‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 28 sur 205 · LIVRE II. "S · texte numérisé non relu

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les moins équivoques d'un retour sincère : voilà les effets ordinaires que produisoit chaque mission ; en sorte que parmi les curés qui avoient pour leur troupeau la charité qu'un pasteur doit à ses ouailles , c'étoit à qui altireroit les missiounaires dans sa paroisse, pour en bannir les désordres et y faire fleurir la piété. A peine cette compagnie d'hommes apostoliques avoit-elle paru dans un canton^ que de toutes parts on voyoit accourir les pauvres habitans , non -seulement des campagnes voisines, mais des bourgs et des villages même les plus éloignés. L'avidité pour la sainte parole, dont on se sentoit pressé dès qu'on avoit entendu parler d'eux , en attiroit de sept ou huit lieues pour assister à leurs instructions j le désir de se confesser en faisoit demeurer plusieurs, durant les nuits entières, aux porte» des églises, et attendre trois ou quatre jours sans se rebuter. Ils s'estimoient assez récompensés de» fatigues qu'ils avoient à supporter si loug-temps , à cause de la foule incroyable qui environnoit les confessionnaux , par la paix de la conscienccî qu'ils remportoient , après avoir fait une bonne confession.

Ce qui augmenta la joie des missionnaires, au milieu de tout le peuple qui s'empressoit 4e venir à la mission , c'étoit l'émulation avec laquelle ceux qui les avoient entendus pendant le jour se catéchisoient les uns les autres dans la nuit. On les entendoit répéter ce qui les avoit le plus touchés, dans les conférences et dans les exhortations publiques où ils avoient assisté. « C'est là, ï) disoit M. Olier six ans après, que qurlques-uns

y<5 TIE BB M. OLIER.

» de ces messieurs qui ont tant paru dans Parisj et qui ont. fait de si grands fruits dans la der- » niére mission de Saint* Germain-des-Prés^ ont » commencé de goûter la douceur de cet emploi.

On ne peut voir la ferveur de ces bons peuples ji sans étoe attendri. Mon déplaisir est toujours » de me voir éloigné de ces quartiers où Ton » est si disposé au bien. Le défunt père général î> (il parle du P. de Condren ) a eu seul le pou- 4i Tôir- de 'm'émpécliér d'y retourner , désirant :» m'associer à cette assemblée avec laquelle je :» vis maintenant. Dieu sait l'état de mon cceur ^^ 1^'^t le désir perpétuel dont je bràle pour le ser^ '>»i^bè' de (ces pauvré^. Je leur ai de grandes obligations de m'a voir supporté si long-temps, :» et d'à voir, témoigné tant de joie en recevant i^) mes petites exhortations.. «. Xa |xaroIe de S> '-Dieu prenoit tant d'ascendant sur lénîr esprit^ » qu'elle les eût fait jeter dans une fournaise o> ardente- >i.

* >-îii Pour moi , (écrivoit M.: Vafentin , chanoine de » l'église du Puy, qui avoit accompagné M. Olicr j> dans la première mission donnée au diocésQ de » Saint*Flonr),jen'aijamais rienTU dë semblable !» à ce qui s'est piassé sôus mes yeux. An8si|>lttsilBttra 5) des messieurs qui travailloient avec ce grand V serviteur de Dieu dans nos campagnes, et qui^ » peu de temps auparavant, a voient iait à Paria *7) uiie mission dont lesirtiits étoieQt merveilleux» 71 avouoient qu'ils ne trouvoient pas moîus de ')> jplaisir et ne ressentoient pas moins de conso- ^) US&n :à semer et à moissonner M tooilien des 'ï> bonnes gens qui habitent les montagnes des en-

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» vironsdeClermontetdeSaint-Flour, quedansla » capitale du royaume, où cepeudanl ils n'avoient » qu'à bénir le Seigneur des fruits de leurs travaux. » Ceux des missions, ajoutoit-il, où j'ai travaillé » avec eux, sont d'autant pins pre'cieux à la re- » ligion et consolans pour l'Eglise , que depuis » le de'part des missionnaires, leur esprit paroît )) vivre toujours partout où ils ont exercé leur V zèle. Jamais on n'a vu les curés plus assidus à » catéchiser les enfans et à prêcher la doctrine )> chrétienne à leurs paroissiens. Un grand nombre » de chanoines et de prieurs se sont livrés à cette ')) fonction, ne voyant rien de plus grand ni de, » plus auguste que de consacrer leurs talens .^'^^ » et leurs forces à la sanctification des ames que » Jésus-Christ a rachetées au prix de son sang, » et à lui former, pour toute l'éternité, de par- » faits adorateurs. En un mot, riches et pauvres, » prêtres et peuples, tous ont tellement profité » de la mission, que la face de chaque paroisse, » qui a reçu cette grâce, est totalement renou- » velée et n'est plus reconnoissable.' J'ai eu tout » le temps d'éprouver ce que c'est qu'une mission , » quand le ciel daigne seconder les efforts des » ouvriers évangéliques qui l'ont entreprise • » ayant passé dans cet exercice, avec M. Olier, » la moitié de l'année i636 et presque toute » l'année i63j ». *

Ge' fut dans une de ces missions que Dieu fit vilL triompher d'une manière éclatante la foi de son M.Olicrac

. 1, 1 , T, ccptc le déC

serviteur , contre 1 audace présomptueuse d un ^'un. mioisminislre fort accrédité dans le pays. Il profita tre protesde l'absence d'un des missionnaires ^ très-habile

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dans la conlroverse, qui J'avoit défie publiquement d'entrer avec lui en explication sur les matières qui divisent les Calvinistes de TEglise Romaine, pour leur proposer une attaque à son tour. « Dans la crainte de prêter des armes à » rhc're'sie, dit M. Olicr, si je ne prenois en » main la cause de Dieu , maigre' mon ignorance )) et mon incapacité', j'acceplai la proposition; et » après avoir supplie ardemment notre Seigneur '» d être avec moi dans le combat qu'il s'agissoit . >> <lc soutenir en son nom, je fis dire au minisire » que je m'aboucherois volontiers avec lui ; qu'il » n'avoit donc qu'à se présenter au jour et au » lieu dont nous convînmes,* qu'il étoit sûr de » m'y trouver tout prêt à l'écouter et à lui rc- )) pondre. Au temps indiqué je l'attends , et il » se met en chemin pour se rendre à la maison » où nous logions -, il arriva même jusqu'à la 1» paroisse: mais à peine a-t-il rencontré une » croix qu'il trouve à cinquante ou soixante pas ï) de l'Eglise, que tout à coup, saisi d'une terreur » secrète, il.se sent comme repoussé; et n'osant » plus avancer il retourne sur ses pas, tout confus >) de se voir obligé de rendre les armes avant même .» d'avoir approché son ennemi. J'admirai alors la » vertu de la croix, qui met encore les démons en » fuite ^ quand nous allons chercher notre défense î) auprès' d'eHe, et qui se joue de l'orgueil des . » hommes qui sont ennemis de la foi , en les forçant de rendre hommage à la simplicité des

•f » ignorans qui ont recours à Jésus crucifié ».

Autres ict- Tout, le reste de la même année et presque

tre» SUIT les

toute l'année suivante furent employées à de

tivRE II. Sg nouvelles missions, soit dans le diocèse de Saint- mis8ions,aur Flour, soit dans celui de Clerinont où M. Olier

. w • . qucs de S.

n épargna ni ses revenus ni ses sueurs, et qui Lazart. purent aussi le plus grand succès. Le lo février 1637, à la fin de la quatrième, il écrivit aux ecclésiastiques de rassemblée de Saint-Lazare , qu'il s'y éloit fait plus de deux mille confessions générales, quoiqu'il n'y eut d'ab(frd que six prêtres, et que vers les derniers jours ils ne fussent pas plus de huit; que malgré la rigueur de la saison et l'incommodité du lieu , qui éloit ;nn vrai désert, le peuple y v^noit de sept ou huit ligues; que les pauvres gens des campagnes et des paroisses voisines apportoient leurs provisions de bouche pour trois ou quatre jours, et se retiroient dans les granges où ils conféroient ensemble de ce qu'ils avoienl entendu à la prédication et au catéchisme. « A présent, leur disoit- » il, on voit ici les paysans et leurs femmes faire » eux-mêmes la mission dans leurs familles; les » bergers et les laboureurs chanter les comman- }} démens de Dieu dans les champs , et s'inter- » roger les uns les autres sur ce qu'ils ont appris » dans la mission: enfin la noblesse, pour laquelle, » eu égard au langage grossier dont nous nous ser- » vous , il sem bloit que nous ne parlions pas , après s'être acquittée chrétiennement et cxemplai- » rement de son devoir , ne nous a vus partir .)) qu'en fondant en larmes. Cinq Huguenots ont M, abjuré leur hérésie en cette dernière mission, w quatre desquels, qui nous fuyoient auparavant, )) sont venus eux-mêmes nous y chercher et » cela. Messieurs , pour nous apprendre, comme

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V TOUS mé Pavez souvent enseigné, que làlébïi^

» version des ames est Touvrage de la grâce; que » nous y mettons souvent obstacle par notre

propre esprit, et que Dieu veut toujours opérer 9» dans le néant ou par le néant ^ cfest-à-dire , en » ceux et par ceux qui reconnoissent leur im- >» puissance et leur inutilité ». ' ^

Au Inilieu des grands fruits qui se muHiplioient sous les pas de M. Olier et ecclésiastiques qui le suivoient, notre Seigneur, selon ce qui lui avoit été souvent prédit, que^ sa vie seroit bien traversée, lui fit porter ^plusieurs croix, qi^ attirèrent sur lui et sur ées missions de ntAivelies grâces. La première fut une maladie qui le coniduisit jusqii'au bord du tombeau. En faisant là clôture de la mission qu'il vendit de donner aôk Labitans de La Mothc de Ganillac, petite ville d'Âuvergne, il picécba avec tant de feu et de t^é^^^B^ il fut saisi d'une fièvre

^I^SÀrii^ pnt donc se rèpoëer de ses travaux , qu'en demeurant sur un lit de douleur^ dansTexcr- -cice de la patience la plus inaltérable et d'uae :parfiàte résignation i la volonté de Dieu. La prd^ vidence Fassisia alor^' li'nne manière si sensiiilé> qu'il en conserva le souvenir toute sa vie, et que jamais ii u'j; peiisoit sans en bénir le Seigneur. •Le jour mémèiië s^ arrivée 4 Langeac, oà 3 rtomba malade y lÉlei^ l^a^^ y étoiént

venus de fort loin pour traiter la fille du seigneur (àa lieu.. C^Sti^couFS- qu'il rencontra si à propos, il VLjBoSL^m en '{tt^fitéi^, si Ï0, promptitude et Ik Violence du mal ne Tavoient contraint de s'arrêter k^ j^ cbemÎQ , au lieu /d'aller jusqu'à son

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