LIER
» Il n'est pas croyable combien est grande sa ja- » lousie de nous posséder et de nous conserver. » G est un amour excessif, un amour ardent, un » amour vigilant, pressant, qui Taltache tellement » a Tarac dont il veut jouir, qu'il ne peut se la » voir arracher, sans souffrir des maux inexpri- » mables. C'est un déchirement d'entrailles, ce » sont des morsures aiguës, et comme des tc^ » naillemens épouvantables. Ce sont des peines » égales à celles île l'enfer. Dura sicut infemus » œmulatio (0. Non, je ne puis rendre ces dou- )) leurs, ni les faire comprendre. Voilà donc l'é- )) preuve qu'il a plu à Dieu de me faire supporter » plusieurs jours ». Une autre fois, après avoir souffert de grandes craintes et des frayeurs extrêmes, il pensa fortement, mais avec consolation, à ces paroles de David , dont le Seigneur lui donna une intelligence particulière : La crainte et le tremblement sont venus sur moi; et Je me suis trouvé tout enveloppé cV épaisses ténèbres (2). « J'apprenois alors par mon expérience, ajoute- » t-il, le sens de ces mots de l'Evangile : Jésus » commença de tomber dans le saisissemeîit , dans V ennui et dans la tristesse (3). Je voyois » sa face adorable toute abattue, et son cœur » plongé dans un océan d'amertumes qui ne peut » se concevoir. Je me trouvois dans un état sem- » blable; étal terrible, qui ne laisse aucune espèce » de soulagement, si ce n'est que de temps en » temps on sent au fond de son ame une vertu » douce et pacifique, qui la soutient et la conserve » dans le repos au milieu des agitations les plus
(•) Canl. Yin. G. i*) Ps. lit. 6. ^3) jj^larc. xiy. 33.
» violentes.
LivhE Vil, CMAP. xr» 5|5 » violentes. Car Dieu se retire quelquefois aa plus n intime de notre cœuf., aans nous laisser aacon » sentimeut de sa présence. Alors ta peinn est bien » plus grande, et la de'solation bien plus difficile » à suppti^îtçr, parcç qu'on craint d'être délaissé » de Dieu )K On v^it enpare ici que Dieu fit^sseï» son serviteur dan6 lefi voiè$ les plus cachées de la vie çpiritvi^Ujs^ q^i'il ooqaoissoit tout ce qu elle a de plusiqcoium aii eQmihuntdea fidèles, méœe yersés âam la scientie de ToniisM. Qu'on lise ses
Lettres et ses autres ouvrages imprime's, on y trouvera le langage ^es ^aint$ derniers siècles , dool; la v^ie fmoit moins de l'kDmme morlel qni Iiabite snr la terre, que de fai nature des anges qui ne vivent qu'en Dieu et que de Diçu dans
* CHAPITAË XIL
Scm flsprit et sèt nàaximes loachant les séminaires, les
ecclésiastiques qui s*y préparent au sacerdoce , ou qui y 8oat déjà parvenus , et leff directeurs qui les gOu* Vemm. Viâéê qu'il sefimolt des ëY^quei, qui en . font 1^ prfi|iu«3» supériems.
0» a vu, par les établisscmens que fit M. Olier pour former de dignes ministres du sanctuaire ^ coqoibieil $oi^ tH» ëtoit actifs lorsqu'il s'agiisoit d'élever les clercs et de les conduire an saGerdoeie; Mais on le connoitra mieux encore par le langage qn'U t^aoiti 9oi& jeunes gens qui étoient sou«
i/fi • vit M. OtiSIt. '
sa direction , soit à ceux de ses prclres qui tra- Tailloient avec lai à leur éducation y ou qu'il en- Toyoit dans les différens séanmaires qu'il avoit
fondes. -
U vouloit d'abord que les aspirans à la déricatore examinassent y dès leor entrée au séminaire ^ s'ils y apportoient un désir sincère d'jr vivre dans un dépouillement total de leur esprit et de leur volonté, te Car le premier pas^ dit-il^ à la perfecm tien de la vie cléricale^ c'est de se renoncer tel- )» lement soi-^méme , qu'on ne veuille plus juger » de rien par son esprit propre, ni se porter à » rien par son propre choix. Sans ce renoncement, n on ne peut^ ajoutoit^il^ doniier prompte entrée » A l'esprit de Dieu , qui veut occuper Famé de )) ceux qu'il appelle au service de l'Eglise, et rem- » plir leur esprit de sa lumière pour suppléer à la n leur y incapable de les conduire. Dieu ne prend » place en nous qu'après une défuissiSn entière » de nous-mêmes. Ce n'est qu'à cette condition I» qull réside en notre ame, pour l'édairer, la mou- » voir et la diriger sdon son esprit ; qu'il lui fiût » sentir les e£Pets de sa présence , et ses propres » désirs; de même queTame se fait sentir au corps, » par les mouvemens et les impressions qui expri- » ment et communiquent à ses m^bres les des* .» seins Wplus secrets et les plus impénétrables » de la volonté ».
M. Olier vouloit donc que ceux qui étoient admis à la déricatore fiussent tellement affiesmis danr les vertus et dans l'esprit du christianisme , qu'ils fussent des hommes tout nouveaux^ çontiuuelle-