LIVRE VII, CHAP. XII
à eenz du dei^é qui seront l'objet de son zilev » Il faut qu'A soit tôQt hnmiiiii dans son esté*
w rieur ^ mais que dans son fond il soit tout di- » vin, et n'ait de vie humaine, que pour porter » la Tiè de Dieu parmi les hommes. La vie de » l'évcque est moins la vie d'un hoipme^ que la » vie de Jésus - Christ , dont il tient la place et il exerce l'autorité* Or tdle doit étre^ sons les n dehors d'une vie commune et ordinaire, cdle » des directeurs chargés de former les miiustres » des saints autels. Ils sont comme la forme et Il les modèles du dergé, qui doivent tnmafonner t» les âèves du sanctuaire en eux-mêmes, comme » ils doivent être eux-mêmes transformés en la » vie intérieure de l'évéque»
» Le Fils de Dieu, pour préparer ses apôtres » à la grâce de leur vocation , qui est celle de nos I» saints prélats , les garde auprès de lui pendant » trois ans. On voit, par ses dififérens entretiens^ » que les principales dispositions qu'il leur de« » mandoit, éloient Tanéantissement de toute voli lonté propre, et un pariait dépouillement des I) biens grossiers de la terre. Celui çui veut me^ n suivre j qvlil sé renonce soi-même (*). Celui ifui » ne renonce pas à tout ce qii il possède^ ne peut » être mon disciple (^). Voilà les deux grandes » maximes qu'il leilr a enseignées pour eux* et n pour leurs successeurs. Il veut que Ses miâistre^ » bannissent de leur cœur toute soUicitude des >i biens temporels, et qu'ils sé réposent sur les » smns de la. Providence divine pour ce qui lear
(0 Afoicft. zrt. 94. ^.
(0 Xiic. xtk, Wi,
VIE DE M. OtTER.
» sera nécessaire, sans chercher autre chose que n le royaume de Dieu et sa justice:
» Notre Seigneur voit dans le cœur de Judas le » vice du propre intérêt j et après lui, saint Pierre n découvre le .même vice dâiis Simon le Magicien» ]» Le» voilà retranchés du nombre de ses disciples ; » ainsi que cet autre de TEvangtle, qui n^eut pas » le courage d'obéir à celte parole : jéllez ; veri" fi . dez tout, et siûve^^moi CO. Il lui fiiut des hommes » vides d'eusHuémcs et de tout intérêt temporel f - K) pour devenir entre ses mains des vases d'ëlec- • » lion propres à recevoir la plénitude de sa grâce. n Nous avons îQUt <juUiépour vous suivre, lui dit M saint Kerre. Si cela est, lui répond notre Sei<^ » gneur, non-seulement vous serez bientôt revêtus » de mon Esprit j| et de la vertu. d'en haut; mais » un jour I je "vous ferai asseoir sur mon trône^ * Il pour juger le monde (^h Telle sera 1a^ récom-^ » pense des sacrifidBà^4)fttë^^^us aurez faits pour
moi ; vous^qui avez renoncé pour moi aux biens il de la terre ^ et à k gloire, des hommes, /e vous . f» appellerai pour Juger avec moi les hommes ei
les anges, ' . ^ -
>» Telles sont les dispositions que l'Eglise, dé* I» positaire des secréits de Jésus-Christ son. époux, » et héritière de son esprit^ demande à tons les » prêtres, puisqu'ils sont les flambeaux des chré- H tiens, la sel de la terre> et la lumière du monde ; B mais surtout aux prêtres qui approchent de plus » près la personne des saints prélats , et qui par » leur vocation entrent plus que tous les autres
(0 Mauh. XIX. ai. {*) Ibid. ay, aS.
LIVnE VIT, CHÂP. XII.. 097
)i en partage de la grâce apostolique ppopve de ^ Tepiscopat ; par conséquent, de Tesprit même
» de l episcopat. In quo vos Spiritus sanctus pçH » suit episcopos s'^gere Ecclesiam Dei (*).
» C'est donc à ceux qui sont Tidée par&ite des H) prêtres de tout le diocèse, et le modèle dà » clergé y forma facti gregis (^) ^ c'est à eux de » s'assujettir aux ordres de Jësos « Christ et de » la sainte Eglise, qui ne charge jamaiases enfims )> d'auctin joug sans grande nécessité, en se re- » nouvelant eux - mêmes dans tout ce qu'elle a ;» jamais eu de plus pur et de plus saint, pour la j» perfection du sacerdoce et la sanctificatiim dti r» clergé. Ainsi, pour satisfaire à la première loi du-
Sauveur sur le renoncement à soi-même, inciïl- •» quée si souvent dans son Evangile , il seroit né- » cessaire que les directeurs du séminaire s'aban»
donnassent entièrement à la disposition du saint » prélat, qui étant dans l'Eglise l'image vivante m et visible de Dieu, se trouve par conséquent le » dépositaire naturel des vœux et des hosties qui » se présentent au service de l'Eglise. Anéantis et 1» sacrifiés, dépouillés de leur volonté, et perdus^ 4) en celle du prélat, ces bons prêtres deviens ji droirat autant de sources sacrées, du pur amour » pour le troupeau de Jésus-Christ. Car s'ils ne » sont entièremcat vides d'eux-mêmes, l'Esprit » de Jésus-Christ ne peut faire éclater ^ ènz, ni ji^ sur les autres^ les merveilleux effets de la grîoo » apostolique. '
» La pratique du dépouillement extérieur est * » inséparaUe de l'esprit d'ifhékntissement. 11 seroit
' («: ^cf. XX. aS. W I. Petr. t. 3.
VIE DE M. OLlfeK.
M donc convenable que les directeurs du sémi-
» naire renouvelassent tous les ans, entre les mains
» du prélat, le renoncement qu'ils ont professé,
» lorsque entrant dans la cléricature, ils ont choisi
» Dieu pour leur partage, et pris les richesses du
» ciel pour leur patrimoine, Dominus pars hœ-
M reditatis meœ, La fidélité à suivre ces maximes
>i capitales du Fils de Dieu et les saintes lois de
3) l'Eglise, porte avec elle des grâces et des béné-
» dictions qui ne se comprennent pas. On ne les
» connoit plus aujourd'hui, ces grâces; on ne voit
» plus reluire dans le monde ce clergé autrefois
)) si florissant, la splendeur de la sainteté de Dieu
» et l'image de sa magnificence. On ne voit plus
* briller, dans les hommes du sanctuaire, les ri- ......
V chesses divines qui faisoient la gloire de Van*-
» cienne Eglise, parce qu'on ne voit plus la même
» exactitude à observer ses lois. C'étoit la grande
» douleur de saint Augustin, et avant lui de saint
» Basile, dont Dieu se servit pour faire revivre la
» sainteté de l'état clérical. Le seul moyen de re-
nouveler le clergé, qu'ils employèrent, fut de
» ressusciter dans les clercs et dans les prêtres, le
yi respect , l'amour et la pratique des maximes de
Jésus -Christ et des ordonnances de l'Eglise.
» Qu'on inspire le même esprit à tous ceux qui
veulent entrer dans le sanctuaire ; et le clergé
. » reprendra toute son ancienne splendeur; et la
. }) majesté de Dieu même rejaillira sur tout le corps
S) de l'Eglise.
» Oh ! quelle-consolation, de suivre les divines
jr» instructions de Jésus-Christ, et les réglemens
» qu'il a dictes^ comme fondateur de son Eglise l
I) Qu'il seroit bien à souhaiter que celle-ci nourrit n dang son sein un bon noiabre de saints prêtres^ D qui y pour le renoairellemeiit du clergé ^ fissent » hautement professioa de s^abandonner eux- » mêmes et de renoncer aux biens de oe monde, » pour itre uniquement occupés du service da » Di^u et de son peuple! Tel doit être surtout » Fesprit des directeurs du séminaire , puisqu'ils Ji sont le miroir du clergé. Iliaudroitméme^ pour » le repos du saint prélat, pour la stabilité du » séminaire^ autant que pour la sainteté des pré* » très qui le dirigent , qu'ils renonçassent aux bé* » aéfices, sqm la dispense néanmoins de réyéqutf » dans les cas extraordinaires* Par ce moyen , des n sujets si importans à tout le diocèse^ ne seroient » point tirés de leur emploi^ qui étant public et n universel, est plus considérable qoQ tout autrer I» emploi particulier. 11 ne faudroit que pende sur » jets attachés au séminaire, et animes d un même » esprit dans cette maison de retraite, pour conw n muniq[oer à tous les prêtres du diocèse k grâce » et l'esprit du sacerdoce, et par eux & tont le » troupeau l'esprit du christianisme. Faute de prê- » très bien éclairés et bien vertueux, les peuples 9 ne reçoivent presque plus de teinture de la .vie » chrétienne. Vous ne les voyez plus instruits de » Tobligation de ressembler à Jésus-Christ. Ih ne » le connoissent plus^ ib ne l'honorent et ne l'ai*" 1» ment non plus que s'il n'étoit pas mort pour » eux, et qu'il ne leur eut jamais donné des mar- » ques de son amour, ni aucun témoignage de ses » saintes volontés dans le divin testament qu'il a » mis entre les mains de son Eglise.
600 TIB OS K. OLlBa.
» De celte ignorance et de cet oubli de Jésus- » Christ naît ei^ eux le défaut de respect ^ d*an mouretd'obeÛMance à l'égard des prêtres ,,dans )} lesqueb cependant il a voulu se peindre et se )) rendre visible au irioude, pour entretenir la reli- » gion de son peuple envers lui et envers son Père. » Et parce qu'ils ne sont ni honorés en leur |jran*- )) deur , ni estimés en leur sainteté , ni obéis en V leur puissance, il arrive que leur vie, la mêmcf 'M que celle de Jésus-Christ^ ne passe point en r£- » gUse* C'est toutefois la vie qu'il a laissée sur la » terre, et qu'il laissera jusqu'à la fin des siècles )) pour la sanctifier. Qu'elle se retire«des peuples et m du clergéyils ne peuvent plus croître en grâce ^Des prêtres tels que M. Olier en désiroit pour la direction du séminaire, étant rares et difficiles à trouver^ il vouloit qu'on en mit peu dans chaque maison. « Pour jU»i|ft^r£gliiey disoit-il, » notre Seigneur n'en^olmsit que donae. La |er« » veur de h chaiiLé csl de peu; paucorum est » perfocUo^ VL m faut doue pas espérer de voir un n grand nombre de ces honunea enflammés des ar» deurs du saint amour^ tds que doivent être »ï ceux qui dirigent la maison. Il faut donc se born ner à un petit nombre do sujets , qui, remplis de » cette ferveur^ la répandent.dans tout le diocèse*. » Trois hommes apostoliques dans le séminaire^ » remplis d'humilité, de douceur, de patience, n de zèle, de charité, avec la science et la sagesse H nécessaires k ce divin emploi, c'est assez pour Il Fenouvéler le clergé, et par conséquent le trou- » peau tout entier. David , l'image de Jésus^^hrist, » avait txoiaJorU à la.téte de ses ofUciers et dese&