‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 185 sur 205 · LIVRE VU, CHAP. XII · texte numérisé non relu

LIVRE VU, CHAP. XII

» Factus est novissimus Adam in spiritum viviji- » cantem (0, Avant sa résurrection, sa chair et )) son sang n'étoient point par eux-mêmes prin- » cipe de vie et de sanctification; c'e'toit TEsprit )) sd^nii^myWi^oit, Spiritus est quivivijlcat; Caro » non prodest quidquam i?). Aujourd'hui tout » en lui sanctifie, parce que tout est consommé » en Dieu, tout est divinisé, tout est Dieu, sans » qu'il reste rien des foiblesses et de la nature de » la chair; Par sa résurrection, il est devenu tout n semblable au Saint-Esprit, à qui l'Ecriture at- » tribue l'œuvre de la sanctification. Or tels doi- » vent être les prêtres, et surtout les prêtres de la » compagnie. Tout en eux doit être un principe » de vie et une source de sanctification. Et comme » ils reçoivent eux-mêmes la vie de notre Sei- » gneur dans le sacrement de l'autel, ils doivent » lui être conformes en tout, dans l'intérieur et » dans l'extérieur. - . , . ^

• » Pour l'extérieur , il faut qu'ils soient morts » à tout. Comme les espèces sacrées , il faut qu'ils » se laissent dévorer, injurier, fouler aux pieds, » percer de coups, à l'exemple de notre Seigneur, » qui l'a été mille et mille fois par les hérétiques, » sans qu'il se soit plaint, et qu'il ait témoigné même » aucun sentiment de vie, au milieu de tous les mau- » vais traitemens. Notre Seigneur, dans le mystère » de l'autel , ne fait aucun usage de ses sens et de ses » membres, de ses oreilles, de ses mains, de ses » yeux : il y est comme mort. C'est ainsi que doi- » vent être les prêtres. Il faut qu'ils aient des ïi sens pour eux-mêmes, comme n'en ayant point,

(0 î. Cor. XV. 45. (.) Joart. ri.

5()^ • YIKDEM. OLIEK. .

» s'abandonnanl à Dieu en toutes choses, pour » qu'il use d'eux comme il lui plaira.

» 2.0 Pour rinte'rieur, notre Seigneur ausacre- )) ment de Tautel est tout transformé en Dieu, )) tout caché en Dieu, et entré si parlaitement » dans sa gloire, qu'il n'a plus rien de l'homme » infirme et mortel. Revêtu de l'incorruptibilité, » de rimmortalité, de l'agilité, de la subtilité^ )) son corps entre en participation des perfections » divines par sa parfaite consommation en Dieu. » De même son ame, qui autrefois, par son union » avec le corps et par la nécessité de le servir, » enlroit dans toutes ses foiblesses, est élevée à » un état de gloire tout divin. On voit par-la com- » bien est sublime l'état de notre Seigneur aa » mystère de l'autel. Il y est dans une perfection, » pour l'ame et pour le corps, bien supérieure à » celle de sa vie mortelle avec les hommes. Sous }> le voile de mort , et sous les espèces sacranienj) telles qui le couvrent, il est semblable à Dieu ' » son Père, en grandeur, en perfection et en » gloire; ce qui apprend aux prêtres qu'intérieur » rement ils doivent être des hommes tout divins , » quoique au dehors ils ne montrent rien que de )) commun. Un prêtre est le Dieu de l'Eglise. A » travers la forme toute humaine qu'il présente » aux yeux du corps, la lumière de ses œuvres doit » faire découvrir et éclater les perfections adora- » bles de Dieu dont il est l'image; sa patience, sa » douceur, sa charité, sa sainteté, sa sagesse, sa » force, sa stabilité. Dieu étant invisible aux » hommes de chair ^ ils ont besoin, pour le con- » noître , l'adorer et l'aimer, de quelque chose de

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