LIVRE VII, CHAP. TU
la pureté crinlenlion, qu'il faisoit consister à travailler dans la vue de glorifier Dieu, et de lui gagner des adorateurs qui le louassent éternellement, à ne regarder que notre Seigneur dans toutes se$^ œuvres, à se livrer entièrement à son esprit, s'attacher et à se liera lui si fortement, qu'on n'agît plus qu'en lui et que pour lui : union né-, cessairc pour ne pas se décourager, en beaucoup d'occasions où les soins et les peines paroissent au-dessus des forces de l'bomme le plus rempli de zèle, comme lorsqu'il s'agit de convertir un pé-^, cheur invétéré. Car en se jetant avec confiance! en notre Seigneur, et eu demeurant bien persuadé que si l'on ne peut rien sans lui , on peut tout en sa vertu; loin de se rebuter des diflicultés, on sent au contraire son courage renaître, au milieu même des obstacles et des contradictions.
Il vouloit qu'après les travaux de la mission, on renvoyât à Dieu la gloire de tout le fruit qui s'y étoit lait, sans en rien retenir pour soi. « Une » des cboses, disoit-il, contre laquelle nous de- » vous nous précautionner le plus , c'est une se- » crête complaisance a laquelle on laisse prendre )) son cœur, lorsqu'on voit ses travaux accompa- » gnés de bénédictions. Il n'en faut pas (^avantage )) que cette vaine satisfaction, pour faire entrer » le poison de l'orgueil et de la propre estime » dans notre esprit. Nous ne pouvons donc trop » arrêter la vue sur notre néant ; et c'est alors qu'il faut confesser humblement de cœur et de bou- » che, que toutes les merveilles qui s'opèrent dans }} les ames sont uniquement l'ouvrage de la main » de Dieu ». . . ....
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Il ajoiilolt que ce n'etoit pas assez de prier pour les peuples qui venoitnt à la mission, mais qu'il falloit faire pénitence et mace'rer son corps pour eux, selon ses forces et la liberté qu'on a voit de le faire ; que les missionnaires dévoient se regarder comme chargés et responsables du salut des ames; qu'ils ne dévoient donc épargner ni peines ni mortifications^ mais s'estimer heureux, au contraire, et regarder comme une grande grâce d'avoirà souffrir beaucoup, et de mourir même pour elles, à l'exemple de notre Seigneur qui a souffert jusqu'à expirer pour nous sur une croix, au milieu des lourmens les plus affreux.
Il disoit enfin qu'en quittant la mission, il fal- - loit rendre grâces k Dieu pour tout le bien qu'il avoitfait, et aux missionnaires, et aux peuples qu'ils avoient instruits ; souhaiter à ceux-ci toutes sortes de bénédictions j leur faire l'adieu le plus charitable et le plus tendre; les remettre entre les bras de la divine bonté, en la suppliant de les conserver dans leurs bonnes résolutions ; les assurer qu'on ne les oubliera point; et les conjurer, par tout ce qu'il y a de plus capable de les émouvoir, de demeurer fidèles à Dieu jusqu'au dernier soupir.