‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 32 sur 205 · LIVRE IT. 6g · texte numérisé non relu

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V moi ». Il ne se consola de cette infidélile prétendue , que lorsqu'il eut appris , deux ans après , que Févêque du diocèse n'eût pas agréé son entreprise j et que, vers le même temps, un grand serviteur "de Dieu a voit travaillé au même endroit avec beaucoup de fruit CO.

Dieu qui, pour rendre ses serviteurs plus conformes à son Fils délaissé sur la croix , leur cache la lumière de son visage, et semble les rebuter lors même qu'il prend en eux ses plus douces complaisances, ne priva M. Olier des consolations sensibles , qui sont l'aiguillon et la récompense ordinaire des prédicateurs de l'Evangile , que parce qu'il avoit sur lui de grandes vues de miséricorde. Jamais l'on ne vit la grâce opérer plus de merveilles dans les cœurs, par ses discours, que dans le temps où le ciel sembloit n'être pour ^lui que ténèbres, et où, tente de perdre tout es-' poir de salut, il se trou voit comme sans force et sans vie. Plusieurs fois il a témoigné lui-même ■ que les missions qu'il avoit faites dans ces états " de désolation intérieure, éloient celles qui avoieut fructifié le plus. Au milieu des amertumes les pliis intole'rables k la nature, il ne perdit jamais la paix de son ame. Si le poids de ses peines lui faisoit dire, lorsqu'il *répandoit en la présence de Dieu les affections de son cœur : Alon Père, détournez de moi, s'il est possible , le calice de la tribulation; il ajoutoit aussitôt, à l'exemple de son maître : Toutefois que votre volonté se fasse, et non la mienne. Comme le grand apôtre^ il avoit appris à l'école de Jésus-Cbrist, à ne se

{») Saint François Regis^

laisser abattre , ni par les infirmités corporelles , ni par les persécutions du dehors, ni par les peines d'esprit. Aussi, dès qu'il eut recouvré la . santé, il s'empressa de se réunir à ses cbers coopéraleurs j et comme une nuée bienfaisante, qui, en se déchargeant sur les diflérentes terres ou elle passe, y répand la fertilité , on vit cette troupe d'ouvriers infatigables, répandre de paroisse en paroisse les bénédictions dont la parole de Dieu est la source, lorsqu'elle tombe sur des cœurs altérés de la soif de la justice.

XVII. Un des plus grands fruits qu'opérèrent ses der-- ChûTigemeni ^^^^^^ missioiis , fut le changement qui se remar-

oS^' bientôt dans tout le clergé des lieux où avoient tlaiu (leiix travaillé les Missionnaires ; en particulier , dans chapitres. chapitres considérables. Plusieurs des mem-

bres qui les composoient se dévouèrent, avec un zèle dont le pays n'avoit point vu d'exemple, à l'instruction des peuples , prêchant et catéchisant dans les villes et dans les campagnes; en sorte que les ouvriers , qui , avant l'arrivée de M. Olier , étoient en petit nombre dans la plupart des cantons qui profitèrent de sa présence , s'y trouvèrent dès-lors en abondance, toujours prêts à partir au premier mot, pour faire l'œuvre de Dieu.

XVIII. Il étoit encore en Auvêrgne , lorsque la mort On le de- enleva à son église IVI. Juste de Serres , évêque du

mandeauRoi p chapitre crut ne pouvoir mieux ré-

r;:^rdu^ parer cette perte, qu'en suppliant le Roi de nommer le serviteur de Dieu à l'évêche vacant. Il députa à la Cour plusieurs de ses membres pour solliciter cette grâce ; et l'on vit ceux même qui avoient persécuté M. Olier, applaudir à cette dé-

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