‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 163 sur 205 · OLIER · texte numérisé non relu

OLIER

son repas, plutôt que d'y manquer. Il proGloIt alors des niomens qui lui resloient à la fin de la journée, ou il prenoit une heure sur la nuit.

L'oraison éloit encore son conseil dans toutes les difficulte's, comme son recours et son asile dans les extre'mités où il a voit le plus de besoin de l'assistance de Dieu et des hommes. Comme Salomon , qui demanda instamment à Dieu le don d'intelligence et de sagesse pour gouverner son peuple, c'étoit aux pieds du Seigneur qu'il alloit solliciter les lumières qui lui e'toient nécessaires pour la direction des amcs. (( Ce matin , » écrivoit-il en 1647, lendemain de la sainte » Nativité de Notre-Dame, étant en oraison, je )) me suis uni si intimement à mon maître, qi/il » m'a ôté les forces, m'altirant tout à lui avec i) tant de véhémence, que je me suis perdu en sa » sainte personne. Après cela, il lui a plu de com- » mencer à m'instruire de l'ordre que j'avois à )) tenir pour régler la paroisse ».

Manquoit-il de moyens pour soulager les pauvres, il supplioit pour eux dans foraison , toujours assuré de ne le pas faire en vain. Il sembla même que noire Seigneur prenoit plaisir à le mettre dans le besoin , pour lui donner lieu d'exercer sa confiance , et l'obliger de venir dépo-' scr ses peines dans son sein. S'il lui surv( noit quelque tribulation intérieure ou quelque affliction de dehors, l'oraison étoit tout son remède. « Ayant souffert pendant la nuit, écrivoit-il un » jour, dans la crainte que Dieu ne fût lassé )» de mon service, et ne voulut mettre dans la M cure q^uelq'ue autie personne en ma place , san«

» y penser, le soir à Toraison , lorsque je soupiroi* M en lui^, a£n de vivre pour; l^i dans une perpé'**- » tuetle fliolitudç tnl^riçitra^ ce bon maîu^e> qui est » tout amour, me dit t Tu ne veux que moi sSul^, » et moij je ne veux que toi dans mon œuvre; > ,.n^ç jOii^tyÇC^n^p^^ par-là, qu'il vtfitloilquo il Je,. iTtijSjfe, encore chargé ^çm, de^. ames qu'il- ^^ m'avoit confiées ». , ^-^^ i ,

« lie jour de saint Charles, écri voit-il une ^utre )» fois, je yi3,eii.l'pr^usciii qiie4e;devpir dVn » étoit de çoi)[i^j|4tre inceissamilient , par Jeftua-^ M Christ et en Jésus-Cbrist , la malice du démon> ^ ^.HJOi^ ^QnpX^pik devoM être très-|u:deûte et très- }^J^^Q^e^ ÇpJ^^ J^ &ut enopre qu'elle

p floit universelle. Comme notre Sdjgtieur a prié >i sur la terre et prie encore dans le ciel pour » toute son Eglise, le bqu pasteur, retiré et perdu v en Jésus -Christ, entre ^inférjearement daôf » toute l'étendue de son zèle, quoiqu'à l'extérieur » il ne travaille que dans rétendue de sa mission. >}.,Çombiea d eauemif 4 a en \ Il &ut » GQDAl^tt^^^^p^^in^i^ fbrce; tantôt contre W y puissances du n^pade poussées et inspirées par » les anges de ténèbres, qui ont encore en eux la v> nature de J^jç^icipi^uiQ dont ils abu^nt dans la 3t personne des princes , «surpant la principauté » de Dieu et de Jésus -Christ en terre j tantôt » iqputre les magistrats qui abusent de leur pou- ^flBlki'^^irde: leur..autorité dans4e gouvernem&n| N du ponde. Un pasteur, tout anéanti C(u'il est.e»^ I) soi , doit être revêtu intérieurement de la force , » de Jéçu^^Çbrist j et c'est dans Toraison qu'il Ja » trouve. Saint Paul, après ravoir représenté toijit

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» armé depuis les pieds jusqu^à la téte, ajoute, en » parlant de Toraison comme d'une armure toute » puissante : Invoquez Dieu en esprit et en tout » temps , par toutes sortes de supplications et de » prières; vous employant avec une vigilance et » une persévérance continuelle h prier pour tous ^) les saints (0 ; voulant qu'on prie pour tous les » chrétiens, même pour les justes et pour les par- » faits, afin que Dieu les fortifie 5 et que lui-même » dans ses ministres, il détruise les ennemis de sa V gloire par le glaive de son esprit, c'est-à-dire, » parla parole du salut qui réside en leur bouche ».

Ce fut dans sa retraite de i636 que Dieu commença à se communiquer à son serviteur dans l'oraison d'une manière plus privilégiée et plus extraordinaire que jamais. « Comme j'àvois, dit*il, » changé de directeur , celui qui me conduisoit » alors m'abandonna plus que le premier à l'esprit » de Dieu, et me laissa faire tous mes exercices » spirituels. 11 ne me fit en tout qu'une visite,* >î parce qu'il m'ayoit conseillé de faire une retraite » à la campagne, et que sa charge ne lui permet- » toit pas de me venir voir plus souvent. Je com- » mençai alors d'éprouver manifestement la con- » duite du divin Esprit, et le grand soin qu'il a » toujours eu depuis, de mon intérieur j car ordi- » nairement, ou au moins pendant quelques jours, » dès le matin , notre Seigneur me montroit dans >ï l'esprit les sujets de mes oraisons. Il m'en don- » noit quatre pour quatre heures que je faisois » par jour. Je me souviens qu'entre autres grâces, » ce bon maître me visita intérieurement avec

(0 Ephes. VI. 18.

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