‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 180 sur 205 · LIVRE VII, CHAI». XII · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CHAI». XII

, * M 5.<> Regardez comme une peste, et ayez en » exécration cette maxime , qu'il faut avoir Pes- » time du monde j comme si cela se pouvoit sans a élre des siens. î"»'^

^ • ' » 6.^ Gardez-vous de rien àToir qui soit con^ » forme au siècle, et de Fimiter dans ses manières M d'agir, de penser, de se vêtir : NoUte confor- » mari huic. sœculo (0. Le propre du chrétien, » c'est de sé reVétir, dans son intérieur et dans- » son extérieur^ des inclinations, des mœurs, et '» des vertus de Jésus-Clirîst : Induiniini Dofni» a nu'm Jesutn Chris lum i^h P'n 7.oi Lés Jeufiés geilâ qiû viennent au sémi*- » nairé doiv(^nt regarder la maison comme cette w'haie de FEvangile qui sépare la vigne du Sei- » gneur d'avec lo monde. Elle se trouve remplie M d'épines. Le monde né doit point en approcher •» sans y être piqué, et s^ms se voir repoussé par m l'horreur qu'on y témoigne pour ses maudites ^ maxime$, sés dtipVicités, ses médisances, ses. 1) naines et ses^ autres désordres, comme l'envie, » i'ambition , l'intempérance ^ l'avarice , etc. La ^ maison doit être si pleine dds vertus opposées, qu'eue €ï* inspii-e l'amour et la pratique, ea i> mémo temps Qu'elle donne toute sorte d'aver- >i sion et d'horreur de tous les vices.

» 8.0 Au lieu d'abonder en son propre sens, 1* chacun' doit captiver sa raison pour vivre uni- -T^ que ment selon la foi , et faire le sacrifice de ses ^ propret opinions, pour se . soumettre aveugKîol ment à la doctriïie et aux saintes règles de TE- » glise. Avec cette disposition, on sera pleinemcaK

55a . . VIE DE M. OLIER.

» éclairé, dans le besoin , de cette ipajestueuse et M divine lumière qui vient au-devant de ceux qui » la cherchent : Obi>iabU illi quasi mater hono" » rijicata (0. Ainsi Ton ne vit descendre aulrc- » fois la lumière de Dieu qui éclaira le temple de % )) Salomon^ et le feu qui le remplit, que lorsque » ce religieux prince eut fait à Dieu le sacrifice de » toutes SCS hosties. Dans le même esprit de sacri- » ficc do son propre jugement, on fera profession » de ne jamais juger ses frères, laissant â Dieu » toùt le jugement du fond des. cœurs, puisque » lui seul connoît les inclinations et les intentions » qui font tout le mérite des œuvres. J<,'sus-Christ » a reçu de son Père ordre de tout juger un jour. » Qui sommes-nous pour prévenir son jugement » et nous asseoir sur son trône? ;> 'ifjm^ *(■ ^

» Q.* On se garde bien encore içi de juger ses » supérieurs et tout ce qu'ils ordonnent sur nous* » Dès qu'ils nous commandent quelque chose, il » faut que nous nous trouvions avec joie établis » dans leur sens, et que nous soyons disposés à «w faire tout ce qu'ils désirent de npu^, < » io.° Ce n'est pas assez d'avoir t'enoncé au » monde et à soi-même j il faut encore entrer dans )) la vie de Jésus-Christ, qui est la nouvelle créa- » lure, à Tiuiage de laquelle doit se former en nous » l'homme parfait. Celui qui veut être à moi y nous » dit-il, quilsc renonce soi-même^ et qud me » suive {'^), Qu'il vive donc dans une contradic- » tion perpétuelle avec lui-même j qu'il habite un » royaume tout différent du monde ou de la

(») Ectli. XV. a, ^

{}) Abneget setneUpsum'f el seqnatur me. Matlh. xvi. 34" *

LlTItS TIT, CRA1»« HIT. ' 55l

m chair ; qu'il tende sans oe^ise à Jésus-Chrbt par 1» la foi, ne prétendant rien pour sa propre satis* i> fiiction. Car la foi ne donne point de quartier à » la nature, aux sens, à la raison et au propre » esprit : elle est de la nature de Dieu même, qui j> en e^ Tauteur. Aussi inflexiUe que lui, elle ne 9 descend. point au-dessous de Ini. Elle peMt bien w nous élever au-dessus de nous, el nous lirer à 1) elle^ mais jamais elle ne desœnd jusqu'à nous, n £t c'eat.ce qûi afflige toute créature <{ni.:nWt » pas morte à elle-même , de n*aVoir rien , de ni » tfouver rien, dans la foi, où elle puisse se reposer » sur ell^-méme.et goûter sa propre satisfaction. • » La f^ik^^liE^ imonen&idç toute la natune. £Ue » chevebftrliOB^Mrs & élev«r la49rëature au-dessus » d'elle-même, malgré son propre poids. Que » ne devons- nous pas à Dieu, pour nous* tenir » ain^i dftil' une . séparation eontinuelle' de nou»» ji mêmes? Car son dessein, en nous attacbantalot » par la foi, est de nous transformer en lui. Est- W^f#i3iQa4li^i^B^ transformation ^ Ton ne voit » plua rien que lana la Inmiéve de Dieu. L'equrit N de rhomme dirâHsë ne juge plus, ne goûte )) plus, n'entend plus les choses à sa manière, mais ^} à celle de Dieu. Aussi, élevé, au- diWIl^ de lui- )kméme> qu^il l'est au* dessus 46^ aens^ il ^tre » dans une nonirelle nature ; tout en lui devieiA » nouveau. Une ame crucifiée par la foi ne se }^ porte plus que vers les choses divij||is^ et i^e » sonpire plus que pour ellef. Sa vie est en Dieni . » son royaume et toutes ses espérances sont en )) Dieu. Du haut de la région toute céleste qu'elle » habite^ tout çe qui n'est pas Dieu , elle le trouva

55a VIE DE M« OLIEfi.

î) si petit et si méprisable, qu'elle est surprise » qu'on puisse aimer quelque chose de créé. Toute » créature la dégoûte. Sent- elle encore dans la » partie inférieure d'elle-même un reste d'incli- » nation pour les choses de la terre, c'est une » géne, un poids, un tourment intolérable. Dès- » lors elle ne peut plus être contente , que lors- » qu'elle sera en ploine liberté de jouir de Dieu , » et que, comme un oiseau délivré du filet qui le » lenoit attaché et l'empéchoit de voler en pleine >j campagne, elle pourra dire : Vous avez rompu )) mes liens (0. C'est ainsi qu'un clerc, qu'un pré- » tre a plus forte raison , est obhgé de vivre séparé » de la terre, et d'habiter dans l'élément de la » foi, où, volant, s'élevaut, et planant en toute li- 1» berté , il se laisse conduire sans retardement » ni obstacle , partout où Tesprit de Dieu l'em~ -» porte : Ubi eral impelus spiritûs illiic gradie^ » hantur (2). * r » II.® On fera profession au séminaire de ne )) point contester. Rien de plus opposé au Sacrifice ♦) et à l'anéantisstment de son propre esprit, que » l'amour des disputes et l'tîsprit de contentionf. *i>Cfelui qui conteste , ne sait ce que c'est de céder. "» A force de s'opiniâtrer dans son sentiment, il » irrite son adversaire. Celui-ci, (out aussi jaloux » de l'emporter , ne garde pas plus démesure que » lui, et cherche dans sa vigueur naturelle tout » cè qui^eut le rendre victorieux. En tout cela», 4» rien qui parte de l'ésprit de foi; rien qui ressente h^t l'anéantissement de soi-même. Dieu n'y voit au u contraire qu'élévation , que i^ecberchc de la

. 'C'^ Ps. cxv. tr. C»; Ezechicl. i. 11.

» glpire ot de l'eslime des hommes^ qu'orgueil et » vanité. S'opiaiatrer d£^ls,la dispute, ;el( Il dre à quelque prix que ce soit lVmpdraÉÉ||r » les autres , c'est continuer l'œuvre de Luci-i* » Ter, conleslaul pour avoir à colé de Dieu ua

trpM.qiùiL'élevàt au-dessas de toutes les or^»-> » tores^ On peuft bien proposer sesdiffiiièlés pocfr .» éclaircir ses doutes et s'établir dans la vérilc; » mais^ quaud on voit ses doutes satisfaits, il faut il .alors avouer ingénument et en toute |â|iif4i^^ ») qu'où e$t sttl&^sainment écAbrd^'^saiis^e^^ » davantage. Cet aven de la science d'autrui, et de )» sa propre ignorance, est di^uo de l£| caudeur ■>i des humbles, etil naieur coûte rim ; nunsiieii » ne toute plus à un orgueilleux $'i^c»t son: sup^ » plice. L'élude cultivée de la sorte nViii^^cudre ni .» ai^^reur, ni confusion , ni rivalité odieuse. C'est, » au contraire, une 4Mk i^iaine èt efficacej^ur

trouver tout à la fofi» avec la ▼érité , la paix et la ,» cliai ité; vertus qui doiventaccompa^^nc; partout i» ifi|^ercs, les religieox^et les prêtres. Qui s'exer- >VQ^t>ÀJi^^lid|9(diaar;^^ ëviliproit les

ééaeils srnordinMires aux étudions, et surtout » l'orgueil, qui en perd un si grand nombic • » Car on les v-oit sortir des <gqtg;rjUjgBt!pleins.cPeq»> ;)) mêmes et plus dissipés que pmais, til à leur sens, plus jaloux d'êtr^ connus , estimés et ;)i applaudis des lionioies; au licu qu'avec cet es-»- -«l^jdit de simplicité'^ ils- én < sttrtiixoientr sairapi»^ dociles y . Itoiiibles , madMs^eièj^/de •# vertus, et nicrveillcusornent disposés à recevoir i) la parlàite lumière de la ibi. On remarqucroil; ^>dé plus en^iQu^'usie grande* dsrt^'d'cHqprit^ et

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» une intelligence admirable^ fruit du renonce- » ment à son esprit propre, et de la défiance de )) sa raison »•

ce C'est pour établir dans ces dispositions les » sujets qui aspirent au sacerdoce, qu'on leur fait » passer un temps d'épreuve au séminaire. Il est » juste que dans l'Eglise de Dieu il y ait des écoles M où Ton éprouve avec soin le génie et les mœurs )) de ceux que l'on désire consacrer à son service, )) et de qui il veut lui-même se servir dans sa » maison. Gomme lïous ne marcbons ici-bas que » par la foi, et que les conseils do Dieu sur ceux w qu'il appelle à lui nous sont cacbés, on ne peut » s'assurer des desseins qu'il a sur les ames, que » par les mœurs et l'esprit des sujets qu'il s'agit M de lui présenter; ce qui demande du temps et » de l'expérience. Ceux que Dieu veut approcher )) plus particulièrement personne , il a cou- 3) tume de mettre en eux des dons et des grâces » qui réjpondent aux desseins de sa providence. » Samuel, choisi de Dieu pour être appliqué à -» son sgrvice et gouverner son peuple, donna de » bonne heure des marques de sa vocation. Il en yi avoit été ainsi de Moïse et d'Aaron. Notre Sci- » gncur même, comme dit saint Paul, appelé de » Dieu son Pore, et proposé pour modèle à toute » l'Eglise, donne dès son enfance des marques de » sa grâce et de sa sagesse. L'Evangile observe » qu'il croissoit tous les jours devant Dieu et det» vaut les hommes, manifestant ainsi sa vocation, » et donnant lieu de dire intérieurement , coninie

on l'avoit dit de son saint précurseur : Que pcn- » sez-vous que sera cet enfant? car la main de

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