‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 177 sur 205 · LIVRE VII, CBAP. XI · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CBAP. XI

comme autant de coups de la main de Dieu^ qu'il acceptoit en esprit de sacrifice, et soua lesquels il

devenoit tous les jours une hostié plus pure et plus agréable à notre Seigneur. En iG^o, il rendoit compte ainsi à son directeur de' ce qu'il avoit souffert, lorsqu'il eut refusé la coadjutorerie de Châlons. « Tout Paris, le Roi, M. le cardinal, » plusieurs cvéques^ M. le chancelier, tous mes n parens, et beaucoup d'autres- personnes dé ma ». condition, 9e mirent à faire toutes sortes de plai- » santeries sur le refus que j'avois fait do cette » diqnite. Ce fut bien autre chose , lorsqu'au » bout de six mois , i'évéque de Châlons étant » mort, un autre accepta la nomination et fut » pourvu en ma place de cet évccbe. Quelques- » uns de la compagnie ne m'épargnèrent pas plus » que les autres. Ce fut alors que, selon la pro^ I» lùesse qui, deux ans auparavant, m'avoit été faite » par mon bon maître , comme je l'en avois prié ^ instamment, de changer en humiliations les ^^NP^fif^ d'estinu^^et les louanges que je receyois^ » 'dë imies parts, je fus pleinement exaucé. Je lîe » sentois rien en moi, comme l'obligation de vivre >) anéanti , et le dé|i]^:fUCjùi|||it de voir mon maître

glorifié dan& maF oonfinm ne craigiiois'

^ 3» rien tant , que de me' faire un noni par les ser- )) vices que je m'eflbrcois de lui rendre; et s'il y » a voit de l' honneur à gagner dans les créatures, )^ je le suppliois de se le réserver ,( sans, me laisser )i autre chose quë moârt/au. monde :et'anâmtidse-^ » ment, pour ne vivre qu'en lui )>, ' - ■ ^

Eu i64(À, un an après l'horiuble catastrophe où il fut au moment de périr sous les coups de ses

SJ^ VIE DE M. OtiER.

ennemis^ se regardant toujours sousridéed'Lostie, qui lui etoit devenue continuellement présente à Tesprit : « C'est, disoir-il, en cette qualité d'hostie )) que vous voulez , ô mon Dieu, que je vous serve » toute ma vie ; et c'est pour cela qu'il y a un an , » vous mîtes mon ame dans la disposition de » victime et de servitude. Comme j'étois violem- » ment persécuté dès-lors par les uns, et tourné » en dérision par d'autres, entre lesquels il se M trouvoit des personnes de qualité, me mettant » en esprit devant vous, je prenois plaisir à vous » dire : y:fh! Seigneur^ que lout ceci serve a mon » sacrifice. Il faut mettre la victime en pièces j )) et me retrancher tout l'honneur que je pourrois » prétendre en ce monde ».

Enfin rien ne contribua mieux à former l'homme intérieur dans M. Olier, c'est-à-dire, l'homme crucifié aux créatures pour ne vivre plus que de l'esprit de Jésus-Christ, que ses peines intérieures. La croix faisoit alors sa paix, sa foixe et toute sa consolation. L'unique cliose capable de le Irou- Ijler, étoit la crainte de se trouver abandonné do Dieu et d'avoir encouru sa disgrâce. « La peine > » la plus véhémente de notre Seigneur, disoit-il , » lorsqu'il demeura attaché à la croix , ce fut la » colère de Dieo son Père, irrité contre lui. Auprès n de ce tourment , toutes les autres douleurs ne » sont que des roses. Les peines même des damnés » ne sont presque rien en comparaison de la haine » que Dieu leur porte. G'ëst là l'excès dos tour- » mens^ et dans la vie je ne puis rien trouver » qui me touche, que la crainte qu'il ne soit mé- » content de nous. Qu'est-ce que tout le reste?

iiTme m, chak xî. 543 >) U me semble , au coalraii e , cjue toute afiUctioa » qui vient d'aiUeors. doit éire notre centre. La » croix est le fond de mon repos. Je ne vois rien,

» qui rac contente etquimemetle en paix ^ comme » de me voir dans la désolation ^ rien qui me coor^^ » sole autant que le délaÎMement de» ctéafttires A entendre parler ainsi le serviteur de Dieu^ on diroit que c'est uq autre sauit Paul qui sent la consolation surabonder en lui^niéme^ lorsqu'il so voit inondé de& iota de la tribulatiDn : tant notre Seigneur se plaisoit à récompenser son déttiche-ment pariait des créatures par les délices de la vie intérieure^ qui ne fait estimer u\ g^te^ rien ia^t qQ)&leav»tes.de?la^ciirâ. . - . ' '^5^ ;

Oa l'a vu s'approprier teUenoien^' dans^ toutés^ ses œuvres les intentions du Fils de Dieu^ qu'il lui sembloit que c'étoit Jésus-Christ lui-même quir/ prioit et agissoit ofl^ lui. O» peut dftre k pttéttie chose de ses sauSWœces. G'étoit moini» hii qui souifroit, que Jésus-Christ en lui. « M'étanl ré- » ^eiU4 une fois y d(it41^ au inilieu de mou som-^ » meilj j'A^i^É^altaqué de peines intérieures irls^ » violentes^ H me^ mnbloit endurer celles que » souffroit notre Seigneur, de voir les ames qu'd )) chérit tendrement, aimer les créatures* ]?lu-f" » sieurs fois déjà il m'a voit £m sentir oette bojs4 » de tourment qui me oausoit des altérations et » me jetoit dans des lassitudes à n'en pouvoir )>^||tis. Je le co«|Mérois buvant oe eabce d'amer* }t liÉ^»«vant â«rJ^flâd99ii^ «i sàiut'âaérettieiil. Gkr » alors ilavoit présentes à l'esprit loules les infi- » délités de^^ux qui^ après lui avoir engagé leur » cœur , le xenonoeroient pour se livrer au monde.

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