LIVRE lu
joignoîtint à de grands talons le mérite de la nais- sieurs ecdcsance: mais comme ce n'en est point ua devant , s^asiiques
1 r • 1 I» I •! ' 1 formesparS.
Dieu, pour les fonctions de l apostolat, il ne les Vincent de jugea propres à l'œuvre projetée, que parce qu'il Paul, les savoit remplis de l'esprit de pauvreté, de zèle et de détachement. Tous s'étaut disposés dans la prière aux travaux qu'il leur lardoit de partager avec lui , ils partirent dans le dessein de parcourir et de cjiltiver toutes les paroisses des diocèses de Clermont , de Saint-Flour et du Puy où ils pourroient pénétrer. Cette résolution leur fut inspirée par M. Olier,qui avoit dessein de prolonger * ses missions aussi long-temps que ses forces le lui permettroient, et ne vouloit cesser que lorsque la voix de Dieu , bien manifestée , lappelleroit à d'autres œuvres.
Ils arrivèrent heureusement, et commencèrent V. a première mission dans une paroisse du diocèse remic <? deSaint-Flour, appelée Saint-Ilpise. C'étoit la féte mission à S. de l'Ascension, i." de mai : « Jour bienheureux,
Upise.
» dit M. Olier, où notre Seigneur, selon ce qui
» est écrit , Jlt de grands dons aux hommes'; caç
» il versa de telles bénédictions sur nos travaux,
» que nous pouvions bien dire : Le doigt de Dieu
» est ici; et nous vîmes se vérifier la vision de \
» cette sainte ame, qui m'avoit dit avoir vu notre
» Seigneur versant de grandes grâces sur les
» peuples de cette province. Elles seroient in-,.
» croyables , s'il n'y avoit encore aujourd'hui
» beaucoup de paroisses entières qui eu ont été
» témoins ».
Pour éviter la répétition des mêmes choses, qui se renouvelèrent dans chaque paroisse où l'on
5b ▼ IB BE K. OLIBR.
faisoit la mission, sans suivre M. Olier dans les difierens cantoiis où il travailla successivement , m se coBtentera de rapporter ici les principaux traits qui se trouvent, dans les mémoires écrits de sa main, que j'ai sous les yeux.
On à déjà remarqué son tendre amour pour les pauvres. Comme il /appliquoit continuellement à étudier lâ conduite de notre Seigneur exerçant dans les bourgades de la Judée la mission qu'il avoit reçue de son père , et que ce divin modèle des prédicateurs ne dédaignoit pas d'instruire les cnfans de sa propre bouclie, qu'il les combloit même de caresses, chérissant Tinnocence et la candeur de leur âge ; une des œuvres auxquelles s'attachoit le plus le serviteur de Dieu , c'étoit de catéchiser les ciirans. On ne se lassoit point d'admirer la charité industrieuse avec laquelle il savoit les captiver auprès de lui > |k>uiiif lettr expliquer les ëlémens de la doctrine du salut , leur apprendre à faire religieusement le signe de la croix , et leur &ire goûter le lait de la piété chrétienne; c'étoit ta de ses ^élassemens ordinaires, après les pénibles travaux de la confession et de la prédi*^ catipn: tant il étoit jaloux de remplir tous les momens qui pouvoient être employés à la sancti& ^cation des âmes. Ce qui domioit un nouveau pruc î dette fonction, c'étoit Thumilité avec laquelle il 4raitoit ces entans, etl'esprjit de foi qjii lui faisoit É^aèèta iéfOT jàSÊ^if0eiéeà$ impression qu'il sentoil naitre en- lui , lorsqu'il pensoit aux soins continuels que prenoient leurs anges i^ai diens, soit de leur corps , soit de leur ame qu'il regardoit
cQ^nre la demeure du Saint-Esprit. A W voir
LIVKE IT. 5r
ainsi s'ahalsscr en leur présence, on eut dit qu'il se meltoit au-dessous du plus petit de tous , et qu'il se seroit trouve fort content d'avoir à exercer uniquement au milieu d'eux, la fonction de cale'chiste pendant toute sa vie.
Ce n'étoit pas la seule circonstance où M. Olier faisoit voir combien l'humilité avoit jeté de profondes racines dans son cœur. Voici ce qu'en écrivoit après sa mort M. Bégcl, doyen de Notre- Dame du Puy, qui avoit fait avec lui plusieurs missions. « Ceux qui l'ont connu et qui ont eu » l'honneur de le fréquenter, ont admiré en lui )) l'assemblage de toutes les vertus qui font les » saints : et comme l'humilité est le fondement » de la perfection, il l'a possédée dans le plus » haut degré. Faisant la mission dans une pa- - » roisse appelée Saint-llpise , il voulut choisir » la plus mauvaise chambre de la maison où » logèrent les missionnaires. Elle étoit plîcée » immédiatement sous le toit, et il n'y en avoit » point de si mal meublée , ni de si incommode. )) Pendant le repas, il faisoit la lecture du nou- » veau Testament, debout et téte nue; se con- » tentant , pour toute nourriture , de prendre » quelque chose de ce qui restoit sur la table, »- après que tous s'étoient retirés. Au sortir du )) repas, au lieu d'aller se délasser avec les autres » prêtres de la mission, il rassembloit tous les w pauvres du lieu, et faisoit l'aumône générale » de ses propres mains. Les plus misérables étoient » ceux qui s'adressoient à lui avec plus de con- » fiance , parce qu'il n'y en avoit point à qui il' )) témoignât tant de charité ».
Le zèle de M. Olier ne parut pas moins dans les missions que son humilité. Non content d'accueillir les pauvres avec une tendresse de père, lorsqu'ils venoient se présenter à lui , il alloit • .au-devant d'eux et dans les plus grandes chaleurs de Véié , on la vu souvent grimper sur les plus hautes montagnes^ pour faire sortir de leur assoupissement ceux qui négligeoienlla grâce de la mission , ou pour instruire ceux qui ne pouvoient se rendre à la paroisse. Les difficultés, loin de ralentir son zèle, ne faisoient que Fenflammer davantage. « C'est, disoit-il une fois, ïi dans les choses les plus difficiles , que nous V devons trouver notre joie, et témoigner avec - » plus d'empressement notre amour à notre » Seigneur ; comme c'est dans les peines et dans . )) les amertumes de la croix qu'il a cherché son » repos ». Le seul que prenoit le serviteur de Dïem , au milieu des soins qui le multiplioient, eu quelque sorte , partout où il y a voit des ames à retirer du vice ou à consoler, c'étoit l'oraison. Uu des missionnaires, qui l'a voit suivi dans toutes ses missions, assuroit que souvent il étoit si profondément absorbé dans la contemplation, qu'on avoit peine à le faire revenir à lui.