LIVRE VIT, en A p. vilT. l
comme le moyen (Vacquérir tontes !es vciius. Dès sa jeunesse, M. Olier s'y sentit fortement attire ; et quoique dè$-lors le goût du monde eut retardé en lui Topération de FEsprit saint qui vouloit posi sédor son cœur sans partage, il ne s'y livra point assez , pour renoncer au commerce interii ur avec Dieu,qivi le rendit dans la suite un deâ hommes les plus consommes dans la vie spirituelle. Ce l'ut surtout après son éle'vation au sacerdoce qu'il y fit les plus grands progrès. « Etant revenu de » Bretagne à Paris en janvier 1G39 j è'est lui^' » même qui s'exprime ainsi, je continuai l'e'tude )» de la the'ologie et de Li sainte Bible. Je me » sentis alors plus porté à l'exercice de l'oraisouri )» Au lieu d'une fois que je la faisois auparavant,^ » j'obtins permission de la faire deux fois,* une )) demi-heure seulement le soir aux jours d'étudej » et les autres jours une heure entière. Dieu m'a^ ïi fait cette miséricorde, de ne jamais omettre M celle du matin, qui duroit toujours une heure, » en quelque état déplorable que je me trouvasse n dans mes peines intérieures et extérieures» : çVtoit' » même le temps où je priois davantage w. ^\ , Son oraison devint continuelle, par l'habitude qu'il contracta de s'élever à Dieu sans elïbrt et comme naturellement, dans toutes ses actions/ Il ne pouvoit souffrir la conduite de ceux qui,* sous prétexte de s'être recueillis le matin en consacrant quelque temps réglé à la méditation l passent le reste du jour sans presque sè *rètirèjr au fond de leur cœur, et sans penser à Dieù^ L'oraison du matin étoit pour lui comme une préparation au recueillement et à l'union avec
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Dieu, qu'il savoit toujours conserver dans les différentes occupations de la journée. Non content de faire toutes ses œuvres dans cet esprit d'oraison, qui le tenoit sans cesse en la présence de Dieu , et de le porter soit dans ses différens en- * trctiens avec les hommes , soit dans toutes les affaires qu'il avoit à traiter avec eux , il s'j renouveloit souvent dans le jour ; car outre les deux keures qu'il .ne manqua jamais d'y employer, depuis qu'il eut fait plus particulièrement la résolution de servir Dieuj aux grandes fêtes, il y donnoit tout le temps dont il pouvoit disposer, après avoir satisfait aux devoirs indispensables de son état. Son amour pour l'oraison lui faisoit * changer ses jours de repos et de récréation en des jours de prière. Il lui en eût coûté autant pour oublier Dieu, dont la pensée faisoit les délices de son cœur, qu'il en coûte à la plupart des hommes pour penser à lui et demeurer en sa présence. Dans ses pèlerinages , qui ont été très-fréquens, on l'a vu souvent passer huit ou dix heure* à genoux et comme immobile au pied des autels.i.
Le jour lui paroissant trop court pour satisfaire pleinement son attrait , de temps en temps il passoit les nuits entières devant le très-saint sacrement. Rien ne le consoloit et ne le délassoit autant , après les travaux de la journée , que de se retirer, dans le temps où tout le monde prenoit son repos, derrière le maître-autel, pour y jouir, comme un autre saint Jean près du sein de son bien-aimé , du sommeil de la contemplation. C'étoit là qu'il puisoit toutes les lumières et toutes les saintes ardeurs qu'il exhaloit dans se6
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écrits ^ ses letlres, ses disoonrs et ses entretieBS* S'abimant alors dans les profondeurs de la charité de son Dieu, ou dans les sacres cœurs de Jésus e.t de sa sainte Mère, il commençoit à jouir sur la terre des pures voluptés dont le Seigneur enivre ses élus dans le ciel. Souvent y au milieu de la nuit ^ on le trouva dans sa chambre prosterné contre terre en oraison. i •
Il conseiUoit cet exercice i tout le inonde, et le recommandoit comme un moyen infaillible d assurer son salut e'ternel. Il en fit à tous ses en- Ëins un devoir et une pratique nécessaire pour conserver l'esprit de leur vocation, voulant qu'ils y consacrassent au moins une heure par jour. Soa grand principe étoit que toutes les œuvres d'uâ: prêtre dévoient commencer par IVnaison. Pour lui, il sembloit n'avoir d'autre fin, dans t6ut ce qu'il entreprcnoit , que de s'unir plus intimement à notre Seigneur^ de combattre la chair ^ afin queFesprit devenu plus libre, pàt s'élever &cilement à Dieu ; et dé d^ruire le vieil homme, pour faire naîii e le nouveau. Plus d'une fois il entendit cette vois intérieure : <c Je veux que tu vives dans une con- M templation pwpétudie ». Quoique l'oraison fût devenue comme son élément et sa vie, tous les ans il faisoit les exercices spirituels de la retraite ; et il y étoit si fidèle , que n'ayant pu les fiiire pen-:i dant deux années , à cause des travaux continueU des missions , dans la troisième , il fit , en six semaines, trois retraites de dix jours. U en usoit de même pour ses oraisons de chaque jour. Si des affaires pressaiites Vavoient empêché d'y vaquer au temps ordinaire, il se séroit privé du sommeil ou de