‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 20 sur 205 · LIVRE I · texte numérisé non relu

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de plus en plus par la prière à celte sainte entreprise, car il ne put partir qu'au mois de mars de Tannée suivante iG34. r. . -»^ - ivs

Ce fut encore à Saint-Lazare qu'il se retira xxxi. pour interroger dans le silence, au pied du vrai ^^u une

... , , , > 1 1 . nouvelle re-

propitiatoire, le maître de la vi^'ne ou il devoit traite àSainttiavailler, et en obtenir d'abondantes bénédic- Lazare pour lions. Dieu lui lit connoitre alors la mère Agnès, *® Préparer

T' ' ^ r\ • ' missions

religieuse de tordre de saint Dominique au cou- a'Auvcrgue '.vent de Langeac, dont la mémoire est en singulière vénération dans toute l'Auvergne, le Velay, et les autres provinces voisines. Cette fille , d'une sainteté extraordinaire, brùloit du désir de sortir de ce monde, pour aller se réunir dans le ciel à èoa divin époux. Un jour, comme elle demandoit cette grâce avec larmes, notre Seigneur lui dit : T'a nies encore nécessaire pour la cons^ersion d'une ame cjui doit servir à ma gloire. Quelques jours après la sainte Vierge lui apparut, et lui < dit : Priez mon Fils pour Uabbé de Péhrac, Elle ne le connoissoit point j dès ce moment elle commença d'offrir à Dieu pour lui les prières les plus ardentes, et la générosité de son amour lui fit ' ajouter de nouvelles pratiques de pénitence à ses austérités ordinaires. « Outre que notre Seigneur » s'appliquoit à lui faire souffrir les impressions » de sa passion et de sa mort, (ce sont les termes de M. Olier) elle usoit de toutes les inventions » que l'amour a coutume de fournir aux ames » pénitentes, comme ceintures, ciliées, haires, )) disciplines de fer , à quoi elle joignoit encore » ce qu'il y a de plus précieux , les soupirs de son w cœur, et des contritions si violentes^ qu'elles

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)î eussent brisé des rochers ». Car, se sentant inspirée de demander continuellement au Seigneur la parfaite conversion do cet ecclésiastique, qu'elle chérissoit avec la tendresse d'une mère qui enfante un fils dans les douleurs, elle en faisoit le premier objet de sa charité pour le prochain : sans cesse il lui rcvcnoit à la mémoire; et pendant trois années entières elle ne cessa de prier pour lui, dans la confiance que Dieu vouloit en faire un riche instrument de ses miséricordes. Il raconte encore lui-même que chaque jour elle répandoit des larmes pendant une heure entière. XXXTI. Nous avons déjà vu par le récit des grâces que La mère ^ecut M. Olicr , depuis qu'il eut été attiré à la vie ^oii, d abnégation, qu elle n a voit pas gemi en vain, oa retraite à Saint -Lazare fut le temps que Dieu avoit marqué pour former, entre son serviteur et sa servante, ce commerce tout spirituel, dont leur édification mutuelle, et un grand nombre de conversions dévoient être le fruit. Pendant qu'il étoit en oraison , la mère Agnès, dont jamais il n'a voit entendu parler, et qui étoit alors prieure du monastère de Langeac, situé à deux lieues de son abbaye, lui apparut, ayant les bras croisés sur la poitrine, accompagnée de son ange gardien, qui, sous la forme d'un bel enfant, recevoit dans un mouchoir les larmes qui couloient de ses yeux ; elle tenoit un crucifix dans une main, et de l'autre un chapelet. Montrant un visage pénitent et affligé , elle dit à M. Olicr : Je pleure pour toi. Saisi d'étonnement à cotte parole, et à la vue de celle qui venoit de la faire entendre, il crut que c'étoit la Mère de Dieu

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, qui lavolt lionoré d'une visite. Peu de temps après, il eut encore la même vision. Tout confus d'une telle faveur, dont il se jugeoit indigne, il ne savoit que penser ni de Tapparilion qui Tavoit ' frappé si vivement, ni de l'impression qui lui en demeura profondément gravée dans la mémoire ; car je rai aussi présente, ëcrit-il, que si je la voyais encore , quoiqu'il se fût écoulé bien des années depuis cet événement. Ce double signe du crucifix et du chapelet lui parut un présage de ' la grande part qu'il auroit jusqu'à la mort aux souffrances de Jésus crucifié, et une invitation à • se dévouer particulièrement au sewice de la trèssainte Vierge j deux grâces qui ont toujours paru en lui dans un degré éminent. Il découvrit ce i qui venoit de se passer à saint Vincent de Paul; qui étoit alors son directeur : celui-ci demanda à son pénitent quelles paroles il avoit entendues de la bouche de celle qui lui avoit apparu. En les rapportant, M. Olier ne doutoit pas que ce ne fût la* reine du ciel qu'il avoit vue, soit à cause de la douce majesté qui brilloit dans tous ses traits, soit à cause de l'ange qui l'assistoit^ opinion qu'il conserva jusqu'à sa première entrevue / avec la mère Agnès.

Saint Vincent regarda cette apparition comme • une faveur extraordinaire, et commença dès-lors à croire que notre Seigneur vouloit opérer 4® grandes choses dans son Eglise par le ministère de M. Olier. Il ne sortit de sa retraite que pour faire, sans le moindre délai, le voyage projeté depuis long-temps , et entreprendre des missions -en différens cantons de l'Auvergne. Parmi les

dip[nes ouvriers qui se joigairent k lai, il eut Ist consolation d'obtenir un des prêtres de la congrégation de Saint -Lazare. Quand il eut pris

• toutes ses mesures , rien ne put Farrêter ; on le pressa en vain de retarder un peu son départ,

' pour assister au mariage de sa sœur, qui devoit se célébrer dans deux jours. Le zèle dont il brûloit ^ • l'emporta sur les instances de sa famille^ quelque * • légitimes qu'elles fussent. . ^ ' m ^ - ' 'w xxxni. Le jour de son départ fut pour lui un jour de aa^salut *des * <:onçoit aisément à quoi s'occupa , et de amcs dnrani quoi s'entretint pendant toute la route cette com- *. «ixmoisavec parroie de Misaîoanaires. Dès qu'ils furent arrivés •

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tigablc. a Pebrac, ils se livrèrent a l œuvre pour laquelle ils s'éloient réunis. On auroit peine à se figurer tous les travaux qu'ils entreprirent , et qu'ils soutinrent pendant six mois entiers , allant de paroisse en paroisse, de bourgade en bourgade, à l'exemple du Sauveur du monde et de ses premiers disciples, pour y annoncer le royaume de Dieu avec un zèle infatigable, et ramener les brebis égarées qui étoient en grand nombre. M, Olier précboit tous les jours, et ne descendoit de chaire que pour aller achever au confessionnal les conversions que la force et l'onction'

* de ses paroles avoient commencées dans les in- . ' y ' Jtructions publiques. On vit encore alors combien

chérissoit les pauvres , par les bons traitemens qu'il leur faisoit dans les momens rapid«s qu'il donnoit à ses repas ; il les rassembloit comme un r bon père de famille eût rassemblé ses enfans, les gervoit de ses propres mains , tête nue , et se nourrissoit de leurs restes. Après le repas , il alloit vir

siter Imi cmà à qni il îiOfiivoit^^lve îifflllv 'h^' consolant, les exhortant, les soulageant, et jcaguant par sa douceur ceux qui, au mépris de U gtice de la-miasÎQ0, ne s'étoieni point rendjtts a èes diffc^àrs. Vffm copient d'aToîr consacrë toute» f^lieures du jour aux œuvres du zèle, au lieu réparer ses forces par le <ommeil de la nuit,' ioùvigfittil en paiMKnt une jNtnie oonsidérabie en^ priére;5 ; et jaidaiW it né pl^èk tout lè repos né» cessaire pour ne pas succomber à de si longs tra-^

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Tendant Çtf^' HHoiitoilÉèit ainsi tinx ^nvirons^ xxxiT.

de Pébrac, a la sueur de son visacre, avec ses chers ^^"î'*

f ^ 1 . 1 voir la meM

cooperateurs ; la prieure de bamte^Cajtherine de Agn^ Langeac^ disoit de tenips eu tiemps ig ses sœnrs^ JVous ne tarderon» pas ii véir un grand'sefvitei^'^ de Dieu; et tout ce^que M. Olier apprenoit des rares vertns de cette servante du Seigneur, hir disoit désirer beancouj» de-la toir peurs'entrete-^' nir avec die/' Les religieuses* dn monastère ne pouvoient comprendre comment la mère Agnès qui n'avoit eu encore nuU^ occasion de counoiti^e M. Oiier / pouYoit en témoigner tant d'es^' time. Dès que les fravanm de la misnon lni kis*^' . sèrent quelque loisir, ii se rendit au couvent de Xiangeac ; la mère étpit retenue à Mnfirn^trie^ et' son étikt ne loi' ip^mettantnasd^ se transporta . parloir it>r»q«^i> se présema, 9 la demanda inutilement pour la première fois. Dieu voulut, en prolongeant sà maladie, que s»n sertilear fit plusieurs fois le voyage a(vet aussi peu de soocèsf mais ce qu'il perdoit d'une part, en demeurant privé des consolation» spirituelles que Sieur fait

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