‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 183 sur 205 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

DispodOons et vertus principales des prêtres, et turtout des prêtres de ia société de SamlSu^rice,

V « L'EspaiT des prêtres est bien diffiSKnt de

" ""P^" «elui de toute

» lEglise en8emble,qai se trouve renfermé dans » leur personne ; mais surtout dan. la personne » d un prêtre appelé de Dieu à former des'dercs 1» et des prêtres. H est le serviteur de foute l'E«lise » et en cette qualité ^1 se charge de tous ses in- » teréts, les prend sur lui, et se sacrifie pour elle » en se dévouant à po>ter tonte la baine de Dieu » contre les bommes, à l'exemple de notre Sei- » gneur. En recevant le sacerdoce, il s'est encacé » a faire pénitence pour toute l'Eglise. Aussi doit- >. Il être toujours gémissant devant Dieu, comme I» un cnnunel qui pleure, qui gémit, qui s'afflige » pour tous. Et il faut voir à quelle extrémité va » cette pénitence, quand on veut remplir l'offics » de prêtre dans toute son étendue. Dès qu'on est

- j , , ^— u« un est

» revêtit de ia dignité du sacerdoce, eût-on été' -» jusqu'alors , par le plus singuUer privilège et le »' plus grand miracle de la grâce, pr&ervé de tout» » souillure du pécbé, on se trouve àhaAma chargé 9 de tonii les crimes du monde. Car il n'en est » point des prêtres de la loi nouvelle, comme de »> ceux de la loi ancienne. Ceux-ci étoient obligés » dofiftr des sacriBoes pour leur» péchés, avant

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0) d'en offrir pour cetix du peuple; prius pro suis » delictis , deinde pro populii^). Pour les pre- » mi(îrs, ils sont prêtres en notrtî Seigneur , et en n notre Seigneur ressuscité, qui n'avoit plus rien » de l'apparence du péché. C'est pourquoi Jésus- ») Christ leur donne le divin esprit de la résur- » rection , en vertu duquel ils sont entièrement » éloignés du péché, et mis dans un état de grâce >) qui les élève beaucoup au-dessus de la chair.

Que si le prêtre, avant que d'être engagé dans » le? saints Ordres, a voit offensé Dieu, il doit avoir n satisfait à tout péché personnel , premièrement

1) pour être disposé à embrasser la pénitence gé- » nérale de l'*Eglise ; secondement pour avoir ua M libre accès auprès de Dieu, le prier en faveur » des peuples, et être admis à imiter Jésus-Christ j) victime pour tous les pécheurs; ce qui est la » vocation des ames les plus pures et les plus » agréables à Dieu ; car Dieu n'en choisit pas d'au- » très pour remplir un office si parfait.

» Il faut que les prêtres, chargés, comme notre j) Seigneur, des offenses de tous les hommes, et M victimes comme lui pour les péchés du monde, » soient prêts à endurer toutes les maladies et » toutes les souffrances, tous les dépouillemens, )) toutes les violences, toutes les confusions , tous )) les opprobres, tous les mauvais traitemens que » mériteroient pour leurs péchés tous les hommes » ensemble ; c'est-à-dire , qu'un prêtre doit être un fonds inépuisable et un abîme de pénitence, un abîme de patience, un abîme d'humilité, un )) abîme de pauvreté, pour souffrir tout ce qu'il

(•) Uebr. vu. a^, * V».

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LlVftS VU, CHAl». XIT. 66l

» plaît à Dieu d'exercer sur lui de plus révère et » de plus rigoureuii:, à la décharge des autres^ en » qui il ne p< ut trouver de quoi se oontcntèr et » se satisfairt". Qu'ii se regarde comme chargé lui » seul de tous les crimes, de même que notre Sei- » gnear riiostle univeirst^lle pour les péchés^ avec » qui il De fait plus qu'une seule et même bostie ; » car c'est en cette qualité qu'il est revêtu de Jé- » sus-Christ. Oh! que l'esprit du sacerdoce est » rare ! Si le corps, du prêtre ne peut porter la » pénitence extérieure que méritent les pécbés du » monde, qu'il la porte intérieurement par la vé- » hémeucc de sa douleur, la profondeur de son » humiliation^ et 1 ardeur de ses désirs. Sacrifia » clùm Deo spiritus corUribulatus; cor contritum » et humiliatum j Deus^ non des pi des,

)) L'esprit de pénitence doit être accompagne )> de l'esprit de religion et de prière. Etabli de

Dieu pour le louer ^ le glorifier, le supplier an ») nom de tous les peuples , combien son cœur » doit-il se dilater et s'étendre! Intercesseur pour » toni| i'£g]ise^ il iaut que sa charité FembraM » touiéénfiéèe, et qu'il prie pour elle, non-seule-* \) ment avec plus d'assiduité qu'aucun membre » particulier de ce corps auguste; mais encore » avec plus d'affection et d'ardeur^ avec plus de » confiance et d'humilité^ que toute TEglise -et » tous ses membres.

" O ames des prêtres! qu'étes^vous? Où trou- » Vera-t->6ti une dilatation « nne étendue de zèle ïi et de cbarité semblable à celle qui dmt être eik » vous? Oh! qu'il;^ a peu de prêtres! et que je

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