LIVRE VU, CHAP. XI
n même avoir d'autre occupation interiéute» Me » rappelant combien il ëtoit vide dé lui-méàae et
» plein de l'esprit de Jesus-Christ , je me le suis » représente plus d'une fois comme Thostie de » nos autek. Au dehorâ'^ vous Voyés ies accid^n^ n ou apparences du pain, au dedûnâ c'étit Jésus^ » Christ. Il en étoit ainsi de ce saint homme. » Comme sa grandp dévotion, reprend -il, étoit » d'hoporer et d^tter l'enfance de Jés^f » la deimiére l^iftte que jig lui Cs , avant qùe I>feû » l'eût appelé à lui, il me dit, Prenez Venfant » Jésus pour votre directeur : paroles qui^ m'ont » été bi^itlliai^*!^^^
Toâs lëi^ f6Éi^ qui hiî
a voit été donnée par le P. de Gondren : « O Sci- » gneur Jésus vivant en Marie , venez et vivez dans
» votre aervitéiiiri dans Teq^rit de vott« saitileitf^ D dans la plénitude de i^s^V^liis , dàiks la pèrféc^
» lion de vos voies, dans la communion de vos » mystères. Dominez en nous sur toutes les puis- >) èapëà^jai^
priéWfa'itir^Ù^MNfiaùx prêtres de^-ifeinpagnie, pour nourrir en eiix l'esprit intérieur , et les entretenir dans cette vie de foi qui étoit l'âme de toutes seà œùyrès. Ç^^t d|ifej|gi^^jte leur oraisdti dii ittîttîfc ^ ^ i-^^
De tous les moyens que Dieu emploie pour former l'amour parfait dans une ame, et la faire croître dans la vie intérieure , il n'en est jpioint de plus efficace, que les maladies, les persétmtions , les peines d'esprit; parce que ce sont comme autant de parcelles de la croix sur laquelle notre Seigneur a consommé son sacrifice ^ et d'où dé-*
coulent toutes les grâces. Nous apprenons encore de M. Olier lui-même^ combien elles servirent à le perfectionner dans la vie cache'e en Dieu. « Ce » matin, ëcrivoit-il le jour de saint Matthieu, il a » plu à la bonté divine de me dire qu'elle vou- » loit que j'entrasse dans une nouvelle vie^(il sor- » toit d'une grande maladie) que je fusse plus doux , plus patient, plus charitable que jamais; » qu'il falloit même me séparer de toute aflbction » sensible, conformément à l'esprit du christia- » nisme, qui est de mourir à cette vie présente, » et de ne vivre que pour l'éternité j que je ne » prisse plus de consolation , et que je ne goûtasse » de joie que, comme les bienheureux, dans la » possession de Dieu et dans le zèle de sa gloire. » Je peux dire, à la louange de son nom, que cette » maladie m'a été extrêmement utile pour mourir
V au monde et à moi - même. Elle m'a disposé
V suavement à ne vivre plus que pour Dieu^ ce 1) qui est la vie de la résurrection ». ^
Chaque mystère de noire Seigneur le faisoit comme sortir de lui-même, pour entrer dans l'intérieur de son bien-aimé et se revêtir de ses dispositions. « Jlélas! grand Dieu, disoit-il à son » directeur, lorsqu'il lui cxposoit ce qui se passoit » dans son ame, c'est bien ici que je dois m'abi- » mer et m'oublier moi-même, pour me perdre 3) en votre Fils, comme vous me l'avez dit une » fois , lorsque vous me fîtes entendre en secret » ces paroles : // Jhut vous consommer en moi j )» afin (jue je fasse tout en vous. Vous me don-> )) nâtes alors de grands désirs de me convertir* )) loiit en vous. Vous me faisiez souhaiter d'êlre
IITHB TII, CÉAP. ZI. *
)) le pain qui doit servir au saint sacrifice , afîu » de pouvoir être transformé en vous ; car vous » m'avez toujours inspire ce désir ^ de n'être pas. ji seulement votre image ; mais un autre yous- » même. Combien de fois vous m'avez fait ressen^ » tir les s,entimens de votre ame^ 6 mon Jésus ^ » comme si je n'avois été qu'un avec vous! Gomj» bien de fois vous m'avez communiqué les dis- » positions dè votre cœur en vos mystères! Vous » avez souvent répandu votre intérieur dans le » mien ; plusieurs fois vous me l'avez montré D comme à découvert. Je ne sais comment expri-n I) mer ce que je sentois alors. En même temps que » je découvrois votre intérieur, vrai paradis de )} louange; les louanges que vous rendriez h votre » Père , je les sentois remplir lé mien, et s'élever » par elles-mêmes vers le ciel, sans que je fisse » rien autre chose que de souffrir et de consentir » qu!eUes y fussent offertes à Dieu par un cœur » aussi agréable au àen que le v6tre, c'est4i-dire, )) par celui qui est le principe do toutes les loiian- » ges que vous recevez des créatures. C'est ainsi » qu'après m'avoir montré l'intérieur de votre )i ame, vous m'en avez fidt participant ^ et c^est D ce qui m'arrive encore en différentes manières; ») car tantôt mon ame se répandra en louanges « comme la vôtre et avec la vôtre; tantôt il me » semblera que mon cœur se multiplie par tout )) le monde et dans tous les cnciroits où vous êtes, » à cause de sou union intime avec le vôtre» Une n antre fois je voudrai offrir le saint sacrifice pour » honorer Dieu votre Père en toutcfs les manières « possibles j et tous ces sentimens soat les vôtres,
538 TIE DE M. OLIEll.
» 6 mon amour! qui^ étant sans nombre , et trop
» au-dessus de mes forces pour que je les puisse ji comprendre et éprouver tout à la fois^ ne me » sont .communiqués ijue successivement et les » uns après les antres ».
« Je sens loul cela, reprend M. Olier, s'opëref >i en moi sans que j'y pense; et notre Seigneur . » me &it connoitre «que c'est en me fiiisant part » de ce qui s'opère en lui-même ^ sèlon liià foiblë » porlee. Quelquefois, par exemple, je pense &• » former mes intentions pour le saint sacrifice^ , » maïs je me trouve si^troitmi^t uni , ou mémé » tellement un avec mon Jësus , que je ne puis » en avoir d'autres que les sieimes; en sorte que » je me sens comme perdu eu lui, et ne puis agir Il que dans ses propres ittientions. Ordinairement » j'ofire là victime adoraUe, pour remercier Dieu » d'avoir choisi son Fils et de Tavoir envoyé au { . • >> monde ocu^^e soa.J^^
y> àeJk/ficnÎK^èà^ son esprit^ de l'avoir élevé » en gloire etfâk asseoir à sd droite. Pendant près » d'un an, sa bonté me nionlroit presque toutes )9 les i intentions qu'il désiroit que je prisse en » agissant f et que notre Seignétir auitoit eues en » ma place; ce qui ëtedt me &ire viVré de la vie » de Jésus-Christ ». ' -i^ri
« Enfin ^ après m'avoir enseigné une fois qu'il • a Êdloit tout fiiiredanâf flDSft intentions^ qui étoient >v toujours la gloire de Ken son Père^ noire Sei* » gneur me plongea l'esprit dans une grande et » vive lumière, au milieu de laquelle je vis cette fi inscription tditté ikjùti^iÀatti SanctifieeUtr no^ nmen tu,um. Depuis ce temps «-là, je n'ai plus
Liv&E VII, cHAp. xr, 53^
n d'autre lintentioa que de Êiire tout pour glorifier
» Dieu. Ce qu'il désiioit de moi par ces paroles^ )) je l'ai resseuli quelquefois, comme si j'avois vu » son cœur ouvert devant moi; et d'autres fois, » comme s'il eût répandu son cœur dans le mien * » avec ses propres sentimens, selon ce que dit » saint Paul: Ayez en vous les mêmes sentiment » qu'a en soi JesuS'Christ (Oj et encore : Je vis, n ou pbttétj ce t/est pas moi qui vis, mais Jésus* » Christ qui vit eu moi (2). C'est pour nous cora* » muniquer cette vie intérieure qu il est au trèssaint Sacrement de Fautel; c'est pôur nous I) remplir de ses sentimens. Il n'a vécu dans le » monde qu'environ trente-trois ans, pour don- » ner au monde l'exemple des pratiques de per- » fection et de toutes les vertus en ses mystères. Il Mais il demeure avec nous perpétuellement » dans la sainte eucharistie pour nous faire parti- » cipans de sa vie intérieure et de Tesprit de tous ^ iéi^l^gis^rçs de sa vie sc^ible «t «ktérieure. Ces n mystS^îmSH; été passagers , et peu de personnes ' » en ont été les témoins ou en ont élé faits partî- » cipans^ lorsque Jésus-Christ les opéroitj au lieu » qu'à présent tonte FJ^g^toi^il^l^ dans la » communion de son corps et de son sang. Par » ce sacrement, notre Seigneur acbèvc la uiission » qu'il avoit commencée pendant son séjour de ;n trente*trois années sur la terre. Par k verta.de ft'sa gloire, il fait ce qu'il n'avoit pu fiiire dans les )) jours de son infirmité ».
Ce fut surtout dans les langueurs et les soul^ frances où la paraljsle jeta le serviteur de DieU)
t»: Philip, II. 5. , C'j Galat. il. 20. *
S.\o VIE DE H. OLIEIt. '
qu'il fit paroi tre combien la vie de Jésus^Christ . se fortifioit dans son ame , à mesure que la vie
naturelle s'afîbiblissoit dans son corps, et comnicDçoit à s^éteindre daus ses membres. Quel que fût le succès des remèdes qu'on lui ordonnoit, il ne perdoit rien de sa paix intérieure, ni de son union avec Dieu. L'accomplissement de sa sainte volonté faisoit toute sa consolation. Jamais il a^eut voulu former poar son rétablissement le moindre désir contraire au bon plaisir de Dieu. Il disoit que si notre Seigneur nous rendoit lasanlé, nous devions le remercier et n en user que pour sa gloire, notre corps et tout notre être lui appartenant alors par de nouveaux titres ^ mais que s'il nous laissoit dans l'infirmité, il falloit lui en rendre également nos actions de grâces^ et demeurer tellement perdus et abîmés ddns sa trés-sainte volonté, que nous ne vissions rien qu'en elle. En quelque temps de sa maladie qu'on le visitât, on le trou voit toujours aussi joyeux et aussi content^ qio^ s'il^ eut j^té en parfaite santé^ parce que cette vdionlé àDùvéraine et souverainement adorable étoit comme son lit de repos. Il disoit un jour, que la privation de la sauté et de tout ce qui plaît à la nature étoit un grand bien pour l'ame. La raison étoit que cette privation k rendoit plus capable d'être unie à Jésus-Christ, et par lui a son Père, puisqu'il se donne et se communique à die selon lu degré de dépouillement de toutes cbo^ çm elle se trouve. .
Les persécutions ne servirent pas moins que les maladies à perfectionner M. Olier dans la vie intérieure. lies unes et les autres étoient p^ur lai