‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 29 sur 205 · LIVRE IT · texte numérisé non relu

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abbaye où il eût voulu se rendre , car ces deux me'dccias, n'étant qu'à deux pas du monastère où il logeoit, le visitoient presqu'à toute heure. La maladie étoit de nature à lui ôter la vie ; dès le second ou le troisième jour ils en de'sespérèrent. Les remèdes ordinaires ne leur paroissant plus suffisans , l'un d'eux en essaya un qui pouvoit opérer une révolution favorable, mais qui n'étoit pas sans danger. Le succès en fut si peu heureux, qu'il fit tomber le malade en apoplexie. On s'efforça de le confesser j mais il lui restoit si peu de connoissance , qu'il n'entendoit et ne répondoit qu'à demi : dans l'impossibilité de lui faire recevoir le saint viatique , on se contenta de lui administrer rcxtréme-onction. 11 avoit tellement perdu le sentiment^ qu'on lui enfonçoit des lancettes très-profondément dans la chair , sans qu'il parût en ressentir la moindre impression, ce qui fit juger qu'il touchoit à sa dernière heure. « Mais » au commencement de mon mal (ce sont ses » propres termes), tout d'un coup, quoique très- » assoupi , ayant comme aperçu au-dedans de » moi quelqu'un qui m'a voit béni et donné assu- M rance que je ne moj.irrois pas de cette maladie , » j'appelle mon bon ami M. de Foix, que notre » Seigneur , quelques mois auparavant , m'avoit » inspiré de faire venir de Paris , ( ce qui fut un >) autre trait de providence sur moi ; car mon » directeur le P. de Condren , qui s'y troû- » volt le même jour que M. de Foix avoit reçu )) ma lettre , fut d'avis qu'il se rendît auprès

)) de moi) , je lui dis que je ne mourrois pas

» Dans les momens où j'avois perdu l'ouïe et

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M la parple, dès qu'on proaoaçoit Jésus je paurloi^ )V etrépondois 9 ainsi qu'au nom de la très-saints » Vierge que j'appelois ma mère ^ comme un » enfant. C'étoit M. de Foix^.qui usoit de ce âtra*, iftagéme^ sachant bien que rien ne pouvoifj D m'éveiller, que les noms de Jésus et de Mari&l » On e'toit fort surpris de ne m'entendre rien ré- 11 pondre qu'à ces belles pi^roies , qui me péné-« » troient le cœur, et &isoient ce que mille glaiver À perçans n'auroient pu faire. Je pense que notre )) maitre veut que la sainte Vierge ait part à tous il les biens du çorp^ et de l'esprit qu'il £ût dans n le monde >>• • n^t S*^^^^? ^licr dans un autre

?œa k saint endroit, comme miraculeusement; et il me dfl^ » semble que ce fut par le secours de M« de Ge-^ » nève, auquel je me sentis porté de faire un » vçeu pour le recouvremeut de ma santé. A peine » l'eus- je fait, que je me vis assuré de ma guéîa risi»te*â£ifl^î> après mon rétablissement, j'écrivis Il inné dé ses communautés^ que je lui avois de » grandes obligations après sa mort comme pen- » dant sa vie; car, un jour avant de mourir, ce » bon prélat me donna sa bénédiction , et il ayoit » témoigné à mon père vouloir me retirer auprès » de lui pour m'élever dans la piété ».

Le serviteur de Dieu éprouva dans cette mala* die, comme il l'a rapporté plusieurs fois, la vérité de cette prophétie de notre Seigneur , où il promet de rendre ^au centuple, ce qu'on aura quitté et sacrifié pour lui. « Polit nne mère, di-^ . " » soitvil, un frère et detix sœurs que je quittai^ je trouvai des personnes sau& nombre qui

xr.

Sa mère

tïviiE II. 63 » a voient pour moi une charité plus que de mère, » de sœur et de frère ; entr'autres ces bonnes re- » ligieuses, héritières des sentimens de la sœur » Agnès , qui n'épargnèrent rien pour mon sou- » lagement; prières, larmes, austérités, et autres M moyens dont la charité use pour obtenir de • » Dieu quelque grâce, elles le firent pour ma M santé. Non, on n^ perd rien pour Dieu ». • La mère de M. Olier ne fut pas plutôt informée de sa maladie , et du danger où elle étoit de vient de Pale perdre, qu'elle fit le voyage d'Auvergne pour ris ro»»" lusse rendre auprès de lui, accompagnée de son ^^j^^j. \ frère, et le reconduire à Paris. Elle eut en arri- sa famille. II vaut la consolation de le trouver à moitié rétabli : survient mais sa ]pie ne tut pas de longue durée. A peine malfondaucommenroit-il à jouir de la santé, qu'il lui survint séreux. au genou un mal assez considérable pour donner bientôt de nouvelles inquiétudes. Les chirurgiens du pays vouloient y faire des incisions qui l'eussent infailliblement estropié, si nous l'en ^ croyons lui-même, sans un secours miraculeux du ciel : sa mère s'y opposa. On attribua cet accident à l'usage où il étoit depuis plusieurs années , de faire à genoux ses prières et ses oraisons qui • étoient fort longues. Lorsqu'il se vit en péril de ne pouvoir plus prier dans l'humble posture qui lui étoit ordinaire, il résolut, contre l'avis de sa mère, de se mettre entre les mains des chirurgiens; mais auparavant il voulut invoquer sa grande protectrice, et fit vœu de visiter l'église de Notre-Dame de Bon-secours à Tournon. Ne ^^^i

, . > . , 1 i> IlvaaTour-

pouvant s y transporter ni a pied, comme il 1 eut uon,oùilest souhaité^ ni à cheval, il s'y fit traîner tout boi- 6"éri par

rinierces- teux, c'est son expression, à la vue des Le'réti^;

Stc^-^ergc. '^^^ canton, qui furent bien siirpris de le voir quelque temps après, revenir avec l'usage libre de ses membres^ car il fut encore pleinement exaucé cette fois : et sans autre remède que l'invocation de la sainte Vierge , son genou , dès les premiers jours , reprit sçn état naturel, xni. Pendant son séjour à ïournon, il fit les exer-

îl fait chez • i t^-

les j<{suit€s spirituels chez les révérends pères Jésuites ,

les exercices avec qui il aimoit beaucoup à s'entretenir des «piritueb. choses de Dieu. Il y passa quinze jours dans une . solitude entière , ne conversant presque qu'avec notre Seigneur, et puisant sans cesse dans l'o-^ raison de nouvelles forces , pour porter les croix .. qui dévoient achevei' sa sanctilication. Dieu , en l'aiSligeant des deux maladies dont on vient de parler, l'avoit traité selon ses propres désirs^ car à la fin de sa dernière mission , il disoit «i un ^ de ses amis : « Après avoir travaillé dix-Luit mois >) avec tant de force et de santé, pour avoir un » témoignage bien assuré que notre travail a été » agréable à Dieu, il ne nous manque que quinze • » jours de maladie ». On eût dit que notre Seir^ gneur n attendoit que la (in de la mission pour lui accorder cette sorte de récompense. « Précisément, . » a joute-t-il , le dernier jour de notre mission, » comme je retournois à mon abbaye, je me trou- » val dans un état de paix que je n'avois jamais » éprouvé en pareille circonstance^ car je n'avois » aucune peine , et jusque - là cependant j'en » avois toujours été environné. Il me sembloit j) même qu'elles étoient un appui pour mon » ame, en sorte que sans elles, je me senlois tout

' débile

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