‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 160 sur 205 · LIVRE VII, cnAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII, cnAP. VII

Jésus-Clîrist, et le désir de gagner tout le monde à Dieu son Père, afin de lui procurer autant de serviteurs occupés à le louer éternellement , qu'il y avoit d'hommes sur la terre; 2.0 le pouvoir da sa grâce et la vertu de ses paroles, dont une seule étoit capable de convertir tout un grand peuple; 3.0 la plénitude des dons et des trésors qui étoient cachés en lui, non-seulement pour sa divine personne, mais pour la sanclification de ses membres -, en un mot , les dispositions admirables de son ame, lorsqu'il prechoit aux Juifs et travailloit doucement à les attirer à son Père. ;

Ce premier devoir rempli , il vouloit qu'on se regardât comme incapable de rien faire pour le prochain, et de le porter à Dieu, sans le secours de son Esprit, qu'il faut donc, concluoit-il , demander avec humilité et confiance, comme le principe des bénédictions que nous pouvons espérer du Seigneur, sans nous appuyer jamais sur nos talens. « Dieu permet souvent, disoit-il, » qu'avec toute notre science et toutes nos belles » paroles , nous ne fassions point ou très-peu de » fruit; tandis qu'au contraire beaucoup d'autres » avec moins de talent touchent les cœurs par des « discours simples et communs , parce qu'ils sont » remplis de piété. Cette conviction de notre i^- » capacité, disoit-il encore, doit nous faire aimer » et pratiquer l'oraison, pour trouver en notre » Seigneur tous les secours dont nous avons be- » soin dans l'exercice du saint ministère ». Il désiroit qu'un missionnaire ne connût presque d'autre délassement, après les fatigues de la prédication ':Gt de la confession. l\ exhorloit ceux qui travail-

loient avec lui, à y persévérer, tant pour leur propre sanctification que pour le salut du prochain, aussi long-temps qu'il leur étoit possiblo durant la mission, afin d'obtenir de notre Seigneur quelque part dans ses dispositions intérieures , et surtout la grâce d'agir en sa vertu , soit au confessionnal , soit dans la chaire ; en sorte que leurs paroles fussent comrbe autant de dards enflammés, q^l allumassent le feu de la charité dans les cœurs. Ou lui a ouï dire plus d'une fois, que dans les missions Toraison étoit encore nécessaire pour préserver les missionnaires de la dissipation à laquelle les exposent toutes les fondions extérieures qu'ils ont à remplir , « car toutes » saintes qu'elles sont, ajoutoit-il, il est difficile » qu'à force de s'occuper pour les autres, on ne » s'oublie soi-même, et l'on ne perde beaucoup de » l'esprit de recueillement nécessaire pour mettre î) son propre salut en sûreté ». Le serviteur dé Dieu pratiquoit fidèlement ce qu'il recommandoit aux missionnaires. La plus grande partie du temps que lui laissoient les intervalles des exercices des missions , il l'emplojoit à converser avec Dieu; et il y demeurolt si long-temps, que souvent il falloit le retirer de la contemplation comme d'uu •profond sommeil. Il exigeoit aussi des missionnaires la phjs grande pureté de cœur; de peur que Dieu, trouvant souillés les canaux par où il vouloit faire couler ses grâces sur son peuple, il ne les retînt dans ses trésors, et ne laissât périr les ames, par un jugement terrible de sa justice sur elles et sur les ministres de son Eglise.

A la pureté de cœur il recommandoit de joindre

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