n'en part point ayant » ic temps; il attend jusqu'au dernier instant » marqué par son Père , ne pouvant en quelque » sorte quitter plus lot Marie, son temple i>ien- » aimé, son paradis sur la terre, où il prend ses » délices à s'ofl'rir à son Père , et qu'il prend plai- >» sir à lui offrir avec soi-même. Ce qui lé retient » dans ce sanctuaire formé de toutes les richesses » du ciel , c'est qu'au sortir d'un lieu si délicieux, » il ne trouvera rien de semblable. Il entrera dans » le monde, où il ne verra que péché et abomi- » nation; au lieu qu'en sortant du sein de son » Père, il a trouvé le sein de cette incomparable » mère vierge. Il trouve un séjour de sainteté, » semblable, par l'opération du Saint-Esprit, à » celui qu'il quitte. 11 est dans la maison de son » Père, puisque c'est dans la maison de l'Epouse » de son Père, Il est avec le Saint-Esprit dont » elle est toute remplie; en sorte que le voilà dans » sa demeure naturelle, dans un bou qui ne lui )) est point du tout étranger. C'est pourquoi il y » habile tout son temps, sans retrancher un seul w moment. Conçu dans la nuit du 25 mars , sa )) sainte Mère l'enfante au milieu de k nuit le » 2j décembre. Elle le conçoit dans la ferveur » de sa prière ; elle l'engendre dans un transport » d'amour et de zèle de la gloiie de Dieu. Elle » conçoit et engendre son Fils , comme son Père » l'a conçu et engendré dans l'éternité. Elle le » conçoit par la pensée , de même que le Père
» éternel. Le Père ne souffre aucun dommage en » engendrant son Fils unique ; la sainte Vierge » nef reçoit aucune atteinte dans sa pureté' en le » concevant et en Fengendrant : comme le verre y) reçoit et renvoie les rayons du soleil, qui, aa » lieu de le rompre et de le ternir, réclairent, » rembellissont , et le rendent tout semblable à » l'astre d'où ils sont partis. O beauté' î ô sainteté ^'y) de Marie! vous êtes ce miroir divin , parfaite- )) ment pur, qui recevez non pas seulement 1rs » rayons du soleil, mais le soleil même, lequel )) prend plaisir à se reproduire en vous, et à vous » rendre toute semblable à lui avant de sortir de' )) vous! •: « * ... .
O bonté de Jésus! puisque votre Esprit a fait » dans Marie un sein tout semblable à celui du- » Père, pour vous préparer une demeure digne » de votre divinité, nous devons dire que vous » l'avez rendue Tirnage parfaite de vous-même. » Qui voit le Père, voit le Fils ; et qui voit le Fils , » voit le Père. Ainsi qui voit la Mère, voit le Fils ; » e( qui voit le Fils, voit la Mère ».
La crainte de passer les bornes m'oblige de supprimer beaucoup d'autres traits, et beaucoup de riches pensées qui se trouvent dans les mariuscrits de M. Olier. Ce que je viens de rapporter montre jusqu'où il respectoit et aimoit celle qui , après Jésus-Clirist, étoit l'objet continuel de ses méditations^ A en juger par les effusions de son ame , aussi affectueuses qu'élevées et éloquentes , jamais peut-être aucun disciple de Jésus-Cbrist n'a montré plus de zèle à l'honorer, et à le faire honorer dans la personne de sa très^sainte Mère.
La