‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 173 sur 205 · LIVRE VU, CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE VU, CHAP. X

il parut au contraire si joyeux et si satisfait, qu'on eût dit, à le voir et à leutendre, qu'ils avoient trouvé ua séjour délicieux. ti

La nécessité fréquente de voyager, où il futpen« dant sa vie, et le peu de précautions qu'il prenoit pour éviter les incoramodilés du voyage, l'exposèrent souvent à dilFérens accidens de ce genre. Il disoit qu'en ces occasions on devoit accepter la fatigue et les autres incommodités en esprit de pénitence; que des pécheurs n'étoient pas en ce monde pour y vivre à leur aise et n'avoir rien à ' souffrir. « N'est-ce pas, ajoutoit-il, une grande » miséricorde du Seigneur, qu'il nous donne le » couvert? Pouvons-nous mieux honorer la pau- » vreté de Jésus-Christ , qu'en la circonstance où » nous nous trouvons? N'a-t-il pas voulu subir les » rebuts des hommes j et ne s'est-il pas réduit à la » dernière indigence dans la personne de la trcs- )) sainte Vierge, lorsque ne trouvant pas de place » dans le lieu même où il s'en trouvoit pour les » pauvres, elle fut obligée de se retirer dans une» V élable? Ces sortes de mortifications prises en » esprit de pénitence et de résignation aux ordres î) de la divine providence, dont il faut adorer » toutes les dispositions, sont bien plus agréables \ •» à notre Seigneur que toutes celles qui se font ilej » notre propre choix, parce qu'elles sont beau-- » coup plus opposées à la nature, et qu'arrivant » souvent dans les voyages, elles accouturatnt » notre volonté à mourir peu à peu à ses inclina- » tions-^ ce que n'opèrent pas les mortifications » que nous nous imposons nous-mêmes >).

La douceur et la paix que montra M. Olicr

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dans la pauvre diaumière dont on vient de parler ; rafTabilité avec laquelle il parla avec ceux qui Vy traitèrent^ les paroles de salut qu'il mêla dans son entretien avec eux^ tout cela, joint à je ne sais quel air de bonté qui pre'venoit tous les esprits en sa faveur, dès qu'on entroit avec lui en conversation familière, les toucha si vivement, qu'ils ne pouvoient se lasser de fcnlendre parler de Dieu.'* L'affection qu'ils conçurent pour lui, et leur vënéraliou pour sa vertu, parurent surtout le lende-»' main. Au moment de son départ, on les vit fondre en larmes. Le regret qu'ils avoicnt de le voir partir étoit si profond, que ne pouvant se séparer de lui, ils le conduisirent jusqu'au bord d'une rivière assez éloignée , qu'il avoit à traverser pour continuer sa route; ce qui fut regardé comme un trait de providence ; car sans ce secours , on se seroit égaré encore dans un pays perdu , d'où l'on u'auroit pu se tirer qu'avec beaucoup de peine.

Je ne veux pas omettre ici un autre événement, dont la singularité ne servira qu'à faire mieux connoître jusqu'où le serviteur de Dieu savoit posséder son ame dans la patience. Depuis plusieurs années, l'usage de la paroisse étoit de faire la bénédiction de l'eau à la première grarid'messe du dimanche, aûn qu'après le prône on pût commencer plus tôt la seconde, qui avoit paru trop retardée à un grand nombre , et qu'il ne restât plus alors que l'aspersion à faire. M. Olier l'avoit réglé ainsi, d'après l'avis des paroissiens les plus sages, et de concert avec tout son clergé. Comme il étoit en chaire, et qu'il faisoit le prône, une femme courbée de vieillesse se leva du milieu de l'audi-

toiie.

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