‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 19 sur 205 · LIVRE I. 3k · texte numérisé non relu

LIVRE I. 3k

lui faisoit dire qu'il n'étoit qxi^un clodqùé plein de vices et d'imperfections ; mais plus il s'abaissoit , plus Dieu, qui se plaît à exalter les humbles et à produire ceux qui se cachent dans la poussière, pour les faire asseoir parmi les princes de son peuple, le jugeoit digne detre mis sur le chandelier.

Ses alarmes sur Textréme distance qu'il croyoit toujours voir entre ce qu'il e'loit, et ce que doit être un ministre des saints autels, furent pour le sage directeur qui lui tenoit la place de Dieu , Je ra^^on de lumière le plus propre à re'clairer luimême, et à le diriger sur ce qu'il devoit prescrire à son pénitent. L'homme vraiment humble redoute et Cuit les honneurs , autant que le pré-'^ somptueux les recherche et les poursuit : mais il est obéissant; et dès qu'il a entendu la voix de Dieu, à l'exemple de celle qui fut la plus élevée, mais aussi la plus soumise de toutes les créatures^" il n'a plus de langage que pour dire : Qù! il me soit fait selon la parole du Seigneur. Dieu eut a peine fait connoîlre à M. Olier, par la bouche de son guide spirituel , qu'il l'appeloit au sacerdoce j et celui-ci ne lui eut pas plutôt déclaré qu'il ne devoit pas différer plus long-temps de s'y présenter, que montrant toute la docilité d'un enfant, il ne pensa plus qu'à exécuter les ordres du ciel. Aux frayeurs qui avoient agité long-temps son esprit, succéda un calme parfait, et un désir ardent de recevoir, avec l'onction sacerdotale un sacrement dont il espéroit que la vertu ache-4^* veroit de former en lui un ministre et une hostie de Jésus-Christ. . .

XXX. Ce fui le 21 mars de Tannée i633, qu'il reçut Il reçoit la prêtrise, dans fa chapelle de l'archevêché de preiTis^. papis^ des mains de M. Etienne Pujet, évêque de Dardanie. Il s'y étoit disposé par une retraite ^ mais ne croyant pas cette préparation suffisante pour célébrer les saints mystères aussitôt après . son ordination, il voulut employer encore ua temps considérable à orner le sanctuaire intérieur, où il devoit, pour la première fois , offrir ^ l'Ajîneau sans tache. Il consacra donc trois mois î entiers aux exercices spirituels , et suspendit toutes ses autres œuvres, pour ne s'occuper que du crand ouvrage de sa sanctification. La féte du saint Précurseur, qui n'avoit commencé le ministère de la prédication qu'après a^ir vécu caché dans les déserts l'espace de trente ans , fut le . jour qu'il choisit pour célébrer sa première messe ; • voulant prendre sous les auspices de ce parfait modèle des prédicateurs y sa mission du Sauveur ^ avant de la demander à ses supérieurs ecclésiastiques. On le vit faire cette action , qu'il regarda toujours comme la plus importante de sa vie, avec une religion égale à l'opinion qu'on avoit de sa piété. Plus il avoit mis de temps à nourrir dans son cœur le feu du divin amour, avant de monter à l'autel, plus il se sentit, en le quittant, dévoré du désir de le répandre. Comme il ne pou voit remplir seul le plan qu'il s'étoit formé, il s'associa plusieurs ouvriers remplis du zèle le plus pur et le plus désintéressé. Le temps nécessaire pour composer sa petite compagnie, avec laquelle il devoit aller faire des missions eh Au- \ergne, lui donna tout le loisir de se préparer

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