LIVRE VII, CHAT. VIT
» à l'emploi que m'a donne la divine majoslé, » rempli de la vue de ma misère et de meu iii- » dignité. Je gémirai, je soupirerai toute ma vie » pour m'être privé de cet honneur par mes in- » fide'lite's. Si dans le ne'ant où la grâce me retire » et me renferme, j'osois encore aspirer à quoique » chose de la solide gloire qu'on peut trouver » dans le service du divin Maître , en donnant » sa vie et re'pandant son sang pour lui, je rc- )) garderois l'Angleterre comme mon espérance; » et comme ce grand homme dont je vous parle » m'a dit que toutes les vues de sa jeunesse avoient » été toujours d'aller du coté de la Chine, on, s'il » ne pouvoit l'obtenir, d'aller du moins en An- » glelerre 5 je me suis offert à lui pour entrer dans » les desseins de son zèle , par tous les services » que je pourrois rendre à ce ro^'aume et à toute )) l'Eglise. Je l'ai prié que de son coté il nous » associât à ses travaux, et nous portât en esprit » dans tous ces pays éloignés où l'Eglise est si » magniûque en dons , en grâces et en richesses » du Saint-Esprit. Mais, après tout, je vois qu'il » faut nous tenir dans notre néant , recevant avec » amour et avec joie les croix et les souffrances )) qui se trouyent dans le service de Dieu. La » charité crucifiée est la plus sûre ; demandez à » Dieu qu'il me rende fidèle à ma vocation (0 ». ' Les Indes orientales et TAngleterre n'étoicnt pas les seuls lieux du monde où M. Olier eût voulu pouvoir aller se consumer pour le salut dvs ames. Il désira toute sa vie de passer en Canada pour y faire connoître Jésus-Christ aux peuples
(0 LcUre lvi. ,
sauvages qui y vivoient au milieu des forêts, moine en hommes qu'en bctos. « Etant instruit, » disoit-il , des biens qui se font en Canada , «t )) me trouva^ît lie comme de société miraculeuse » ^ celui à qui notre Seigneur a inspiré le moi^
.)) vement et commis Tentrcpriso de Ville- INI arie, )) dans File de Monlre'al, je me suis senti toujours » porté daller finir mes jours en ces quartiers, » avec un zcle continuel d'y mourir pour mon * • » maître. Qu'il m'en fasse la grâce, s'il lui plaît • ? » je continuerai tous les jours de l'en solliciter m.
Ce fut le zèle seul qui le détermina à accepter la cure de Saiut-Sulpice. Ses proches le virent avec peine prendre cette charge, après avoir refusé plusieurs évêchés^ parce qu'ils ne la considéroient que selon les avantages temporels, qui leur paroissoient fort au-dessous de ceux auxquels il pouvoit prélendrL*; mais il la reçut avec joie, parce qu'il savoit que dans cette place il auroit Leaucoup à travailler et à souffrir pour le service de l'Eglise. « Je sens en moi-même, dit-il dans
!» une lettre à un de ses amis, une sainte fureur
.)) qui m'anime contre le monde. C'est un ressen- » timent de l'horreur qu'a Jésus-Christ dans son î) cœur, des folies, des vanités, ^des erreurs du » siècle. Je sens tant de désir de pouvoir endés- )) abuser les hommes, que je ne sais comment
^» le satisfaire, sinon dans la circonstance pré- » sente, où la divine providence m'appelant au )) gouvernement d'une paroisse habitée par les •» plus grands du siècle, j'aurai l'occasion pour', j) laquelle je soupire depuis long-temps, de leur î) découvrir combien ils se trompent eu prenant