LIVRE VII, CUÀP. VIII
Testament, et aalanl le nouveau. Ce qui raffermit dans celle re'solulion, ce fut le grand sentiment de confiance dont elle fut accompai»ne'e, que l'esprit de Jésus-Christ lui en donneroit rinlelligence. « De tout temps, dit-il, j'ai cherché, sans le sa- » voir, le moj'en d'élre éclairé de Dieu seul^ et î) en effet ks liommes n'ont rien avancé près do V moi , lorsqu'ils ont voulu m'enseigner. CVloit » la même chose, lorsque je désirois m'appliquer » par moi-même. Si je n'étois soutenu de quel- » que aide surnaturelle, ou je demeurois stupide )> çt j'avois Tcsprit bouché^ ou je me trouvois n fil distrait que je ne pouvois rien apprendre. )) Je puis bien assurer que c'est mon Dieu, mon )) Jésus qui est mon maîlre. Ayant croupi long- )) temps dans l'ignorance de rEcrilure, que je ne » pouvois me résoudre d'apprendre à force d'é- » tude et de commentaires j un jour, ( c'étoit en » i638 ) lorsque je priois Dieu, nn rajon de lu- » mière pénétra mon esprit, comme perçant au » travers des ténèbres qui l'envcloppoient. Dès- » lors je commençai de la. compren di-e^ et ce fut
avec une grande facilité, qui depuis a louj ours » été en croissant, dans les choses même les plus ^ difliciles. Je dirai ici, à la gloire de Dieu mon }) unique et fidèle maîlre, qu'd ma paru toujours )) ^très-jaloux de m'instruire lui-même,- car souvent » je ni'étonnois le matin, que ce divin docteur
n^e donnât rinlelligence de quelques passages » des livres saints que je n'entendois pas aupa-
» ravanl Jalousie admirable de mon Jésus,
» qui veut être quelquefois Tunique maîlre de ses » disciples! Je me souviens encore, qu'une pcr-
vie DE M. OLIElt.
)) sonne de piété, il y a environ quinze jours , pro- » posoit devant nos messieurs une difficulté sur » l'interprétation d'un passage de l'Ecriture; et » l'on m'ordonna sur l'heure d y répondre, quoi- D que je fusse le plus ignorant de la compagnie. » Je satisfis par obéissance; mais cela me parut » très - facile. Deux ou trois jours auparavant , M dans l'oraison, notre Seigneur m'avoit arrête » l'esprit sur ce passage , et m'en avoit donné 7i l'explication. La même chose m'est arrivée plu- » . sieurs fois », '
Plus M. Olier touchoit à la fin de sa carrière, p\us on remarqua en lui de goût pour la contemplation, et d'union avec Dieu. Comme son corps ëtoit trop affoibli , vers les dernières années de sa vie, pour soutenir les communications intimes qu'il avoit souvent avec lui , et les grâces sensibles Qu'il en recevoit, on lui donna quelques ecclésiastiques pour le distraire d'une application trop continuelle. Il faisoit bien tout ce qu'il pouvoit pour leur obéir; mais la pente de son cœur étoit trop forte pour supporter long-temps cette interruption. Elle ne durcit que quelques momens, et laissoit insensiblement ce cœur languissant d'amour reprendre son premier mouvement vers son bien^aimé. Ces saints épanchemens ne cessèrent qu'avec sa vie j lorsque son ame, invitée par l'époux céleste a quitter le lieu de son exil, se sépara de son corps ^ pour aller se perdre dans le sein de Dieu. .
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