CHAPITRE IX
»Ojr MUItlLITÉ.
hk merveiUe de la grâce dans la plas sainte
des créatures , c'est qu'avec les plus augustes prërogatives^ la plénitude des dons de Dieu, les titres .magnifiqaes qui la mettoient au-dessus des anges mêmes y et snrtoat avec le titre incomparable de Mère Hé Dieu, elle ait su réunir la plus basse opinion d'elle-même et la vue continuelle ^ de son néant. Ce qu'il j a dé plus ado^^ble dans les saints , c'est leur ressembliainoe avec celle qui fut tout à la fois la plus humble des servantes du Seigneur et la plus parfaite de ses^mages , ou plutôt avec le Fils de Dieu bumble jusqu'à l'anéantissement. Dans la conduite et les écrits de M. Olier, on trouve des traits sans nombre de cette conformité de sentimens avec Jésus et Marie anéantis devant Dieu et devant les hommes. Il se regardoit comme la plus vile de toutes les créatures , et ne recevoit qu'avec une extrême confusion tous les services qu'on lui rendoit. Plein de la pensée de son néant , qu'il ne perdoit jamais de vue, il se mettoit au«dessous de tous les antres ^ n'aimoit rien tant qu'à les servir; et les offices les plus bas étoient ceux qu'il rendoit avec le plus d'empressement. Dans un de ses voyages , étant 4 . Fauberge, il se retira pour quelques momens a l'écart dans Técurie. Comme le lieu étoit obscur, im autre vojageur l'ayant pris pour un des valets
de la maison, lui or louna d'avoir soin de son cheval, et sortit aussitôt. M. Oiier, ravi de trouver cette occasion de servir le prochain et de pratiquer la vertu que notre Seigneur ëtoit venu enseigner au rconde par ses anéantissemens , tout abbé qu'il étoit dès-lors, s'empressa de faire l'office du valet d'écurie. Il n'avoit pas encore fini, lorsque le cavalier rentra. Celui-ci le trouvant en celte fonction, et reconnoissant sa méprise, fut fort étonné de voir un ecclésiastique exécuter un ordre qu'il crojoit avoir donné à un domestique, avec autant de docilité que s'il l'eût été réellement.» C'étoitasscz, pour lui faire toutes sortes d'excuses, de s'apercevoir qu'il avoit parlé à un prêtre j mais sa surprise et sa confusion augmentèrent bien davantage, lorsqu'il apprit quel étoit celui qu'il avoit trouvé si| obéissant. La scène se termina comme se terminent ordinairement les aventures de ce genre qui arrivent aux saints j c'est-à-dire, que plus le voyageur fiU affligé de l'allront qu'il yenoit de faire, sans le savoir, à M. Olier, et lui? en témoigna ses regrets^ plus le serviteur de Dieu^ le combla d'honnêtetés, et l'édifia £ar le ton agréable qu'il sut y mettre. ' '
Un a peine a concevoir comment les premiers en vertu et en sainteté aux yeux de Dieu , se regar-^ dent et s'astiment comme les premiers des pé- ^ cheurs, et se comparent aux plus scélérats des hopimcs. C'est un secret de l'humilité chrétienne, dont les exemples ne sont pas rares dans les histoires des saints; et c'est dans M. Olier un nouveau trait de ressemblance avec eux. Voici ce qu'on trouve écrit de sa main. « Je n'ai qu'à dire