VI. Vers la fin du mois de juin, il écrivit à saint
11 marque Vincent de Paul et aux ecclésiasliques de sa
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succès (le sa leur rendre compte de sa première mission. « Je nusaion. puis. Messieurs, leur marquoil-il, être plus
» long-temps absent de votre compagnie , sans j) vous informer de ce qui s'est passé en ces lieux. » On commença à Saint- Ilpisû la mission, le
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Il jour de l'Ascension , et elle dura jusqu'ifti quin- » zième jour dece mois. Le mondevonoil,au com- » mcnçemcut, selon ce que nous pouvions juste- >) ment souhaiter , je veux dire autant qin^ nous » pouvions en confesser ; et cela se faisoit avec » tant de mouvement de la grâce, qu'il étoit aisé » de savoir en quel lieu les prêtres confessoient, » parce que les pénitens se faisoient entendre dé » tous côtes, par leurs soupirs et leurs sanglots: >) mais sur la fin , le peuple venoit en si grande
foule, et nous pressoit avec tant d ardeur, qu'il » nous ëtoit presque impossible d'y satisfaire. On » les voyoit, depuis la pointe du jour jusqu'au » soir , demeurer dans l'église sans boire ni » manger, attendant la commodité de se con- » fesser^ quelquefois, en faveur des étrangers, nous » étions obligés de continuer les catéchismes plus » de deux heures, et néan^noins ils en sortoieut M tous aussi affamés de la parole de Dieu qu'en » y entrant. Il falloit, pour faire ce catéchisme, )) nous servir de la chaire du prédicateur , vu )) qu'il n'y avoit point de place dans l'église , où » la foule du peuple remplissoit tout, jusqu'aux » portes et aux fenêtres , qui étoient toutes )) chargées d'auditeurs. G'étoit la même chose au j) Sermon matin et à l'instruction du soir. )) Sur quoi je n'ai rien à faire qu'à bénir Dieii', » qui se communique avec tant de miséricorde
et de libéralité à ses créatures , et surtout à ses M pauvres ; car nous avons remarqué que c'est j> particulièrement en eux qu'il réside, et que c'est » pour les assister qu'il demande la coopération » de sus serviteurs. Ne refusez pas, Mesiieurs^
» ce secours à Jésus-Christ; il y a Irop d'iionnëur » à travailler sous lui, et à contribuer tant au salut » des ames qu'a la gloire qu'il doit en tirer pen- V dant toute réternité. Vous avez; heureusement » commencé, et vos exemples m'ont fait quitter . , » Paris pour venir travailler en cette province; )) continuez donc dans ces divins emplois, puisî) qu'il est vrai qu'il n'y a rien de semblable sur la » terre. O Paris! tu amuses des hommes qui, avec » la grâce de Dieu , pourroient convertir un » nombre innombrable d'ames. Hélas ! combien » dans celte grande ville se fait -il de bonnes » oeuvres sans fruit ! combien de conversions en )) apparence î combien de saints discours perdus, -4^ >) faute de dispositions dans ceux qui les écoutent!
» Ici un mot est une prédicalion , et loi>s les » pauvres, avec fort peu d'instruction , se trouvent » remplis de bénédictions et de grâces ». VIT. Une vie si laborieuse et si sainte, à laquelle
Mruicsuc- ]\j Olier ajoutoit encore de fréquentes auslé-
ccs dans les . , i* i i j' »i* * ^
autres rites , etoit bien capable d attirer ces grâces en ^bondance sur les peuples dont il enlreprenoit la • ~ " conversion. Aussi, dans les paroisses où il a exercé son zèle, n'a-t-on jamais perdu le souvenir des grands succès dont le ciel récompensa ses travaux. Restitutions , ennemis réconciliés , hérétiques ramenés à l'Eglise ; des pécheurs qui a voient vieilli dans le libertinage devenus des exemples de ferveur ; des famille.s qui étoient divisées depuis long-temps, vivant dans la concorde et dans l'union la plus partaite ; une infinité de confessions sacrilèges réparées par des confessions générales, qui éloieut accompagnées et suivies des marques