‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 16 sur 205 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

déshonorante pour un homme de qualité comme lui. On n'épargna pour l'en dégoûter ni représentations, ni reproches, ni railleries : plus d'une fois on .en vint jusqu'aux injures et aux menaces ; mais riea ne put altérer la paix de son ame, ni lui faire aban- : donner un genre de bonnes œuvres, qu'il sa voit ► être d'autant plus agréable à Dieu, qu'il le faisoit i mépriser des hommes. Sa réponse à tous ceux w^ui le blâmoient, étoit cette maxime de saint Paul : Si je voulais plaire aux hommes , des-lovs je ne serois plus serviteur de Jésus-Christ. Tout ; ce qu'on put obtenir de lui , ce fut , lorsqu'on usa d'une sorte de violence pour écarter les pauvres de l'appartement où il les rassembloit , de les con-^ duire dans le lieu de la maison qui lui rappeloit » l'étable de notre Seicneur : là il satisfaisoit son • •i; ~' " zèle en pleine liberté ^ parce sage tempérament^ 'v * il se faisoit tout à tous ; et en cédant à ses persé* cuteurs, il n^accordoit rien à l'ennemi de tout bien qui les aigrissoit contre lui. ^

Une ame arrivée déjà à une si haute vertu, xxT. méritoit de jouir tous les jours des chastes embras- Son direo semens de l'époux céleste; et celui que l'Eglise J^gti^com^ invoque sous le nom de Père des pauvres, ne munionquo^ pou voit les refuser à un' cœur qui se dilatoit avec twlienn« tant d'effusion de tendresse en faveur de ses amis les plus chers : aussi son directeur lui accordat-il la communion quotidienne; grâce qui lui lit redoubler sa vigilance à éviter jusqu'aux plus légères imperfections. U ne passoit pas un seul jouF sans se purifier dans le sacrement de pénitence.; Il se refusoit tout pour répandre son bien e n aumônes : afin de vaq^uer plus libr «aient à l'oraison^

VIE DE M. OlIbA.

il vivoit éloigné de toute compagnie ; son Ut étoit me simple pailtasse^ mortification qWil CAchoit si bien y que son valet de cluinibre l'ignora longtemps^ et fut le seul qui s'en aperçut au bout de t|QGlqiies années. Aussi avide d'sLUstëntés que le^ liommes s^nsneb.et volafAoeux le sont des dour^ ccurs et des commodités de la vie, il traitoit son 4>oi;ps avec toute la dureté d'un maître qui dompte jB<»iÉe8clave; il suflisoit qu'une action fut agréable & Dieu, pour qu'il s'y port&t aveo ardeur,. ^ue pénible qu'elle fût. . v

XXIT^ Tels étoient les progrès qu'avoit &its M. Olier Il éprouve les voies de la sainteté, lorsque notre Sein peiifer'imL g»ieur Youhit l'éprouver, non plus seulement par \\!i)if.Q^. ceux de ses amis et de ses proches qui censuroient sa conduite, mais par lui-même, en le privant, des oonsolationa intérieures et de la paix de l'ame^ qui Pavoient soutem jusqu'akurs dans la tribdaf^ . tion : scrupules, ténèbres, agitations secrètes dai^Tesp^it,^ dégoûts, tristesses, amertume dans Je cœur, tout ce qui peut porter la désolation^ dans une ame, sembla conspirer tout à la fi>is.,v pour plonger la sienne dans une agonie pire que la morU £avain pour calmer ses peines, son, ^nfessèur employa*t-il tous les secours qu'offcft^r la foi aux justes à qui notre Seigneur fait goûter le calice de sa passion : quelque soumission qu'il < trouvât en lui, il ne pi|t réussir à dissiper lenuage affreux qui lui caclioit la lumière du soleil de justice ; il falloit que la même main qui avoît- . envoyé le mal , en procurât le remède. D^u lui inspira done éè^-ieeourir à la même souree, ou il avoit trouvé sa ^uérison corporelle pen4aiyt son

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