‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 36 sur 205 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

M. Olier. Aussi jaloux des mépris et de l'abjection, qu'on l'est dans le inonde de la gloire et de l'estime des hommes, il montra tant de résolution, que, sans oser insister davantage, Ions consentirent à partager avec lui la confusion qu'ils avoient cru d'abord convenable d'éviter. « Notre Sei- » gncur, leur dit -il, entrant dans Jérusalem » monté sur une âncsse, nous a appris le cas que » nous devons faire de tout ce qu'on pourra » dire de nous. Ne s'est-on pas moqué de lui, qui )) étoit la sagesse et la sainteté même ? ne s'est-on » pas moqué des apôtres , lorsqu'ils annonçoieiit » l'Evangile? Non, non, messieurs, ne mar- » cbandons point, et allons promptement ». On vit donc ces dignes ouvriers de Jésus-Christ traverser la ville dans le même équipage que les plus pauvres gens de la campagne; elles raisons de la prudence humaine cédèrent aux lumières divines qui dirigeoient M. Olier dans toutes ses ' entreprises.

A peine avoit-il terminé une mission , qu'il en xxiT. ouvroit une nouvelle, si Dieu ne l'appeloit à quelque autre œuvre particulière. Telle étoit celle ^'for^gVim qui l'engagea, au milieu de l'année i638, à faire le monastère, voyage de Bretagne. On venoit de lui apprendre qu'à quelques lieues de Nantes il y avoit un monastère de religieuses, d'où l'esprit du monde avoit banni entièrement la discipline régulière, et où la licence avoit introduit, outre des divisions étranges, tous les abus qu'entraîne dans une communauté la perle de l'esprit intérieur. Il falloit une main aussi habile que celle de M. Olier pour relever les ruines de cet édifice spirituel.

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qui deperissoit tous les jours de plus en plu5. Dans Tabsence de son directeur ordinaire , sans le consentement duquel il s'étoit fait une loi de ne rien entreprendre, il crut devoir obéir au uiouveraent secret qui le pressoit de suspendre Jes travaux des missions, pour, aller tenter la réforme de cette maison ; et il partit en abandonnant le succès de son voyage à celui qui tient dans sa main tous les cœurs.

XXIII. Arrivé au monastère, il demande l'hospitalité On Im rc- ^^j, j^' pour un missionnaire qui Taccompa-

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talilé. gnoit : c'éloit le 20 juillet i638. Il se présente comme un pauvre prêtre qui se contenteroit de la dernière chambre du bâtiment où logeoient les étrangers. Une maladie contagieuse faisoit alors beaucoup de ravage dans plusieurs cantons de la même province; les religieuses auxquelles il s*adressa, le prirent pour un homme qui venoit se réfugier dans leur monastère, et qui fujoit le danger de la contagion. Craignant elles-mêmes de la contracter en le recevant avec les botes , elles lui refusèrent une retraite. L'humble disciple de Jésus-Christ, loin de se plaindre du traitement qu'on lui faisoit , regarda cette humihation comme une faveur qui lui donnoit quelque ressemblance avec son maître, méconnu et rebuté du monde, à qui il venoit apporter le salut et la paix. Il no répondit donc au refus qu'il venoit d'essuyer que j)ar des paroles de douceur , et se relira aussi content que si on lui eût fait le meilleur accueil.

XXIV. Accoutumé à tirer des obstacles mêmes qui Use retire s'opposoientà l'cxécution des desseins de Dieu, un

daDsunpou- ^^^^^^^^ favorable, il trouva dans cette contradic-

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