‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 158 sur 205 · LIVRE yil, CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE yil, CHAP. VII

avoir éprouvé un jour. « Je n'avois r'wn, dit-il, dans w la mémoire, lorsque j'entrai dans la chaire ; mais M comme je ne pcusois alors qu'à m'unir à mon Jé- » sus et au divin Esprit qui l'inspiroil, lorsqu'il w évangélisoit sur la terre, j'entretins le peuple M avec plus de force et de succès, que si j'avois w travaillé mon discours avec le plus grand soin. » J'avois à tout moment lumière sur lumière^ et » j'abondois en mouveraens pour faire impression » sur mes auditeurs. Descendu de chaire, je me » trouvai moi-méraesi louché et si pénétré, qu'ayant » eu à parler à un homme de condition quivints'en- » tretcnir avec moi , ce n'étoit plus moi en quelw que sorte qui lui parlois, mais un autre esprit w que le mien qui lui parloit par ma bouche. Béni » soit ce divin Esprit, qui ne dédaigne pas d'habiter )> dans des vases de boue tels que nous sommes ».

On a vu plusieurs fois M. Olier, soit lorsqu'il falloit parler en public, soit dans les entretiens particuliers , et avec des personnes de grande qualité , réduit à garder le silence, comme si le don de la parole lui eut été retiré; en sorte qu'où Teut pris pour un homme sans talent : mais comme il ne cherchoit point sa propre gloire dans l'exercice de ses fonctions , loin de perdre alors la paix de lame, il paroissoit aussi content que si Dieu l'avoit favorisé des plus hautes communications. Dans ces momens de ténèbres , notre Seigneur et la sainte Vierge lui tenoient lieu de tous les talens. w Gardons-nous bien , disoit-il , de » désirer parler, quand il plaît à Dieu que nous » nous taisions. Noire Seigneur; plein de sagesse )) et de science^ a gardé le silence durant trente

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}) ans, quoique son cœur brûlât d'envie de faire » connoître son Père par tout le monde , et qu'une » seule de ses paroles fut capable de convertir 31 tous ceux quil'auroient entendu. Ilsetaisoit^ ïi parce que sou Père le vouloit ainsi, et que cette n volonté souveraine étoit son unique règle en 1» toutes choses. Nous devons donc adorer son )» sQencey autant que les discours qui sont sortis de' » sa bouche. Mais ce n'est pcis assez ^ nous devons » l'imiter^ en lui rendant les lumières de notre D esprit^ ou.le talent de la prédication et des en-* » tretiens édifians^ lorsqu'il lui plaît de les ren prendre

Il feut étre bien mort à ioi'mêiÀe, et avoir un tâe bien pur , pour pratiquer cette nia»me an

point de perfection où l'a su porter le serviteur de Dieu. Plusieurs ibis il lui est arrivé de demeurer comme muet' an milieu d'un discours^ sans pouvoir articuler une parole -sur le sujet qu'il avoit entrepris ; Dieu le permettant ainsi pour éprouver la force de son amour, et rayanccr dans les voies de l'abnégation. Content alors d'adorer les ordres de son maître, M. OU^ se retiroit^ après avoir confessé ingénuement qu'il n'éloit plus capable de riea dlre^ parce que notre Seigneur ne lui fournissoit plus rien. Mais à eet embarras de langue, et à ces ténèbres de Fesprit, Dieu feisoit succéder unlajngage si éloquent, avec une si grande fiicilité d'éxpressions , qu'après l'avoir entendu , on ne pouvoit s'empêcher de.lui appliquer ce mot de XEtYain^leiJVon Jamais homme n a parlé ainsiU), Bien n'étoit plus iîonunun que de voir les peuples

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